Discussion utilisateur:Patrick Jacquemart

De WikiMediation.

Share/Save/Bookmark

La Médiation par les pairs Je n’avais pas besoin de me frotter à cet exercice pour savoir qu’il ne m’est pas évident d’écrire pour les enfants. Mais, l’idée de la médiation par les pairs est tellement enthousiasmante que je me suis dit «pourquoi pas !». La difficulté est de se positionner par rapport à un âge et ensuite de ne pas tomber dans le gnangnan. Sûrement à chacun son métier !

                            vision «enfantine» d’une facette de la surenchère et du non-dit

«Bonjour Sophie !» «Bonjour Patrick ! Tu vas bien ? Tu sais que ….» Mais la jeune fille n’a pas le temps de terminer sa phrase que Patrick lui coupe la parole. « Hier soir, cela a été terrible, je suis rentré chez moi et il n’y avait plus de chocolat, alors que j’en avais très envie. J’ai fait la tête toute la soirée et du coup, je me suis fait grondé. Cela m’a rendu très triste ». «Tu sais que …» mais une fois de plus Sophie n’a pas le temps de terminer ce qu’elle voulait dire. «Oui, cela est injuste ! Je ne méritais pas que mon père se fâche, c’est très important pour moi d’avoir du chocolat à mon goûter. Les journées à l’école sont longues et je rentre fatigué, je mérite que l’on fasse attention à moi». « Je voulais te dire que tes … » mais impossible pour Sophie de parler. «Tu aimerais que personne s’occupe de toi, tu aimerais que l’on te punisse alors que tu meurs de faim ? Toi aussi, tu serais triste pas vrai ?» «Sûrement, je suis d’accord avec toi mais tu sais que…» «et puis après, le soir, je n’ai pas réussi à m’endormir car j’étais très énervé et puis après j’ai fait des cauchemars». «La nuit a dû être terrible pour toi mais tu sais que…» «Et ce matin, maman m’a bousculé parce que je n’arrivais pas à me lever du lit et j’ai eu à peine le temps de m’habiller. J’ai même du courir pour avoir mon bus et après…» «Patrick, Patrick tu t’enfonces !» «Oui Sophie, je le sais. C’est pour cela que je parle autant, je ne voulais pas que tu vois que je suis dans la boue». «Mais, c’est idiot car plus tu attends et plus tu t’enfonces. Regardes tes chaussures sont toutes sales, tu aurais pu l’éviter ! Allez, parles moins et viens avec moi».

Autre «comptine» avec tentative de mise en valeur du fatalisme fonctionnel et du non-dit. Une belle dorade donna naissance à sept petits poissons, tous plus beaux les uns que les autres. Vraiment d’adorables minuscules dorades, c’était un bonheur de les voir nager au milieu des algues et des galets. Avec le soleil, toutes les écailles de la petite famille envoyaient des éclairs argentés et illuminaient la mer partout où le petit banc se déplaçait. La maman était vraiment très fière de nager avec ses petits, tout le monde les regardait. Mais, l’un d’eux lui posait quelques soucis, il voulait être un bernard-l’hermite. Au début, c’était rigolo de le voir se tortiller pour rentrer dans un coquillage, elle s’amusait quand il fonçait à grands coups de nageoires pour se faufiler dans une coquille vide. Mais, il grandissait et se comportait toujours comme un bernard-l’hermite ! Le temps passait et la maman désespérée n’avait plus la force de se disputer avec son fils. Elle baissa les nageoires et se fît à l’idée que son enfant était un bernard-l’hermite. Le poisson devint une belle dorade et si grosse que les coquillages étaient bien trop petits pour lui. Cela ne faisait plus rire sa maman et il était la risée de tous les autres poissons. Mais rien n’y faisait et il continuait à plonger dans les coquilles vides. Jusqu’au jour où il fonçât si vite dans un superbe coquillage nacré qu’il se coinçât la tête et resta prisonnier. Un gros requin passant par-là, vît au fond de l’eau un poisson gigoté dans tous les sens. Attirait par ce morceau de choix, il plongea et dévora la «dorade-bernard-l’hermite». Personne ne sait les mots qu’il faut dire à une dorade pour ne pas rester enfermée dans un coquillage. Mais, il y a des mots que tout le monde peut comprendre.

Outils personnels
Translate