Clin d'oeil critique

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Version du 8 octobre 2007 à 23:50 par Ivan Martin (discuter | contributions)
[[L’INJUSTICE SE MÊLE DE TOUT|]]


« Beaumarchais l’insolent » d’E.Molinaro, « Ridicule » de P.Leconte , Le système judiciaire en France ; 3 thèmes abordés par l’objectif médial, 3 approches en un seul et même article, par souci du moindre effort et par curiosité, avec l’espoir audacieux d’en tirer cohésion, pour le plaisir curieux que donne la recherche de ce rare attribut.


1- Beaumarchais ; Un escroc ? L’escroquerie aurait bon dos. Ce qu’il a eu d’escroc, la justice en aurait fait sa vertu.

2- La cour des Louis ; Un cirque ? Oui pour ce qu’il a de Romain ; sacrificiel opéra dansé au son de la vertu malsaine du toréador. Et pour ce qu’il a de chapiteau ; oui encore, à la manière d’une farce que l’on fait à celui qui cache son ridicule et que la foule va lincher par son rire.

3- La justice Française ; Un cours de juri-diction ? Voyons ; Nos cours et tribunaux semblent aujourd’hui bien pauvres en éloquence et la raison qu’ils défendent paraît souvent être incohérente. Pourtant la justesse est encore de rigueur, peut-être même qu’elle l’est d’avantage qu’à l’heure de la sophistique facile. Mais cette rigueur justificatrice du lèse de moyens n’apparaît peut-être aujourd’hui qu’aux stades de l’intention et de la déclaration ; entre les deux, dans son contenu en fait, elle semble disparaître.

Le problème c’est que l’enfer est pavé de bonnes intentions, et de belles déclarations. La lucidité a-t-elle vraiment quitté les amphis du théâtre de droit? Et sa verve ? A-t-elle encore sa place et sa mesure ?

Le fait est qu’aujourd’hui l’art est plus à l’impression qu’à l’évocation. Ainsi la rhétorique, proposant encore l’interdite indépendance, est toujours plus dénoncée, sectarisée, diabolisée, alors que la sophistique, ne clamant aujourd’hui pourtant que l’écho immature et superficiel de son verbe d’antan, tient la barre des perspectives du pouvoir, fut-il judiciaire, et souffle le vent culpabilisant d’une morale presque divine dans les voiles colorées de son imagerie, que notre conscience impressionnée absorbe sans réserve, en voilant son indépendance, et partant, sa cognition.

Ainsi on trouve que l’injustice se mêle de tout.

1- Ici la justice permet à Beaumarchais (F.Luchini) de poursuivre ses affaires, sa vie créative, ses projets, même si ce moteur prend des airs de contrainte et si c’est surtout à son audace qu’il doit sa liberté. Beaumarchais tient la justice car il tient sa propre raison. Il tient lui-même la corde qui lui pend au bout du nez. Il fait la nique à tous et tout lui est permis, car le dernier mot reste celui du pouvoir.


2- Là la justice se rend et s’applique par l’outil du ridicule. Et la peine de mort, implicite, est dévouée aux pleins pouvoirs du « bel esprit », qui ne s’associe d’ailleurs que si rarement à la droiture, comme se souci le Marquis de Bellegarde (J. Rochefort). La cause est sans raison, l’entendement sans écoute, ainsi le rêve du pouvoir aveugle une cour ignorante bien que savante, que Grégoire de Malavoy (C.Berling) tente audacieusement mais en vain d’éclairer. « Les paysans ne nourrissent pas seulement les moustiques, ils nourrissent aussi les aristocrates ! » Lance-t-il en infiltrant la cour, interdite.

On trouve l’audace au cœur de ces deux histoires, qui traitent de la liberté d’esprit, de l’éthique et de la rhétorique, aussi de l’injustice. Le héro est celui qui contrecarre l’injustice. La justice maintenant ; a-t-elle son audace en ces domaines ?


3- Ici et là, la justice, à ce qui n’est plus la cour du Roi mais celle des lois, juge et condamne, condamnée elle-même à la violence du bourreau orateur, amputant forcément une vie ou une autre, incapable qu’elle est de résoudre un problème à la moindre solution. Pourquoi ? Parce que, entre autres raisons, les causes et conditions sont remplacés par les tenants et aboutissants d’une logique sans raison puisque la déraison des parties, loin d’avoir été résolue, est prise pour référence, maintenue en cadre et sujet:

On ne considère pas la situation de départ, la cause du conflit, les intentions en amont, encore moins bien sûr les sources du problème. Au contraire, on considère le trouble comme étant l’état de référence, la base.

Mais qui prendrait un verre de boue pour un verre d’eau, si ce n’est le jeune enfant ? On verra que la maturité n’est pas de rigueur au sein du pouvoir.

Imaginez un verre d’eau avec dans son fond un tapis de boue. Considérez que la boue représente les obscurcissements liés au conflit et que l’eau représente la qualité positive et claire des intentions et la légitimité des perceptions et positions respectives. Pouvons-nous espérer voir quoi que ce soit au travers de ce verre si on en touille le fond ? Pourrions-nous même le boire ?

L’eau décantée de l’argile guérit, sinon elle peut tuer.

Malgré sa charge de justesse et sa force éxécutive, La justice ordinaire, abasourdie par ses constantes promotions administratives, perdue dans un élan d'inconsistance dont elle ne s'extraie peut-être jamais, malgré aussi son intention suposément parfaite, la justice donc remue la boue au fond du verre pour le boire ou le faire avaler, jugeant de la qualité de cette eau et de ce qu’elle y devine au travers, faisant toute gloire de cette performance d’ailleurs.

Comment ne pas vouloir vider l’eau de ce verre dans un autre verre, voire deux, transparents, propres, et laisser la boue, le trouble, au fond du vieux verre, à sa place ? On pourra peut-être ensuite, si l’on veut, l’autopsie faisant des émules parmi les raisonnables, analyser séparément ce que l’on prendra pour les « causes », bien qu’elles soient « conséquences », et qui plus est déjà bien transformées depuis longtemps ; Passées dans l’eau propre que l’on devrait reconsidérer, plutôt que de la prendre en opprobre.

De la même manière la psychanalyse, entre autres barbarismes, remue le passé pour brouiller le présent d’un futur trouble et troublé. Mais c’est, pour le moment, hors sujet.

Ainsi donc l’injustice se mêle de tout, et c’est notre sujet, notre lien, notre médiation entre ces trois thèmes choisis : Les films « Beaumarchais l’insolent », « Ridicule » et le système judiciaire Français.

On verra plus avant, et peut-être si possible plus synthétiquement, vers quelles réflexions ces thèmes sont susceptibles de porter celui qui cherche la médiation.

A suivre… Bien à vous,

-Ivan Martin 04/10/07

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