Chansons d'ART MENGO

De WikiMediation.

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Interprétation libre par Eric Gaillard. Attention ce texte n'engage que le lecteur !


L'inimaginable dialogue avec mon ami Belzebuth concernant des chansons d'ART MENGO,

(ou la discussion d'un apprenti médiateur de retour de la session de formation d'initiation à la pratique de la médiation)



B : Alors Éric, ta formation d’initiation à la médiation, c'était comment ?

– Note de l’auteur – le sujet s’appelle Eric. Cela n’a aucune importance pour l’histoire mais il est bon de le préciser !


E : Bah, écoute Belzebuth.

– Note de l’auteur – En effet, l’interlocuteur d’Eric s'appelle Belzebuth. Là aussi cette précision n'a aucun intérêt, c'est pour cette raison que l'auteur se permet de la souligner tout en précisant cependant que ce Belzebuth là, n'a aucun lien avec un autre Belzebuth que le lecteur pourrait connaître ou imaginer !


Éric : Ecoute Belzebuth, avec cette formation « j'ai bien vidé mon grenier et je cultive maintenant l'amnésie ».


Belzebuth : Ah, Eric, tu ne peux pas être sérieux cinq minutes.


Éric : Non, mais tu sais, c'est toujours « le même tango ».


Belzebuth : Ah, voilà que tu continues. Je ne comprends rien à ce que tu me racontes. Bon, c'est quoi la médiation ? Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce que vous faites aux gens qui viennent vous voir et que les autres ne feraient pas ? C'est quoi votre plus produit, votre caractéristique discriminante de la concurrence ?

– Note de l’auteur – Belzebuth pratiqua le marketing dans le passé et suivit une formation de Qualité qui légèrement formata ses neurones. De plus, Belzebuth fut un enfant mal aimé et rejeté par son père (aspect psychologique très important).


Eric : (silencieux et pensif). - Note pour le metteur en scène et pour Christian Clavier quant-il interprètera le rôle pour Arte.


Belzebuth : Bon, tu réponds, ou quoi ?


Eric : Ecoute, je suis ennuyé pour répondre à toutes tes excellentes questions. Tu sais, c’était une première session de formation et d'initiation à la médiation. D'après ce que j'ai compris c’est que la médiation telle qu'elle nous est enseignée par la chambre professionnelle semble différente des autres écoles de formation. Contrairement à beaucoup d’autres, qui réunissent directement les parties en conflit devant le médiateur ; là, la démarche préconisée est inverse.

En effet, avant d'envisager cette rencontre, le médiateur va préparer chaque partie en conflit lors d'un ou plusieurs rendez-vous individuels afin de vider les aspects émotionnels du conflit et de redéfinir avec chacun des principes de qualité relationnelle pour permettre une inimaginable discussion.

En présence et avec l’aide du médiateur qui sera pour chacun le garant de cette qualité d’échanges – les protagonistes pourront aborder plus sereinement les aspects juridiques et techniques du conflit. Ensuite, c’est aux parties de trouver la solution et le médiateur ne fait que constater l’accord sans porter de jugement.


Belzebuth : Bon, au moins là, je comprends ce que tu me dis.

Moi je connaissais l’autre méthode, tu sais, celle de mon Notaire, Maître Candide Pangloss qui a traité la succession de mon père. Avec lui, il y eut une seule réunion de médiation. Il voulut jouer de son autorité. Tout le monde est resté sur ses positions en faisant semblant de vouloir concilier et en se tenant bien devant lui. C’est vrai que Maître Pangloss, il était gentil. Dis donc, à peine sortie de l’étude, avec mes frères, mes oncles et mes cousins, ce fut l’enfer. On a tout mis à feu et à sang. La moitié de la famille est allée à l’hôpital, l’autre a été embarquée par la police. Depuis, quand on entend parler de médiation, on rigole.

Ta méthode là, je l’ignorai. C’est américain ou c’est chinois ? Parce qu’eux, ils sont forts en matière de dialogue apaisé et de diplomatie.

Dis donc, pour le médiateur cela ne doit pas être marrant de traiter l’aspect émotionnel. Il doit en falloir du temps et de la patience pour déminer le terrain. Ça doit être le marécage et la boite de kleenex comme disait mon psychanalyste qui est devenu dépressif, juste après mon analyse. Et comment ils ressortent les gens après ce premier entretien ?


