Changement

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Les 4 états liés au changement, selon Jean-Louis Lascoux
Le changement est une notion relative à la perception d'une situation. Que les choses changent peut n'être qu'une question de perception ou de représentation. En réalité, il peut très bien n'y avoir de changement que dans l'idée de la personne qui l'énonce.

Un changement est associé à des modifications observables. Le changement peut ainsi être le fait d'un phénomène naturel, tel qu'un changement climatique ou être la conséquence d'une action qu'une personne a provoqué, en posant un acte volontaire ou non. Ainsi, le changement peut être désiré ou non-désiré. Ce n'est pas parce que le changement peut être choisi que les conséquences plus ou moins anticipées peuvent l'avoir été.

Eteindre la lumière ne signifie pas que l'on souhaite être plongé dans le noir le plus complet.

En toute sérénité, du point de vue de celui qui sait, en dehors de toute expression affective, le changement peut être considéré comme « un processus qui consiste à sortir une où des personnes de l’obscurité et de les accompagner vers la sagesse, autrement dit, vers la lumière en passant par différentes étapes. »

Sommaire

Changements

Étapes et phases du changement
  • Abandon
  • Rupture
  • Rejet
  • Modification unilatérale
  • Contrainte
  • Réorganisation

Deux aspects

L'identification des aspects impliqués dans un changement permet d'en faire l'accompagnement. Cet accompagnement du changement constitue un travail d'anticipation.

  • aspects matériels du changement :
  • concrètement, ce qui est matériellement nécessaire
  • aspects humains du changement
  • affectivement, ce que le changement peut mettre en cause, irrationnellement, chez une personne concernée

Les états du changement

Pour identifier les 4 états, il suffit de poser la grille de relation :

  • changement désiré
  • changement imposé
  • changement bien accueilli
  • changement mal accueilli

L'état peut changer dans la perception d'une chose. On peut commencer par un changement imposé mal vécu, mal accueilli, pour en arriver à reconsidérer le changement comme, certes imposé initialement, mais fondamentalement désiré...

Le premier état est fait d'une dynamique positive, puisqu'il consiste à concilier le fait qu'un changement a lieu, avec le désir de ce changement et un accueil favorable. Ceci suppose que la manière dont il est présenté convient à la personne qui vit ce changement.

En médiation

En médiation, cet accompagnement vers des postures d'apaisement, voire de sagesse, est fait par un professionnel qui utilise des techniques et une déontologie et une éthique bien définies pour passer les différentes étapes qui permettent d’évoluer dans le temps.

Sur la route du changement, nous rencontrons d’une part, toutes sortes de pollution de la relation humaine que sont des jugements de valeur, des interprétations, des prêts d’intention, des points de vue des protagonistes des non-dits, des mal-dits… et d’autre part, le savoir-faire du médiateur et ses outils.

L’allégorie de la caverne nous montre sur le plan philosophique que les prisonniers qui sont dans la caverne, enchainés depuis leur jeune âge, ne pouvant ni bouger les pieds ni tourner la tête, ne percevant de la lumière venant de la montagne que par un trou et des ombres parlantes qui se déplacent, s’ils sortent de là, libérer par le philosophe, ce n’est pas évident pour eux d’apprécier d’entrée leur libération, du fait de leur méconnaissance des choses. Il est difficile d’apprendre, de fois et la notion d’apprentissage et de savoir devient ainsi fondamentale.

Vu dans l’esprit de médiateur, l’allégorie de la caverne représente le fondement même de la médiation. Dans l’esprit de Médiation, les prisonniers de la caverne sont considérés comme les personnes en conflit, enfermés dans leur cantonnement où enchainés par leurs préjugés, leur point de vue et leur positionnement respectif, qui font entravent à toute communication ou à une vision réelle des choses.

Le médiateur qui va faire sortir les prisonniers de leur cantonnement, sait que l’accompagnement des personnes en conflit vers la sagesse n’est pas facile ; il sait qu’il y a plusieurs facteurs à surmonter pour quitter l’obscurité vers la lumière. Il est, de fait, invité à la vigilance face à la notion d’apprentissage et de savoir pour quitter la caverne, monter la colline et retrouver la lumière.

L‘ accompagnement vers le changement invite aussi le médiateur à faire son propre positionnement, à se libérer de sa radio mentale afin d’exercer avec professionnalisme son métier. Ainsi conditionné, le médiateur se met en position de libérateur et est prêt à détacher les chaînes des prisonniers, chacun à son tour. Et les amène à apprendre à bouger les pieds, le cou, à marcher, à avancer, à évoluer…

Toutes les pollutions qui handicapent la bonne communication étant purgées, le Médiateur encadre les prisonniers dans ces étapes et les amène avec douceur hors de la caverne. Pas à pas, ils montent la colline pour se confronter à la lumière jusqu’à l’acceptation du changement.

Sans brûler des étapes, il convient de souligner que tout le long du processus conduisant au changement, le Médiateur fait usage des outils fondamentaux de la médiation que sont : la fenêtre des humeurs, le langage à la première et à la deuxième personne et son esprit créatif sans lesquels tout accompagnement vers le changement acceptable et durable est impossible.

Citation

  • « … si Aristote vivait aujourd'hui, je suis certain qu'il changerait d'opinion. Sa façon même de philosopher nous le prouve. Quand, il écrit notamment qu'il tient les cieux pour inaltérables parce qu'on n'a jamais vu s'y engendrer rien de nouveau ni rien d'ancien s'y corrompre, il laisse implicitement entendre que, s'il avait été témoin de tels accidents, il aurait pensé le contraire et placé, comme il convient, l'expérience sensible avant la raison naturelle ; car s'il n'avait pas voulu tenir compte du témoignage des sens, il n'aurait pas conclu de l'absence des mutations sensibles à l'immutabilité. »
extrait du « Dialogo » (1633), de Galilée (1564-1642)


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