Diplomatie

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Version du 27 août 2015 à 08:40 par Walter Gilpin (discuter | contributions)

Diplomatie par Thierry Lizola

Le film : sortie en salle en 2014
Ce film relate l'histoire d'un face à face entre le Gouverneur de Paris et le consul de Suède ; le consul est mandaté par la résistance afin de persuader le gouverneur de ne pas faire sauter Paris par les bombes placées dans la capitale.
Les alliés arrivent sur Paris, Hitler fait pression sur le Gouverneur de Paris les renforts tant attendu tarde à venir et la résistance s'organise le peuple de paris se soulevé ; mais le gouverneur est dans sa posture de militaire et subit une contrainte énorme pour mettre en œuvre le projet d'Hitler.

Roman Historique
Période Août 1944 Hôtel Meurice Paris
D’après une pièce de théâtre de Cyril Gély
Réalisation : Volker Schlöndorff
Distribution principale
Niels Arestrup : le général Dietrich von Choltitz
André Dussollier  : Raoul Nordling

POINT DE VUE DU MEDIATEUR

L'urgence de la situation impose une prise de conscience de la réalité de la part du Général DIETRICH VON CHOLTITZ

Pour ce faire le Consul de Suède Raoul Nordling va devoir user de techniques relationnelles afin d’arriver à convaincre le Général de ne pas détruire Paris.

Le Consul va créer les conditions d'un face à face, d'une discussion improbable, au moment où le Général est dans une dynamique conflictuelle.

Le Consul va tenter par des symboles, des métaphores, ou par le roman historique de sortir le Général de cette dynamique

Il légitime sa position d'intermédiaire dans le conflit (du fait qu'il est le représentant d'un pays neutre, et qu'il se côtoie depuis quelque temps et qu'ils ont des rapports cordiaux) ainsi que l'action des parisiens (ils sont chez eux) que le Général voit comme des terroristes.

Le Consul contraint le Général à la réflexion sur sa légitimité de point de vue, sur sa présence à Paris en tant que force occupante et sur le bien-fondé de sa décision.

Le Consul oppose des arguments émotionnel (vos enfants ne verront jamais Paris), technique (vous êtes encerclé par 20000 hommes), légal (Paris n'est pas une zone de guerre) pour obliger le Général à se remettre en cause, à réfléchir sur la réalité de la situation.

Il lui expose les conséquences (« vous et vos descendants seront associés à la destruction de Paris et à ses milliers de morts »et aussi les conséquences pour le futur de l'Allemagne vis à vis de la France et du reste du monde d'une telle décision. Est-elle bénéfique à la cause qu'il prétend défendre, à l'histoire. Il essaye aussi de lui faire entrevoir les conséquences futures que cela va engendrer sur lui (« vous êtes en première ligne, votre nom restera à jamais attaché à la destruction de Paris »).

Pas à pas il donne à réfléchir. Tantôt dans l'adversité, il dénonce, bouscule (vous êtes que 2000 ils sont 3 millions), contredit, démonte par des contre argument (vos renforts ont été stoppé); tantôt dans l'altérité, il pose les bases d’une confiance relationnelle, soit :

  • Par la contrainte

Le consul impose sa présence, lui donne une lettre de reddition du General Leclerc
Alors que le noir est total dans son bureau le général constate stupéfait la présence du consul. Le consul est rentré par une porte dérobée dont le général n'avait pas connaissance,
-Il lui remet la lettre du Général Leclerc lui demandant la capitulation sans condition ;
« Je n'ai pas pour habitude d’échanger du courrier avec un général ennemi » et déchire la lettre sans la lire,


  • Par la légitimité

« Je vous conseille de quitter paris de rentrer chez vous »
« Quitter paris pour aller ou...chez moi mais je suis chez moi c'est vous qui n'y êtes pas...je suis né ici tandis que vous vous n’êtes là que depuis 15 jours »


  • Par le factuel des faits qui lui donne la réalité telle qu'elle est

« Vous êtes 2000 hommes eux sont trois millions décidés à mourir »
«Deux divisions alliées font route vers Paris »
« Rassurez-vous M Nording nos renforts sont en chemin... quatre divisions...»
« Vous ne parlez pas j’espère de ces quatre divisions bloquées au nord de Soissons »


  • Par l'émotionnel

« Je suis là pour ça, pour que vos enfants puissent voire l'aube aussi sur paris »
« Quel âge ont vos enfants » rappel à son enfance des moments agréables passé à Paris
« Comment tous ces gens peuvent tenir dans une ville avec un nom aussi court, pourquoi tenez-vous à détruire Paris …. Avec tous ces gens des civils ces enfants qui ont l’âge de vos enfants »
« Je me suis trompé sur vous Général et sur moi »