Eric : Ecoute, moi je n’en ai pas encore vu sortir mais d'après ce que j'ai compris, souvent ils ressortent « ultramarines ».


Belzebuth : « Ultramarines » …., vous les peignez en bleu ? Voilà que cela te reprend. Décidément tu ne peux pas être sérieux longtemps ? Tu es vraiment une plaie, et en plus tu veux faire de la médiation ! Mon Dieu …, pauvres gens. Déjà qu’ils ne se comprennent pas, ils vont avoir du mal à te suivre.


Eric : (silencieux et toujours pensif …. car il est apprenti médiateur, il n’a pas encore acquis suffisamment de technique de communication pour avoir le dernier mot en toute circonstance même après deux jours intensifs de formation avec un certain JL-L !)

- Note pour le metteur en scène et toujours pour Christian Clavier quant-il interprètera le remake pour les chaines culturelles étrangères.


Belzebuth : Au final, cela donne quoi ? Je suppose que le médiateur organise une réunion collective ? Qu'est-ce qui montre que cela a réussi ? Qu’elles sont tes indicateurs de qualité, de réussite ?

– Note de l’auteur – Ce sont encore les neurones de type associatifs du néocortex de Belzebuth, cellules traversées par une tension de + de 60 millivolts qui ont donné un influx électrique réactivant de vieux neurones impactés initialement lors de son conditionnement professionnel sur la qualité. Comme quoi, la formation continue tout au long de la vie ! Il faut donc toujours faire attention à ce que l’on vous met dans le cerveau – comme, l’a si bien écrit un auteur imaginaire dans son ouvrage remarquable « Médias et temps de cerveau disponible ».

- Note de la revue médicale « Le praticien libéré » : cette tension électrique soudaine des neurones de M. Belzebuth n’a aucun rapport avec le médicament le Médiator. L’AFSSAPS et le Ministère de la Santé tenaient aussi d’ailleurs à le préciser.


Eric : C’est quoi la réussite d’une médiation ? C’est difficile à dire, nous sommes dans l’humain. Chaque conflit va donner lieu à sa propre solution originale.


Belzebuth : Ça ce n'est pas une réponse. C'est de la langue de bois. De l'angélisme pour dames patronnesses. Donnes-moi un exemple.


Eric : Il peut s'agir d'un couple où l'homme va être capable de dire à sa femme : « laisse-moi partir » et cette dernière va être capable de l’entendre, alors que certainement, ils s’aiment encore.


Belzebuth : Décidément, tu te payes ma tête, tu n'es qu'un provocateur. Je ne te comprends pas. Tu veux toujours te moquer de moi et me prendre pour un imbécile avec tes commentaires à plusieurs degrés et niveaux qui n’amusent que toi. C’est trop ésotérique pour moi, je ne te parlerai plus.

- Note du médiateur superviseur de l’apprenti médiateur. « Bien Eric, voilà un beau P.I.C : prêts d’intention, interprétations et contraintes. Tout y est. Vous n’avez rien oublié. Le conflit est chaud bouillant, il faut appeler SOS Médiation ».


Eric : Belzebuth mon ami, je te remercie de ton intérêt pour ma formation de médiateur et pour la médiation en général.

- Note du médiateur superviseur de l’apprenti médiateur. « Très bien Eric, attention ne dérape plus et pas trop d’ironie sur la formation. Ta thérapie par l’humour pourrait vexer à la longue. Es-tu vraiment conscient de ton inconscience ? Certes le médiateur est un provocateur d’idées, mais n’en fait pas trop. Pense aussi à l’élévation conceptuelle ».


Eric : Belzebuth, je suis maladroit et je te demande de m’en excuser. Je vais t’expliquer. Je sors du train et je viens d’écouter des chansons d’Art Mengo. Ces poésies chantées ont influencé mes réponses qui t’ont semblé incompréhensibles et obscures.


Eric : (silencieux et vérifiant qu’il a bien capté l’attention de son interlocuteur). Note pour le metteur en scène.


