Ensemble, c'est tout lu, par Ludovic Leplat

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Ensemble, c'est tout


Anna Gavalda : « On ne voulait pas recommencer les mêmes erreurs alors on en a fait d’autres … ». lu par Ludovic Leplat

Montaigne «  c’est une belle harmonie quand le faire et le dire vont ensemble ».

Sartre « l’enfer, c’est les autres … »


Sommaire

Présentation du roman

Ensemble, c’est tout est une histoire a priori banale : celle d’une rencontre. Quatre individus, quatre destins vont, au hasard de la vie, être amenés à se croiser et à partager leur quotidien sous le même toit. Ces quatre personnages vont progressivement apprendre à se connaître, se soutenir et essayer de vivre ensemble. Le conflit est permanent, chacun défend ses idées, dans un appartement où chacun doit s’approprier, défendre, voire accroître son territoire. La colocation est le fait de réaliser une location en commun, cela donne des situations de conflits. Les caractères des locataires se révèlent, s’exacerbent, se réactivent constamment au gré des situations de la vie quotidienne jouant le rôle de déclencheurs, de « révélateurs de personnalité » en quelque sorte. Mais la colocation constitue aussi une aire privilégiée de partage, d’interaction émotionnelle : les sentiments affleurent, fruit de la découverte de l’un et de l’autre, sans cesse en action. Une nouvelle cellule se crée, avec ses règles et ses dysfonctionnements. Vivre ensemble n’est pas simple …

Ensemble, c’est tout est donc un roman reflétant une réalité sociologique de notre monde contemporain, où l’individualisme tend à faire exploser la cellule familiale classique, au profit de nouveaux modèles de vie.


Les personnages

Camille : Elle survit en faisant des ménages, ne mange presque plus et refuse de se remettre à la passion le dessin. Elle est prisonnière d’un passé dont elle ne mentionne jamais rien.

Franck : Le colocataire de Camille : il semble incapable de contrôler ses paroles, il a un comportement agressif et se montre très souvent irrespectueux.

Philibert : Plutôt timide est passionné d’histoire, il souffre de troubles obsessionnels compulsifs et bégaie.

Paulette : C’est la grand-mère de Franck, elle a 83 ans, elle se laisse mourir dans une maison de retraite, elle ne pense qu’au passé.

Récit

Camille est une jeune femme de vingt six ans sans domicile fixe, un jour, elle se présente chez un couple d’amis afin de leur demander de l’aide. Ces amis la recueillent pour la nuit, puis proposent de lui prêter une chambre de bonne qu’ils possèdent dans un immeuble. Camille accepte et s’installe dans la chambre sans chauffage ni toilettes.

Au début du roman Camille refuse de voir la vérité en face et se réfugie dans le déni de ses difficultés. Elle se refuse à éprouver des sentiments pour les autres afin de ne pas souffrir comme elle a pu souffrir dans son enfance, en raison du suicide de son père et de l’attitude égoïste de sa mère.

Un jour elle fait la connaissance d’un de ses voisins, Philibert.

Philibert est un aristocrate, il vit dans un appartement de plus de trois cents mètres carré appartenant à sa famille. Maladivement timide, il accepte l’invitation à dîner de Camille. Lorsque qu’il se rend compte des conditions de vie de la jeune femme il s’en inquiète. Un soir de grand froid il se rend chez Camille, il la découvre malade et inconsciente. Philibert décide d’installer Camille chez lui.

Son colocataire Franck ne voit pas d’un bon œil cette arrivée, il ne supporte pas que Philibert ne lui en ai pas parlé avant de prendre cette décision. Il défend avec force ses privilèges et son territoire chèrement gagné. Il a un comportement agressif et s’oppose à la venue de Camille.

Camille rétablie, reprend le travail, mais n’envisage pas pour autant de quitter l’appartement de Philibert et malgré l’agressivité de Franck elle se sent bien dans l’appartement. Peu à peu elle reprend goût à la vie, Franck recherche le conflit en permanence, il souhaite le départ de Camille.