  • Par la métaphore, le symbole, le roman historique, la religion

la fenêtre ouverte : avec une demande du consul au général « de laisser une porte ouverte pour votre avenir »
« Abraham dans la bible a qui dieu ordonne de tuer son fils...quel enfant voudrait d'un père comme celui-là »puis faisant un transfert de situation vers le Général.
Le consul veut l'amener à se tourner vers l’extérieur à regarder par la fenêtre
Le consul s'oriente toujours vers la fenêtre du bureau en encourageant le Général à le suivre.
« Nous ne verrons plus le dôme du Louvre, la place de la Concorde, les deux tours de Notre Dame... »
La suite qu'occupe le général est repositionnée dans un contexte historique une référence à Napoléon et sa vie privée.


  • Par le recentrage, le recadrage, la responsabilité

« Vous êtes le seul à pouvoir faire quelque chose »
« Il s'agit de civils et pas de militaires »
« Vous êtes en train de vous chercher des excuses »
« Vous ne me ferez pas croire que vous agissiez sans scrupule »
« Cela fera de vous un criminel »
« Paris ne vous appartient pas » « Paris n'appartient à personne »
« Vous préférez ne pas regarder la réalité en face »
« Les Généraux ont souvent le pouvoir de détruire rarement celui d'édifier »
« Pour rien au monde je n'aimerais être à votre place »
« Jusqu’ici vous avez su garder l'honneur de vous même ; détruisez Paris et vous le perdrez pour toujours »


  • Par la confiance

il lui dévoile l’existence de cet escalier qui permet d'arriver secrètement dans son bureau.
« Vous oubliez juste M le gouverneur ...si véritablement j’étais en connivence avec les résistants et connaissant cet escalier (donnant accès à son bureau secrètement) croyez-vous sincèrement en votre âme et conscience que vous seriez toujours en vie »
« En deux semaines ce ne sont pas les occasions qui m'auraient manquées »de l'abattre avec l'existence de ce passage secret.
L’existence d'un réseau pour faire fuir sa femme «  il faut vous en remettre à moi »
« la Suède est un pays neutre Mr le Gouverneur elle est toujours resté neutre et c 'est pas moi qui vais y changé quoi que ce soit »
il lui sauve la vie en lui donnant ses cachets.


Progressivement le factuel prend sens, la réalité devient une évidence, la confiance s'installe.

La prise de conscience amène au lâcher prise et permet d'identifier la contrainte. Et c'est de celle-ci que née la solution.

La contrainte est identifiée par le Fait (la loi promulguée par Hitler), les Conséquences (sa famille menacée, l'obligation d'exécuter l'ordre) et le Ressenti (la peur, la trahison, la méfiance).

Le passage à l'altérité :

Le Consul est altéro centré sur le Général, il répond à la demande (sauver sa famille), propose une solution (évacuer sa famille vers la Suisse), exerce de la reconnaissance « vous serez celui qui n'a pas détruit Paris ; Paris ne devra sa confiance qu'a vous seul Général » et de la confiance « Paris n'a qu'un seul atout dans son jeu pour éviter sa destruction c'est vous » et de l'empathie « je pas être à votre place » « vous n’êtes pas comme eux » (les nazis).

L'inimaginable discussion a lieu ce qui permet le déclenchement des négociations. Elles permettront d'arriver au résultat voulu. L'issu est pérenne pour l'humanité.


LE CONSUL UN MEDIATEUR ?

Le médiateur est une personne qui donne à réfléchir, qui doit parfois bousculer les idées reçues, permettre le retour à la réalité. Il doit travailler sur la confiance, mettre en œuvre les conditions d'une issue acceptée et voulue par les parties et non subie.
En cela le Consul est bien dans une posture de Médiateur Professionnel.

Mais le médiateur n'est pas une personne qui contraint, qui travaille dans l'adversité ; il prend de la distance, il est ni arbitre, ni conciliateur. Il est indépendant, hors on sait que le consul agit pour le compte de la résistance et du gouvernement français il est neutre dans sa décision, ici le consul a déjà la décision en tête et coûte que coûte elle doit être appliquée.
Le médiateur est impartial, là encore le consul a partie pris pour la résistance et toutes personnes opposées à la destruction de Paris.
Le médiateur se doit de respecter la confidentialité de ses rapports avec son interlocuteur l'on sait aussi que la chambre est espionnée que le compte rendu est fait en directe pour tirer profit des discussions

Pour aller plus loin !

Qu'en est-il de la réalité historique ?
La rencontre a-t-elle eu lieu ?
La confiance est-elle le nœud de cette histoire ?

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