Eric : Tout ce que je viens de te dire est très sérieux. Dans le cadre de ma formation, je dois rédiger la synthèse d’une œuvre (livre, film, etc…) sur la médiation, la résolution des conflits, la gestion des émotions, ou tout autre ouvrage concernant les sujets abordés lors de la formation. Eh, bien figure toi, mon bon Belzebuth que pendant mon voyage de retour en train, je m’interrogeai sur l’œuvre que j’allais choisir. Comme je n’avais pas d’idée sur le sujet, j’ai écouté de la musique pour passer le temps. Eh, là, comme par magie, ce fut la révélation comme-ci on m’avait branché dans le cerveau, et à l’insu de mon plein gré, « un décodeur de médiateur ».

J’entendais tout comme un médiateur. Vraiment, ils sont forts à la chambre professionnelle de la médiation et de la négociation.


Belzebuth : Bon, je veux bien. Mais je ne vois pas le rapport avec ton machin d’Ultramarine et autres fariboles.


Eric : J’y viens. « J’ai vidé mon grenier », « le même tango », « ultramarine », et « laisse-moi partir » sont des titres de chansons d’Art Mengo. Je regrette d’ailleurs que tu ne puisses pas les écouter (1) et même mieux les entendre avec mon nouveau décodeur de médiateur.

- Note du médecin traitant. En l’occurrence, le mot médiateur visé à la phrase précédente n’a aucun rapport avec les médiateurs chimiques du cerveau d’Eric qui n’ont pas besoin d’être plus agités, comme vous l’avez déjà constaté par vous-même.

- Note de la maison de disque d’Art Mengo, le terme médiateur usité dans le dialogue précédent n’a aucun rapport avec le médiator utilisé par l’artiste pour jouer de la guitare – à savoir le plectre, cette petite lamelle qui fait vibrer … .


Eric : Tu sais Belzebuth, tout cela est très intime et évoquer ces chansons, c’est finalement et aussi, d’abord parler de soi-même. Tu ne voudrais pas plutôt que je te dessine un mouton ? Tu ne veux pas. Bon tant pis. Je me jette à l’eau.

Tu vois, « j’ai vidé mon grenier » est une chanson joyeuse pour « aventuriers lettrés ayant la fleur au fusil qui ont décidé de cultiver l’amnésie parce qu’ils ont fait voler la poussière » de leurs certitudes. Des gens joyeux « qui aiment mieux les déchirés » de la vie « et qui n’ont pas envie de traîner de mauvaises poésies ».

« Le même tango » est au contraire une chanson plus grave qui montre que « c’est toujours le même tango qui remue le ciel et la terre et fait que l’on est tous égaux devant l’amour et l’éphémère. C’est toujours le même tango qui se danse un pas en arrière et fait se cambrer les égos les soirs de dernière ». Tu vois, Belzebuth, la médiation ce n’est pas un gadget pour enfant de cœur, c’est de l’eau de vie, de la boisson pour adulte. C’est beau et c’est grave comme le tango. C’est la danse de la vie, la danse de l’énergie.

« Ultramarine » terme qui t’a fait bondir tout à l’heure est au contraire le titre d’une chanson d’une douceur extrême qui me fait penser à la fin d’un entretien individuel de médiation qui aurait été utile, c'est-à-dire lorsque la personne a repris contact avec elle-même en ayant vue la dynamique du conflit – conflit qui l’a rendu étrangère à l’autre. Le conflit est contraignant et commencer à faire le chemin inverse est douloureux. J’imagine bien cette personne après avoir quitté le médiateur, se disant « ce soir mon cœur ultra-marine, à force de rester dans le vague s’est épris d’une larme de spleen. C’est à la fin du jour l’occasion rêvée d’aller aux vents pour sentir claquer ses sentiments ».

C’est la même émotion pour la chanson « laisse-moi partir » car même si le propos est grave, la manière dont cette demande est mélodieusement formulée, fait que ce qui pourrait passer pour être inexprimable à l’autre, a une chance d’être entendue et rend la perspective du changement audible.

« Tant de pièges d’amour déjoués pour se retrouver un matin comme le piano, désaccordés coté cœur et coté jardin ». Tu vois, mon bon Belzebuth. J’aimerai que tu écoutes ces chansons, elles te parleraient de la médiation, mieux que je ne saurais jamais le faire. Peut-être finalement qu’un médiateur, est d’abord un musicien, un accordeur d’émotions, un métronome à sentiments, « quelqu’un qui donne envie d’oublier les mots blessants pour se laisser porter vers d’autres gens ».

