Coaching mediation même combat ?

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Coaching et Médiation même combat ? par Céline Marty


En pleine mutation de l’environnement, nombreux sont ceux qui profitent du développement du coaching et de la médiation pour se présenter comme des Coachs Médiateurs. Trop souvent amalgamés, il nous a semblé intéressant de montrer que même si le Coaching et la Médiation ont de nombreux points communs (I) ils n’en restent pas moins deux professions très différentes avec des divergences certaines (II)


1 - De nombreux points communs


A) Une déontologie offrant des garanties aux clients


Médiateur et Coach doivent tout deux respecter une déontologie qui a pour but la protection de leurs clients.

L’indépendance du médiateur et du coach par rapport à toute autorité doit être affirmée car c’est ce qui leur permettra de rentrer dans une vraie relation avec leurs clients et de protéger ceux-ci de toute pression.

Ils doivent garantir une confidentialité totale, tout ce qu’une personne révèle au cours d’une médiation ou d’un coaching est censé rester confidentiel. C’est toute la relation de confiance entre le professionnel et le client qui en dépend.

Toute dépendance du client à leur égard doit être contrôlée: Le danger qui nous guette sans cesse est que le client devienne « accro » au coach ou au médiateur. Signe d’un besoin naturel d’être enfin écouté et compris. Une attention particulière doit être portée sur le fait de veiller à ne jamais devenir indispensable et à se méfier d’éventuels transferts en mettant la distance nécessaire.

Coach et Médiateur, doivent uniquement faire grandir leur client en le rendant autonome.


B) Des professionnels s’inscrivant dans une relation d’aide et ayant une fonction de révélateurs.


Coach comme médiateur peuvent se ranger parmi les personnes offrant une « relation d’aide »

Ils ont en effet une fonction d’accompagnement de leur client, ils ne doivent se positionner ni devant lui, ni derrière mais au contraire rester à ses côtés afin de pouvoir marcher côte à côte au même pas.

Ils tentent d’apporter de la clarté dans l’esprit de leurs clients, ils favorisent l’émergence d’une prise de conscience en les aidant à prendre du recul sur les évènements qu’ils vivent. Ils dédramatisent en apportant de la raison là où il y a de l’émotion. Cette attitude favorise le lâcher prise et un certain détachement face à leurs difficultés.

Ce qui fait la particularité et la force de la médiation et du coaching, est la place faite à l’expression des émotions. Cette ouverture émotionnelle est vraiment essentielle car elle permet aux protagonistes de passer ensuite à une parole plus raisonnée.

Les clients ont la solution à leurs problèmes, l’aide de ces professionnels, doit consister à les amener à distinguer ces solutions et à sortir de la nuit.

C’est le travail du médiateur et du coach que de stimuler la réflexion du client pour la décanter, l’enrichir d’apports pédagogiques, lui faire lâcher prise, prendre du recul grandir sortir de l’obscurité…

Au final c’est le client qui décide ce qu’il va faire : Stagner ou changer, la paix ou la guerre, c’est lui et lui seul qui décide et c’est bien ainsi, puisque c’est lui qui portera la responsabilité finale de ses choix, c’est également ce qui rend les solutions pérennes.


Tout deux doivent développer une écoute positive en se refusant à “juger”, accordant leur respect et leur crédit d’intention aux personnes (sans être dupe du processus dans lequel ils sont pris)

L’art de la médiation et du coaching se fonde sur la confiance qui fait souvent défaut aux clients noyés dans leurs difficultés (coaching) ou leurs conflits (médiation) Le coach et le médiateur auront pour tâche primordiale de leur rendre cette confiance par tous les moyens. D’ou la retenue exigée du coach de « ne rien faire que le coaché pourrait faire lui même » Bernard Besson Tout comme le médiateur, il se retiendra « et que c‘est dur ! » ... de souffler aux parties les solutions qui lui sautent aux yeux.

Dans les deux cas, c’est en effet le client qui apporte sa propre solution, quant bien même cette solution ne serait pas celle que le professionnel trouverait la plus adaptée, la plus juste ou la plus équitable… En effet le coach tout comme, le médiateur sont orientés « solution », ils ne doivent pas chercher à « réparer » le passé pour construire l’avenir, mais proposer de construire l’avenir en mobilisant les énergies vers l’avant (ce qui réparera le passé si besoin)


C) des points de similitudes dans la méthode


Leur tâche principale est d’aider le client à expliciter sa pensée, et ceci :


• Grace à une synthèse qui par sa concision l’aidera à percevoir l’essentiel et à comprendre le point de vue de l’autre.


• Grace à de la souplesse de leur intervention


La souplesse va permettre au coach comme au médiateur de s’adapter à un terrain mouvant, à la réalité changeante que vivent les clients, mais aussi au changement de la personne elle même aux cours des entretiens. La souplesse passe par l’utilisation d’une méthode et d’un processus pour le médiateur et de boite à outils pour le coach, qui leur permettront de s’adapter en fonction de ce que leur disent leurs clients. Mais la souplesse est surtout un état d’esprit prompt à la remise en question, acceptant le monde tel qu’il vient, les gens tels qu’ils sont et même tels qu’ils se montrent

• En mettant le futur au centre de la discussion.


