Culture de la médiation

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Version du 28 juin 2012 à 09:24 par Ivan Martin (discuter | contributions)
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QUELLE CULTURE DE LA MEDIATION ?

(à-propos de Démocratisation et médiation de la culture : [1])

Plus que les actions de médiation elles-mêmes, dont la créativité et le dévouement ne sont pas à remettre en cause, ce serait bien la culture de cette activité qui soufrerait d’un manque d’identité. C’est-à-dire que la médiation culturelle serait tributaire d’un flou identitaire ne la définissant que très approximativement. Pour remédier à cet handicap, il conviendrait de préciser la position, les principes et les compétences de la discipline à part entière que pourrait être la médiation culturelle. Dialoguer sur ce sujet semble être un incontournable de ces rencontres théâtrales.

De quoi dépend essentiellement la réussite d’une action de médiation ? Que possédons-nous comme outils de référence en matière de création de lien ? Comment assurer le prolongement ou la pérennité des actions déployées ?

Ces questions soulèvent un ensemble de choix dont on a parfois laissé les réponses se disperser au bon vouloir de l’empirisme. Peut-être est-il temps de régler nos lentilles sur un point à mieux définir. Le théâtre comme la médiation nécessitent une pratique, cette pratique est composée de moyens, les moyens de la médiation sont des outils communicationnels, et ces outils sont à notre portée. Il s’agit juste de les reconnaître.


Démocratisation et médiation de la culture : Peut-être une culture de la médiation

Voici un thème qui, bien qu’il semble parfois être une pièce rapportée de par la difficulté de définir ses moyens, est en tout état de cause une des matières premières du sens et de l’aboutissement des activités théâtrales. Le lien au public, son accessibilité, l’influence citoyenne et sociétale des œuvres, le caractère durable des processus engagés, mais aussi – quoi qu’on en dise – la qualité et le développement de l’identité et de l’équilibre du vivier théâtral local, dépendent immanquablement des moyens effectifs investis dans cette démocratisation et médiation de la culture. Les nombreux efforts déployés pour préciser les objectifs et la perspective des actions de démocratisation et de médiation culturelle en matière théâtrale, dévoilent un manque désormais identifiable que l’on commence à comprendre et à reconnaître comme un défaut, un éventuel manque à gagner au cœur des dispositifs dont nous dépendons. La possibilité de communiquer et de débattre au sujet de cet « élément en construction » constitue une aubaine dont nous ne pouvons négliger les atouts.


Pour définir les obstacles actuels à la démocratisation culturelle, il est peut-être devenu nécessaire d’ouvrir un dialogue nouveau questionnant et précisant la position de l’acteur culturel en tant que médiateur. L’adéquation des actions à entreprendre, la compréhension des besoins des publics et la capacité à entrer efficacement en interaction avec eux, dépendent d’une remise en question de notre prise en compte du fonctionnement de la relation (de la communication) que les publics entretiennent avec la culture, tout particulièrement théâtrale. A titre d’exemple, le collectif Microsillons engage un parti-pris vis-à-vis des foyers de « micro-publics » dont la justesse questionne déjà l’habituelle envergure de nos considérations.

Partant, la recherche des points communs (par exemple entre la culture et ses publics) et l’investissement dans les moyens de leur donner une reconnaissance partagée, fournit un cadre que nous pouvons sans aucun doute encore préciser, tout particulièrement en termes de méthodes et d’outils. Les outils à privilégier seront peut-être ceux qui nous permettent une communication (un dialogue) de la meilleure qualité possible. C’est à-dire ceux qui fourniront aux publics et aux acteurs culturels un sentiment de reconnaissance respective et partagée, et surtout les moyens de répondre à leurs besoins communs.

La première culture à démocratiser, comme le fondement sur lequel l’ensemble des activités culturelles peut s’appuyer, est peut-être donc cette relation améliorée, cette « culture de la médiation » et les moyens de maîtrise qu’elle peut se donner. Il est facile, partant de là, de comprendre la responsabilité qui incombe aux acteurs de cette médiation culturelle, de dégager leurs besoins et leurs priorités, puis de déployer les possibilités de développer leurs compétences et de définir leur position. C’est fondamentalement d’eux dont dépend la démocratisation que l’on souhaite.


Ivan Martin

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