Enfin veuve

De WikiMediation.

Share/Save/Bookmark
(Différences entre les versions)
(liens internes)
Ligne 1 : Ligne 1 :
-
J’aime la personnalité d’Isabelle Mergault, actrice, réalisatrice, scénariste, « nunuche zozotante » aux multiples facettes… Le tout majoré d’une irrésistible envie de rire et d’une soirée détente me voilà devant « '''ENFIN VEUVE''' » 16 JANVIER 2008. Estampillée des premiers jours de ma formation, j’ai perçu ce film avec un « Autre regard » entre rire et larmes, mon logiciel s’est mis en route intégré de son  "plug-in" « Médiation »
 
::une présentation par : [[Martine Miquel]] - Médiateure stagiaire  
::une présentation par : [[Martine Miquel]] - Médiateure stagiaire  
 +
 +
J’aime la personnalité d’Isabelle Mergault, actrice, réalisatrice, scénariste, « nunuche zozotante » aux multiples facettes… Le tout majoré d’une irrésistible envie de rire et d’une soirée détente me voilà devant « '''ENFIN VEUVE''' » 16 JANVIER 2008. Estampillée des premiers jours de ma formation, j’ai perçu ce film avec un « Autre regard » entre rire et larmes, mon logiciel s’est mis en route intégré de son  "plug-in" « Médiation ».
==Résumé==
==Résumé==

Version du 16 mai 2008 à 15:11

une présentation par : Martine Miquel - Médiateure stagiaire

J’aime la personnalité d’Isabelle Mergault, actrice, réalisatrice, scénariste, « nunuche zozotante » aux multiples facettes… Le tout majoré d’une irrésistible envie de rire et d’une soirée détente me voilà devant « ENFIN VEUVE » 16 JANVIER 2008. Estampillée des premiers jours de ma formation, j’ai perçu ce film avec un « Autre regard » entre rire et larmes, mon logiciel s’est mis en route intégré de son "plug-in" « Médiation ».

Sommaire

Résumé

Anne-Marie vit dans une magnifique villa au bord de la Méditerranée, mariée à Gilbert, un chirurgien esthétique qui lui procure une vie matérielle aisée.

Toutefois, il la prend pour une godiche et passe son temps à lui faire des reproches.

Anne-Marie n’est pas heureuse, elle s’ennuie dans son mariage et sa grande maison.

Alors, en parallèle, elle mène une histoire d’amour passionnée avec Léo, le patron d’une entreprise de réparation navale, au prix de mensonges permanents et ubuesques la menant parfois à la limite du cataclysme…

Léo veut partir en Chine et emmener Anne-marie avec lui.

Après beaucoup d’hésitations, elle semble finalement prête pour la grande aventure et tente, sous l’impulsion de son amant, d’écrire en vain, une lettre d’adieu à son mari…Cependant, le destin va frapper à sa porte et lui donner un coup de pouce. Gilbert meurt dans un accident de voiture, lui laissant argent et liberté.

Au lieu d’être affectée, Anne-Marie est soulagée !

Tout à coup, elle a peut-être une chance de vivre son bonheur avec Léo, l’homme de sa vie, qu’elle voit en cachette depuis deux ans. Famille et belle famille débarquent pour les obsèques.

Aussi, au moment où Anne-Marie a enfin l’occasion de s’affranchir, elle va, par convention et un peu par lâcheté, s’enferrer dans une attitude d’indécision à la fois touchante et drôle, et sa famille, croyant la soutenir va la rendre encore plus prisonnière qu’avant, en tentant avec fatuité et à toute force, de consoler une veuve pas du tout éplorée…

Comment rompre avec le carcan que peut faire peser sur soi un conjoint ou une famille ?

Anne-Marie et Léo partiront-ils en Chine ?


Points de réflexion (La dynamique confictuelle)

  • La soumission ---> résultant de l’accumulation des acceptations.
  • Le conflit intérieur---> désaccord permanent avec sa conscience
  • Le fatalisme fonctionnel--->malgré un coup de pouce de la vie, elle reproduit inlassablement ce fatidique conflit.
  • La généralisation---> ingrédient du conflit familial.
  • Les interprétations---> parasitant la communication familiale.
  • La balance de l’équilibre relationnel--->alourdie par les contraintes, les non-dits.
  • La métaphore de la grenouille--->passivité fonctionnelle.