Les fêtes de fin d’année approchent. Alors que Philibert part dans sa famille, Camille et Franck se retrouvent seuls.

Franck commence à éprouver des sentiments pour la jeune femme. Il lui propose de venir travailler au restaurant le soir du 31 décembre, Camille accepte. Elle découvre Franck dans un autre milieu, Franck est respecté par ses collègues.

Franck propose à Camille de l’accompagner le week-end suivant chez des amis agriculteurs. Sur le chemin du retour Franck décide de rendre visite à Paulette sa grand-mère. La vieille dame est ravie de rencontrer Camille et elle s’entende tout de suite à la perfection.

A l’occasion de l’anniversaire de Camille tout le monde se retrouve au restaurant, ils passent tous une très bonne journée, mais reconduire la vieille dame à la maison de retraite est un déchirement. Ils décident donc de l’emmener avec eux vivre dans l’appartement.

Vivre à quatre est un parcours du combattant, chacun avec son caractère, ses exigences, ses désirs et ses passions.

Après lui avoir raconté sa vie, Camille cède aux avances de Franck : c’est le début d’une liaison.

Philibert rencontre une jeune femme Suzy qu’il épouse.

L’état de santé de Paulette se dégrade et, un jour, au moment de sa sieste, elle ne se réveille pas.


Le regard du médiateur

« Ils se donnèrent la main en remontant à la surface. La main c’est bien. Cela n’engage pas celui qui la donne et ça apaise beaucoup celui qui la reçoit… »

Les signes de reconnaissance sont nombreux, la médiation se fait à plusieurs, quatre vies différentes se rencontrent…

Le principal conflit est entre Camille et Franck, ils s’affrontent, se dénigrent… Franck protège son territoire tel un loup protégeant sa tanière.

La médiation se déroule en 3 parties :

1- Pour Camille avoir des cailloux dans le ventre cela donne un goût de gravier, elle est sans cesse en recherche de reconnaissance. Philibert apporte cette reconnaissance et le confort vital.

2- Pour Franck « garde le ton petit sourire de merde, j’en veux pas… », « garde le ton sourire à la noix, j’en veux pas, c’est pas ça que je te demande ! Moi je demande de vivre, merde ! Pas de me sourire ! Y a les bonnes femmes de la météo pour ça… Il est dans le déni ! Son miroir ne réfléchit pas dans le bon sens. Il est dans l’adversité.

3- La grand mère écoute, elle travaille à l’altero-centrage, elle aide à la résolution du conflit : «  Va, cours, vole, et monte vers ton destin, mon enfant. » Une réflexion : où s’arrête le respect de l’autre et ou commence la raison de non assistance à personne en danger ?

Le livre d’Anna Gavalda sert la raison dans le conflit, elle donne un sens au verbe « aimer ».

On peut réfléchir au titre du livre « Ensemble » qui réunit les personnages, il est d’ailleurs à la mode : « Ensemble » n’est-il pas le leitmotiv de la majorité d’un peuple qui a choisi l’union, le mieux vivre ensemble ? …

Conclusion

Ensemble, c’est tout est un livre contemporain, de nombreux problèmes sociétaux propre à notre époque y sont évoqués :

Le travail, la colocation, la vieillesse, la détresse, les relations humaines.


Définition de « après ou avant le calme, la tempête » :

Après un ouragan le temps est souvent magnifique. La peur, l’inquiétude, l’enthousiasme, la confiance et le doute.

Le calme peut annoncer une décision finale, un sentiment que le doute et la peur ont été complètement vaincus.

Sur un niveau spirituel la tempête représente des moments de notre vie où nous nous sentons perdus, confus, incertains ou peut être déchirés par notre propre égoïsmes.


Divers

Claude Berri réalisateur a décidé de porter à l’écran ce roman. Ensemble, c’est tout sorti en salle en 2007, il a réuni parmi les acteurs principaux Audrey Tautou, Guillaume Canet, Françoise Bertin et Laurent Stocker.

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