Définition d'une personne

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Version du 10 mars 2011 à 21:31 par Fabien Eon (discuter | contributions)
«Car Je est un autre.... Cela m’est évident : j’assiste à l’éclosion de ma pensée : je la regarde, je l’écoute»

Arthur Rimbaud — Correspondance - Lettre du Voyant, à Paul Demeny, 15 mai 1871[1]

Les Médiateurs professionnels identifient quatre conceptions de la personne qui interfèrent dans l'ensemble des relations qu'une personne peut avoir avec elle-même et une autre personne, avec les choses et les idées, qui ont chacune des conséquences sur la manière d'envisager le changement, l'adaptation, la résolution des conflits et, par corolaire la conception même de la Médiation. En fait, trois conceptions sont étroitement liées par un consensus sur l'idée qu'une personne est définie au travers d'une unicité idiosyncrasique qui expliquerait que lorsqu'on tente de définir une personne humaine, celle-ci échapperait à une définition d'ensemble. La quatrième conception repose sur l'observation du fonctionnement humain et tire ses lois de l'expérimentation qui en est faite. Cette quatrième conception en vient à proposer un nouveau paradigme applicable dans l'accompagnement individuel et des groupes, quel que soit le contexte de la réflexion.

Sommaire

Origine du mot personne

Le mot personne trouve son origine dans l'étrusque. Persona y aurait désigné le masque qu'un comédien portait au théâtre. Ce masque présentait une expression qui caractérisait le "personnage" joué.

Persona désigne en latin le masque de la tragédie: le masque pour faire oublier le visage et la singularité d'une sensibilité particulière, pour ainsi dire à fleur de peau: le masque présente le sentiment figé, grimace de la passion comme souffrance de ne pouvoir changer ce qui est écrit dans le Livre, le texte des Parques que l'action humaine ne peut atteindre et qui déroule mécaniquement comme nécessité (ananké) le fil d'une vie peut être vouée comme celle d'Oedipe au meurtre et à l'inceste. Le masque est figé par le destin dans lequel les spectateurs se retrouvent au-delà des réactions épidermiques qui n'intéressent personne, dans le tragique d'une condition humaine: c'est déjà l'humanité qui gémit au récit de ses passions: "Insensé qui crois que je ne suis pas toi" (Victor Hugo)[2].

Le mot personne et le mot individu sont souvent utilisés indistinctement. La différence semble être que le mot personne serait associé à la notion d'identité présentée, i.e. le soi dans le monde, tandis que celui d'individu le serait à l'indivisibilité de l'être en soi, i.e. le monde en soi.

Deux conceptions de la personne

A l'observation de l'approche d'une personne, il apparaît deux conceptions qui se déclinent en conjuguant diverses représentations. A la personne humaine sont rattachées des repères de croyances, de traitement juridique, d'approches psychologiques très variées. Ces rattachements rendent la conceptualisation délicate, voire obscure. Pour rendre l'approche d'une personne plus facile dans l'optique de son accompagnement dans les prises de décision, voire les sorties de crise, il convient de poser ce qui est observable parmi les conceptions actives dans notre société.

  • La personne est un sujet qui n'existe pas par lui-même. Elle est dépendante d'une volonté à laquelle elle doit une forme d'allégeance. Une autorité doit être exercée sur elle tout au long de sa vie :
  • la personne est une création du divin, ce qui implique une relation de recherche de pardon soit une harmonie accompagnée par le tiers qui s'est positionné en intermédiaire (prêtre, pasteur, rabbin, imam...), voire plus spécifiquement pour les chrétiens, Jésus est le "médiateur" entre Dieu et les Hommes...
  • la personne est un sujet de droit et d'obligation. Dans cette perception, la personne doit se soumettre, être rappelée à la loi, faire rédiger des actes... Quand la morale ne suffit pas, quand les règles établies ne semblent pas être respectées, le modèle mis en oeuvre est celui de la punition, voire du "redressement" et du dressage, ou bien encore, en désespoir de cause de l'exclusion de la vie en société.
  • la personne est définie par un modèle de type psychothérapeutique et, avec cette perception, doit être soignée, être dans la complexité de pulsions, de traumatismes, faisant son archéologie d'éventuelles névroses, de comportements psychotiques...
  • la personne est un potentiel d'autonomie qui répond aux même principes que toute chose : un besoin d'harmonie interne.
  • la personne est un sujet apprenant, ignorant et naturellement maladroit, présentant un potentiel de progression ; il s'agit de l'approche conjuguant rationalisme et philosophie.

Une personne, un individu, un paradoxe

Il suffit d'indiquer cette perception égocentrée :

Chaque personne se vit comme unique.

le constat du paradoxe est fait...

Ainsi, du paradoxe vécu dans la vie ordinaire, à l'absurde vécu dans la vie conflictuelle, le chemin n'est pas si tortueux que cela et que de l'être en soi, l'individu se retrouve hors de lui...

voir : Idiosyncrasie

Notes et références

  1. Arthur Rimbaud — Correspondance - Lettre du Voyant, à Paul Demeny, 15 mai 1871
  2. La personne, cour de philosophie
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