Dès la première scène du film on assiste à la soumission d’Anne-Marie qui subit l’indélicatesse vile de Gilbert son époux lequel a choisi sa vie au nom de l’argent et de l’ancrage bourgeois avec une clientèle fortunée. Anne-Marie étant à l’abri de tout souci matériel, Gilbert pense qu’entretenir sa grande maison lui est suffisant et qu’elle n’a besoin de rien d’autre, sauf de l’accompagner aux cocktails donnés par ses relations professionnelles. Anne-Marie n’avait pas prévu cette soirée, pour autant elle accepte une fois de plus de suivre Gilbert à cette réception..Alors qu’ils sont en voiture,un portable sonne dans la poche d’Anne-Marie!

- Qu-est-ce que tu fais avec un portable ?(…)Euh…Je l’ai trouvé ce matin dans la rue(…) Réponds, ça nous renseignera sur le propriétaire(…) Allô(…) Allô ma chérie ? pétrifiée Anne-Marie répond…Ah non monsieur, je suis désolée c’est une erreur… et raccroche.
- Comment ça c’est une erreur, mais c’est pas possible d’être aussi c…

Dès lors, on comprend qu’elle cache tout et s’est enferrée dans une autre vie…. Du fait de son milieu et de son éducation, elle a toujours fait en fonction de ce que l’on attendait d’elle. C’est pour cela qu’elle a épousé Gilbert, mais elle n’est pas dans sa vie. Elle fait constamment ce qu’elle croit être son devoir.

Le lendemain, Anne-Marie réussit à passer un moment chez Léo, celui qu’elle aime en cachette. Il n’y a que lorsqu’elle est avec lui qu’elle est elle-même.

Léo n’est pas son amant, c’est l’homme de sa vie, celui avec lequel les sentiments prennent le pas sur les apparences. Il est comme une bulle d’oxygène dans cette vie qui l’étouffe. Pour autant, c’est extrêmement difficile de rompre avec tout ce qui l’a conduite à vivre cette fausse vie. Elle n’arrive pas à se débarrasser de tout ce qui l’empêche d’être enfin elle-même….. Son conflit intérieur l’habite en permanence.

Léo est un homme droit dans ses bottes. Il avance et arrive à un point où il a envie de s’engager. Anne-Marie lui a promis de partir en Chine avec lui. Alors, il est de plus en plus pressant et impatient. (…)Je n’ai jamais eu envie de me marier, normal je ne t’avais pas rencontrée(…) Avec elle, Il est prêt à faire des choses qu’il n’avait jamais faites.

Je t’ai attendue toute la soirée, que s’est-il passé ? (…) Mais il faut que tu m’aides, je ne sais comment faire(…) faut partir sans un mot(…) Oh ! une lettre quand même non ? (…) Bon faut que ce soit court (…) Je pars, j’ai rencontré un homme que j’aime plus que tout au monde(…) Dis pas que tu m’aimes plus que tout au monde, tu vas le torturer(…) D’hésitations en propositions, le temps passe Anne-Marie doit rentrer et la lettre n’est pas écrite… Une fois encore, son conflit intérieur ressurgit.

A son retour, c’est l’électrochoc, le drame. Prévenu de l’accident mortel de son père, son fils et la plupart de la famille l’attendent à la maison. Maman,papa a eu un accident mortel(…)Oh la la, il est blessé ?(…) mortel, maman, mortel (...) Anne-Marie feint-elle de ne pas comprendre  ? La séquence ne manque pas d’impertinence et la suite non plus. La belle sœur pensant qu’une veuve est forcément dans la douleur généralisation est pétrifiée en découvrant Anne-Marie qui se vernit les ongles de pieds le matin des obsèques… Tu te mets du vernis le jour de (…)

Même si elle est soulagée parce qu’inopinément elle a peut-être une chance de vivre son bonheur avec l’homme de sa vie, qu’elle voit en secret depuis 2 ans, Anne-Marie se plonge dans un fatalisme fonctionnel. En désaccord avec sa propre conscience, elle s’installe à nouveau dans un faux semblant en offrant le visage d’une veuve affligée et se retrouve piégée dans un autre rôle, cernée par ceux qui imaginent l’aider. Après les obsèques, toute la famille décide de rester auprès d’elle, voulant la protéger et participer à ce qu’ils croient être du chagrin généralisation.

