Caricatures de Mahomet - La Turquie propose sa médiation

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Version du 8 mai 2007 à 09:35 par Agnès TAVEL (discuter | contributions)
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Réactions suscitées par les caricatures

"L'islamophobie a remplacé l'antisémitisme dans certains pays, avec la crise internationale liée à la publication de caricatures de Mahomet", a déclaré le ministre des Affaires étrangères turc, Abdullah Gül, cité par le quotidien turc Zaman. "La publication de ces dessins est un acte irresponsable", a ajouté le ministre, avant de mettre en garde ceux qui ont réagi par la violence : "Ne vous mettez pas en faute alors que vous avez raison. Un tel sujet doit être réglé par le dialogue".

Gül a insisté sur le fait que l'attention du monde entier était focalisée sur cette histoire. "La religion ne devrait jamais être liée à la violence et au terrorisme. Des gens de n'importe quelle confession peuvent se tromper, cela doit être dit clairement". Mais, d'un autre côté, a ajouté le ministre turc, "la liberté d'expression ne veut pas dire que n'importe qui peut écrire, dessiner ou insulter comme il veut".

D'ailleurs, "l'ambassadeur de Turquie à Copenhague avait prévenu le gouvernement danois que des incidents incontrôlables pouvaient se produire après la publication des dessins". Abdullah Gül a enfin mis l'accent sur le rôle de médiateur d'Ankara pour éviter un "choc des civilisations", alors que les Premiers ministres turc, Recep Tayyip Erdogan, et espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero, signaient dimanche dans l'International Herald Tribune un texte commun appelant les différentes civilisations "à la tolérance et à la coexistence pacifique".

Courrier International:


Par Jean-Louis Lascoux, le 9/2/2006


Issue de cette affaire:

"Le TGI de Paris a rendu, le 22 mars dernier (2006), sa décision dans l'affaire des caricatures de Mahomet et a prononcé la relaxe de l'éditeur, poursuivi du chef d'injures envers un groupe de personnes en raison de leur religion, à la suite de la publication de trois caricatures du prophète Mahomet.

Le tribunal a considéré que la première caricature, figurant à la une de l'hebdomadaire et représentant Mahomet se tenant la tête dans les mains en disant « C'est dur d'être aimé par des cons » ne peut être considérée comme injurieuse dans la mesure où ce dernier terme ne vise que les intégristes expressément désignés dans le titre : « Mahomet débordé par les intégristes ». Les intégristes ne peuvent se confondre avec l'ensemble des musulmans, la une ne se comprenant que si ce terme désigne les plus fondamentalistes d'entre eux, qui par leur extrémisme amènent le prophète au désespoir.

En ce qui concerne le second dessin, le tribunal considère que celui-ci évoque les attentats-suicides perpétrés par certains musulmans et montre le prophète leur demandant d'y mettre fin. Néanmoins, il n'assimile pas islam et commission d'actes de terrorisme et ne vise pas l'ensemble des musulmans en raison de leur religion.

Enfin, le dernier dessin, représentant Mahomet coiffé d'un turban en forme de bombe à la mèche allumée et sur lequel est inscrite en arabe la profession de foi de l'islam, ne saurait être apprécié, au regard de la loi pénale, indépendamment du contexte de sa publication, et apparaît exclusif de toute volonté délibérée d'offenser directement et gratuitement l'ensemble des musulmans.

Dès lors le tribunal juge que les limites admissibles à la liberté d'expression ne sont pas dépassées."


Source: TGI Paris, 17e ch. corr., 22 mars 2007 : Juris-Data n° 2007-327959

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