Alakran

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Version du 1 février 2011 à 06:07 par Fabien Eon (discuter | contributions)

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Suis à la messe, reviens de suite : Une Médiation en scène

Un spectacle d’Oskar Gòmez Mata Par la Compagnie L’Alakran



Un Médiateur en scène

« Suis à la messe, reviens de suite » est peut-être parmi tous les spectacles que j'ai reçus, celui que je trouve mettre le plus directement en dialogue le public en salle et les artistes sur scène, ou l'inverse parfois. « Il » nous accompagne depuis l'entrée du théâtre jusqu'aux saluts essoufflant, de la main jusqu'aux tripes, avec une progression extraordinairement orchestrée par Oskar Gómez Mata.

Je ne tenterai pas de retracer un peu de ce cheminement de la déstabilisation, par la reconnaissance, vers une résolution de l'être ; ce parcours qui reformule d'abords nos projections et nos attentes, pour ensuite donner forme à leurs conséquences, dramatiquement si drôles et si justement extrêmes. Ce serait trop intéressant. Il faut le voir. je voudrais plutôt simplement indiquer que parmi les œuvres qui se veulent engagées, celle-ci figure au devant du temps qui compte. Allez la voir si vous n'avez pas de temps à perdre, retournez-y si vous savez que le temps passe. Pour les intelligents le texte pourrait suffire, soyez tout de même attentifs à ne rien prendre pour acquis, vous perdriez vos billes. Enfin je crois. Pour les autres, vous en sortirez moins cons, et conscients de ne plus l'être. Ça j'en suis sûr. Et pour ceux qui s’intéressent à la « médiation culturelle », allez prendre un bain de bon sens, dans ce lieu où l’on partage au mieux les choses du monde ; le théâtre. Observez peut-être votre propre parcours de mimesis, et regardez comment celui de l’acteur se déroule pour vous, mis à jour par une mise en scène indiquant un lien, celui d’un dialogue que vous n’imaginiez pas.


Le cran de déstabiliser

On dirait des sages devenus fous, tant la colère implicite de leur propos ne provoque ni bile ni amertume, tant elle semble vécue comme un fruit sous la langue, et nous éclaire dans les recoins. Oskar donne aux comédiens ce que les comédiens nous offrent formidablement : le droit et la force de recevoir en mesure ce que nous ne comptons sinon qu'en coupables aventures. Ne serait-ce que par leur jeu, que par la subtilité qu'ils appliquent à se jouer de leurs propres limites, les acteurs d'Alakran ont le cran de remuer ce qui fera vibrer nos consciences reconnues. Et ces idées qui nous tiennent tant seront tant stimulées, que tout le corps du public vrombira en accord, d’une secousse commune, mais chacun sur son cul. Ne serait-ce que par la voix qu'ils nous tendent, l'œil dans l'œil, ils jettent en nos oreilles les phrases d'une entente. Et que l'on s'entend bien à écouter leur messe ! Ne serait-ce que par les images qu'ils font, surprenant chaque instant dans ses plus rares secondes, dans ses plus belles minutes, il nous tiennent tant l'haleine que les mots nous viendraient, que l'on voudrait en être, que l'on se dit Merci, comme ils nous reconnaissent.


Ivan Martin 05.12.2011


Compagnie l'Alakran : [1]

Tournée "Suis à la messe, reviens de suite" :

27-28.01.2011 Suis à la messe, reviens de suite Le Carré / Les Colonnes Blanquefort / Saint-Médard-en-Jalles, France [2]

8-13.02.2011 Suis à la messe, reviens de suite Arsenic, Lausanne, Suisse [3]

11-13.05.2011 Suis à la messe, reviens de suite Centre Pompidou / Les spectacles vivants, Paris, France [4]

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