Dramatisation

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Au seuil de l'éternité

La dramatisation fait partie des attitudes associées à un contexte de changement, voire d'appréhension d'une rupture relationnelle où l'affectivité est forte.

Sommaire

Manifestation

La dramatisation se manifeste lorsqu'une personne éprouve un sentiment de rejet ou le sentiment ou la crainte :

  • d'être déconsidérée
  • de jalousie
  • d'être rejetée
  • d'être abandonnée
  • d'avoir mis en péril, de manière démesurée, la nature d'une relation avec une personne au regard de la réalité de ce qu'elle avait le sentiment de subir
  • d'être la cause d'un événement (changement) qui lui apparaît porter préjudice à une personne pour laquelle elle ressent un fort attachement affectif

Autrement dit :

  • la personne se sent accablée
  • la personne se prête une intention aux conséquences dramatiques pour une personne envers laquelle elle éprouve un fort attachement affectif
  • la personne interprète une situation, envisage un déroulement qu'elle n'imaginait pas initier et en voit déjà les prémisses

Par exemples :

  • une personne ne croit plus dans une relation pour laquelle elle s'est pourtant, selon ses propres critères, longtemps ou fortement investie
  • une personne entend des propos qui lui font découvrir ou prendre conscience soudainement qu'un proche exprime un sentiment de rejet à son égard

Construction de la dramatisation

La dramatisation est associée à des sentiments mêlés :

  • crainte de perdre la relation
  • culpabilité d'avoir mis en cause cette relation
  • sentiment d'impuissance pour revenir à la situation affective antérieure
  • regret d'être pris dans l'étau d'une forte contradiction
  • surenchère des stratégies relationnelles
  • recherche coupable de sécurisation auprès de la personne précisément rejetée

Risques de conséquence

  • risque d'attribution à l'autre de la dynamique dramatique
  • risque d'accusation de l'autre pour ce qu'il n'a pas su faire, dire, penser, être
  • dépression
  • la dramatisation que l'on fait provoque une dramatisation en miroir

Etats émotionnels

La dramatisation provoque des états émotionnels et des états physiques pénibles :

  • anxiété
  • angoisse

Le centrage sur soi renforcé

La dramatisation renforce le centrage sur soi. Elle créer une focalisation sur l'interprétation autoréférente des évènements et des autres. Dans une relation à deux, pour faire simple, l'autre n'est plus vu autrement qu'au travers du prisme des affirmations déjà jugées. Quant bien même cet autre adopterait-il un comportement qui lui irait mieux en lui, et que ce comportement conviendrait mieux à chacun, il n'apparaît pas crédible aux yeux de la personne qui avait fait le deuil de ce type de changement.

La personne qui dramatise ne se rend pas compte que c'est elle qui le fait. Toutefois, si elle s'en rend compte, elle pense que l'origine de la dramatisation revient à l'autre personne, ce qui l'empêche de pouvoir avoir le moindre pouvoir sur une éventuelle dédramatrisation. En raison de l'idée construite que la dramatisation proviendrait de l'autre, la personne qui est à l'origine de la mise en cause de la relation se sent dépendante du fonctionnement de l'autre. De là à vivre cet état de dépendance comme un état de victime, il n'y a souvent qu'un pas qui est rapidement franchi.

Le bénéfice de la conscience dramatique

Le fait de prendre conscience que l'on est acteur de dramatisation, et surtout lorsqu'on en est créateur, cette prise de conscience permet de purger une bonne part de la dynamique affective et d'agir pour dédramatiser.

Quand j'ai compris que j'avais une mauvaise perception de la réalité et que j'avais été à l'origine de la dramatisation, j'ai été soulagée. Enfin, j'ai vu une nouvelle issue, tandis que tout me semblait bouché. Puisque j'avais fabriqué la lourdeur dramatique, je pouvais la défaire, en tout cas de mon côté. Et si je m'y prenais bien, l'autre aussi serait bénéficiaire de ma démarche de dédramatisation. Je me suis sentie plus actrice. Je pensais que seul l'autre pouvait faire quelque chose. Je pensais que seul lui pouvait mettre un terme à cette surenchère tandis que quand je croyais que c'était que l'autre, je me sentais impuissante. Je me sentais coupable, sans pouvoir rien faire. J'accusais l'autre... Un bourbier d'incapacités...

Action de dédramatisation

  • cesser d'avoir des propos catastrophiques, évocateurs de l'idée du définitif
  • ne plus accuser ni se culpabiliser
  • ne pas entrer dans l'excès d'affirmation d'une prise de responsabilité héroïque (démesurée, en réalité impossible)
  • ne plus être dans des pensées craintives

Après la dédramatisation

Il n'empêche que la prise de conscience faite, l'action cohérente de dédramatisation peut très bien ne pas aboutir à la reconstruction de la relation ou à une transformation de la relation qui convienne à l'autre partie, voire à soi-même.

Les symptômes de la dépression peuvent apparaître.

Pédagogie

Pour faire émerger la prise de conscience sur la dynamique de la dramatisation, il est possible de proposer aux participants d'une formation de réfléchir sur :

  • les contextes dans lesquels ils ont eux-mêmes dramatisés et les conséquences de cette dramatisation
  • les contextes où des proches ont dramatisé et les conséquences qu'ils ont observées
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