Comme disait le grand médecin dans « la voix du juste milieu », pour que la corde sonne juste, il ne faut pas qu’elle soit, ni trop lâche, ni trop tendue. Tout est donc une affaire d’équilibre dans l’attention à la tension.

Je te promets, mon gentil Belzebuth. Pour la prochaine session de formation, je change de compositeur et d’enchanteur. J’écouterai Michel Jonaz et « Lucie, ma Lucifer » ou Jean Louis Murat quant il évoque la douceur « des bords de Loire au petit matin ».

– Note de l’auteur – Eric est originaire d’Angers et a donc baigné dans la douceur Angevine et les bords de Loire. Il n’a donc aucune prédisposition naturelle pour être médiateur en conflit - même avec sa tête de boxeur fatigué.


Belzebuth : Bon, je suis soulagé sur ta santé mentale. Cependant, il y a quelque chose qui me pose problème dans ton histoire. Je voudrai bien me faire l’avocat du diable.


Eric : Oui, qu’est ce qui te gêne ?

- Note de l’auteur – Observation pour Eugène, le typographe : attention à bien orthographier, le mot « gêne » et à ne pas le confondre avec gène.


Belzebuth : Tu connaissais mon vieux père qui à la fin de sa vie était philosophe car il avait « pesé beaucoup d’ânes espagnols chargés des maîtres qui ne voulaient pas en descendre » (2).

Il disait souvent : « il faut toujours s’interroger sur la motivation profonde de nos actions et surtout de celles des autres ». Or là, ce qui me dérange, c’est que ta médiation c’est gentillet. Tu vois, on dirait de l’eau de rose, du romantisme pour jeunes filles.

Cela doit flatter l’égo du médiateur. Il doit se prendre pour le père tout puissant. Il n’y aurait pas un petit goût de narcisse, là derrière ? Tu sais bien, mon père, il en a fait tombé plus d’un comme ça, pour « cause de recherche de gratifications narcissiques non avouées » – comme il disait, en se marrant - et des gens très bien, des religieux, des enseignants, des psychologues, des politiciens, etc.. .

Tu sais bien, l’enfer est pavé de bonnes intentions.


Eric : Non, non je te rassure. N’est pas médiateur qui veut. Les gens en conflit sont libres de venir où pas et puis tu sais, c’est un véritable métier de services. D’ailleurs c’est payant.


Belzebuth : Alors, si c’est professionnel et c’est pour de l’argent, cela me convient mieux. C’est moins suspect.

Tu sais bien, ce qui ici bas ne coûte rien, n’a pas de valeur.


Eric : Mon bon ami, deviendrais-tu philosophe comme ton vieux père ?


Belzebuth : Je ne sais pas mais en tout cas, c’est certain, je n’ai pas envie de devenir médiateur.


Eric : Ah, pourquoi ?


Belzebuth : Ecoute, d’après ce que j’ai compris. C’est trop compliqué, il faut savoir écouter, se taire et puis parfois montrer et accompagner avec humilité. Ce n’est pas pour moi, j’aime trop parler. Je suis un ange qui fait la bête.


Eric : T’as pas tort, moi j’aime trop écrire. D’ailleurs, j’ai encore fait trop long. Ils vont grogner à la chambre professionnelle. Je n’ai pas respecté le nombre de mots qui devait y avoir dans mon commentaire. Au lieu des 1200 et 1600 mots, je suis à plus de 2400. Tu te rends compte, cela fait un mot par année depuis que Socrate est mort et pourtant il est toujours d’actualité.


Belzebuth : Aux bons mots, les bons remèdes … en évitant la ciguë. Ce n’est pas grave. T’as qu’a dire que t’a fait deux synthèses au lieu d’une, l’une sur toi, l’autre surmoi.

- Note du médiateur superviseur de l’apprenti médiateur. « Eric, il faut vraiment finir cet article qui a trop duré, d’autant plus que la référence - « sur moi, sur toi » -pourrait être interprétée analytiquement. Pour l’absence de votre esprit de Saint Thèse, vous referez l’exercice ».


Eric : Oui, mon pair.



(1) Des extraits de ces chansons peuvent être écoutés sur le site officiel : www.artmengo.net.

(2) Voir la vidéo intitulée « l’âne médiateur » sur le site de Wikimédiation.org pour comprendre l’expression.

Média:chansons_Art_Mengo.doc

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