Pour éviter de se noyer dans le passé, (cf la longueur des thérapies !) le médiateur tout comme le coach mettent le futur au centre de la discussion. Le but est d’agir sur le présent pour améliorer l’avenir Non pas d’un avenir abstrait et général mais perçu le plus précisément possible : avenir avec son adversaire du moment (médiation) avec ses collègues, sont employeur… (coaching)

On ne s’appuie sur le passé que pour travailler sur les traces qu’il a laissé dans le présent du client qui a besoin d’en parler pour s’en libérer.


2- Des divergences certaines


Coach et Médiateur ont pourtant des modes de fonctionnement très différents.


A) Des positions différentes vis à vis de leurs clients.


La bienveillance se rapproche de l’empathie que le coach à pour le client « comment puis-je sentir leur ressenti, m’y intéresser me sentir toucher pas eux ? » De cette empathie dépend la solidarité de contact que je vais pouvoir établir avec le client.

Le coach noue une relation « à deux » et se montre franchement partisan de son client, alors que le médiateur est en position de tiers impartial, il doit fuir tout sentiment d’empathie et ne pas laisser prendre par des états d’âmes qui risquent de compromettre sa mission de médiation.

L’impartialité du médiateur par rapport aux parties est cruciale, il ne doit en aucun cas soutenir une partie plutôt qu’une autre, c’est ce qui fait ça raison d’être. Or, le coach perd cette impartialité lorsqu’il évoque ses sentiments ou sa sympathie par rapport à son client.

Le coach est partial, il est « pour » son champion à fond La relation de proximité du coach et de son client peut amener au maternage au paternalisme ou à l’identification.

Le médiateur se doit d’être neutre, indépendant et impartial c’est sans aucun doute la première chose qu’on lui demande.

Le coaching est au contraire, un processus d’accompagnement qui est mené par le coach au seul profit de son client.


B) Travail sur soi pour l’un, recherche de coopération pour l’autre


Le coach accompagne son client pour le développement de son potentiel et de son savoir-faire, il s’agit de l’aider à dépasser des obstacles internes. Le coché reste centré sur lui alors que ce que l’on demande à la personne en médiation c’est qu’elle accueille l’autre , qu’elle reconnaisse sa légitimité de point de vue, ses bonnes intentions ou tout simplement sa maladresse. Fondamentalement orienté client, le coach, aussi bien formé soit-il, en techniques de négociation raisonnée par exemple, reste orienté compétition, alors que le médiateur, agissant sur l’interaction, recherche avant tout la coopération.

Le coach, dans un mode d’accompagnement individuel vise le développement personnel, il ne s’occupe que du « un », alors que le médiateur, inclus dans un processus de restauration du lien social, s’intéresse aussi bien à l’un qu’à l’autre.


C) Pas de questionnement direct par le médiateur


Le coach à développer l’art du questionnement pour amener sont client là où il souhaite le conduire ; En effet, ayant vu d’où venait la faille il va aider le coaché à surpasser sa difficulté en le poussant à prendre des décisions.

Le médiateur quant à lui ne posera jamais de questions directes. En effet, une question induit toujours une réponse qui risquerait d’enfermer le client. Il se cantonne donc à une stricte reformulation des propos de son client.

Cette reformulation va permettre au client de capter des mots clés, des images en miroir, des effets produits pas ses expressions.


D) Cadres de références éloignées


Coachs et médiateurs ont des cadres de référence différents : Le médiateur agit en respectant un processus structuré, il maîtrise une technique très précise et immuable, qui lui est propre alors que le coaching a comme cadre de référence l’AT la PNL, la psychologie, la process com….. Le coach dit « sentir » les choses, il improvise en fonction des situations, met en œuvre des outils variés selon les problématiques rencontrées par son client. Le médiateur quant à lui n’improvise jamais, il applique scrupuleusement la même méthode quelque soit le conflit.


E) Des accompagnements différents.


Afin de tirer leur client vers la lumière, coach et médiateur utilisent des méthodes de traction fort différentes. Pour le coach l’encouragement consiste à exprimer de façon réitérée de la confiance c’est le fameux « tu peux le faire », ce sont aussi des autorisations faites à la personne en face de lui. Il lui donne le droit de ressentir ce qu’elle ressent, de penser comme elle pense d’agir comme elle le souhaite.

Le médiateur quant à lui, n’encourage pas, il constate en utilisant des phrases comme : « C’est la limite de votre imagination ? Merci d’en prendre conscience » Il agit ainsi comme un révélateur de conscience.


En conclusion

Médiation et coaching, offrent la possibilité de se libérer des problématiques présentes ou futures, de définir des objectifs audacieux et de les atteindre de manière autonome. Ces deux approches restent d’orientation et de philosophie fort différentes et utilisent des outils qui leur sont propres ; Par contre le coaching peut être un bon complément au sortir d’une médiation car on ne sort pas d’un conflit indemne même si celui-ci a été résolu en médiation dans les meilleures conditions. La question qui se pose dès lors et qui pourrait faire l’objet d’une étude est de savoir si un même professionnel peut pratiquer alternativement le coaching et la médiation.

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