Arrivent alors une série de gags et de quiproquos entre la veuve pas du tout éplorée et l’insupportable famille persuadée qu’elle l’est.

De facto, le conflit familial se noue dans un maillage de non-dits et de mal-dits, orné de prêts d’intention.

Quelques jours après les obsèques, Anne-Marie téléphone en cachette à Léo. T choquée(…) choquée ? (…) non je ne suis pas sous le choc, je ne ressens rien(...) Tu ne ressens rien parce que il n’y avait rien(…) Oui, mais aide-moi(…) Ils ne me laissent pas sortir(…) comment ça ils ne te laissent pas sortir ?(…) je ne peux plus faire un pas toute seule(…)

Un peu plus tard, Anne-Marie s’esquive en disant qu’elle va faire des courses, son fils la rattrape… Je t’en supplie repose-toi, tu n’es pas en mesure de faire des courses(…)

Elle en vient à partir en pleine nuit pour rejoindre Léo au bord de la mer, retrouvée par son fils près des rochers, il pense à une tentative de suicide…. Le lendemain, il la piste filant sur son vélo, la ramène au domicile familial et finit par envisager de la placer en maison de repos, pendant que la belle sœur croit carrément à un cas de possession à l’Exorciste à propos d’Anne-Marie ! Prêt d’intentions Ainsi, la balance de l’équilibre relationnel est alourdie par les non-dits et les interprétations et le conflit familial prend une ampleur frôlant le cynisme.

Anne-Marie arrive tout de même par rejoindre Léo. Toute la famille la cherche dans le village, et les langues se délient…..Son fils la retrouve chez Léo. Maman, jure moi qu’on dit des conneries, jure le moi (…) Tétanisée, Anne-Marie se tourne alors vers Léo et dit Je suis désolée, je ne peux pas faire autrement (…) Enrôlée par son fils, elle rentre dans sa grande maison. La famille décampe comme elle avait débarqué. Anne-Marie finit par se retirer à la montagne et s’initier à la solitude ! Léo part en Chine seul, aussi, une fois son périple terminé, il revient la chercher…..

Dans cette histoire, j’ai aussi relevé la métaphore de la grenouille laquelle illustre le domaine du « subir » relatif au comportement d’Anne-Marie qui accepte en permanence que les autres décident pour elle.

- quand il s’agit d’affronter son mari.
- quand la vie lui apporte une solution inespérée.
- quand il s’agit de suivre son amant.
- quand il s’agit d’affronter sa famille.


Conclusion

Isabelle Mergault pose en filigrane la notion de libre arbitre et de la relation des individus avec ce qu’on pourrait aussi appeler « intégrité » « fidélité à soi même » « résistance aux concessions ». Elle fait ressortir l’ingrédient essentiel de la chronique du conflit d’Anne-Marie, un mot de 5 lettres…CHOIX, pierre d’achoppement contre laquelle son esprit se heurte en permanence……

  • Y-a-t-il plus rude combat que celui qui s’efforce de se vaincre lui-même ?
  • Comment peut-on être à la hauteur de l’histoire exceptionnelle qui est la sienne ?
  • Comment écouter à la fois soi-même et «l’autre soi » pour maintenir son équilibre et sa capacité de mutation ?
  • Le conflit avec l’autre, pas celui qui est en face de soi, mais celui qui est en soi n’est-il pas une partie de soi que chaque individu ignore ?
  • Doit-on rester éternellement le même figé dans le respect des valeurs qui nous ont poussé à faire un bout de chemin, mais qui ont fait leur temps ?
  • A-t-on le droit de bousculer l’ordonnance de sa vie ?

A chacun ses réponses, cependant les réponses à ces questions ne seront peut-être plus forcément les mêmes après avoir vu ce film…

Citation de Goethe

"Dans la Vie, les jeux sont donnés, mais avec un jeu donné, chacun peut faire une partie différente." (Goethe)

Outils personnels
Translate