Ethique et déontologie

De WikiMediation.

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Une réflexion, proposée par Ivan Martin

Je m’arrêterai d’abords sur le Code d’Ethique et de Déontologie du Médiateur, pour ensuite si possible élargir sur une réflexion thématique plus générale.

Sommaire

Le miroir du médiateur

Le Codéome me semble être un juste retour de l’influence du médiateur sur les personnes qu’il accompagne ; Le devoir d’une application sur lui-même des principes que le médiateur prétend appliquer sur une situation et, de façon implicite, sur autrui.

Ce code d’éthique serait-il une science à laquelle le médiateur s’obligerait afin de mesurer sa passion et, par voie de conséquence, son intempérance, un moyen d’accorder sa fonction le plus justement possible aux quatre piliers fondamentaux que sont l’indépendance, la neutralité, l’impartialité et la confidentialité, et de modérer son attitude pour donner à son comportement les qualités de la tempérance pour lesquelles il est précisément en fonction ?

Adict et nique au mac

« Le fait pour les intempérants de parler le langage découlant de la science n’est nullement un signe qu’ils la possèdent. »… Le Codéome est peut-être alors une manière pour les médiateurs « d’intégrer à leur nature » cette « science » dont parle Aristote (Ethique à Nicomaque), qui me semble convenir tant aux techniques de la médiation qu’à leur Code.

Concrètement cela signifie que Le Codéome recadrerait, recentrerait et reformulerait les propos et le comportement du médiateur, tout en s’orientant vers le changement, vers de nouveaux possibles, vers de nouvelles propositions et solutions.
Il se centre même sur les aspirations du médiateur, en les lui rappelant, ce qui revient à dire qu’il va jusqu’à « s’altéro-centrer » sur le médiateur… En fin de compte, ce code d’éthique et de déontologie renvoie à la conscience du médiateur tout ce qu’il montre et transmet aux autres. Cela pourrait aussi ressembler à un filtre anti-corruptif à travers lequel serait découragé l’égo accro qui voudrait « faire le mac »(…)

Ouverture sur le changement

Puisque « C’est par le temps » que s’intègre la science (Aristote), ce code, lui-même porteur de recherche du changement, devient le meilleur allié du médiateur.

On pensera donc par ailleurs à la considération du changement comme meilleur allié D’ailleurs parmi les thèmes fondateurs de nombreuses philosophies de par le monde. ( Toltèques ; Grecques ; Taoïstes ; Bouddhistes ; Comportementalistes et autres philosophies occidentales ; et que sais-je encore… )

Maintenant, en quoi cette réflexion limitée sur le Codéome pourrait elle nous ouvrir à l’éthique et à la déontologie en général ?

Justesse de la médiation

Pour éviter l’écueil de l’épilogue sur le changement et l’impermanence, on se rappellera plutôt que la médiation est une des positions les plus nobles qu’il soit, de par le caractère inconditionnel de ses choix et fonctions, c’est à dire de l’attitude et du comportement qu’elle implique et exige.

L’intensité, la précision et la discipline contenus dans cette position « médiale » rapprochent et identifient de façon très similaire l’éthique et la médiation, l’une pouvant être la pensée et l’autre l’application de cette pensée. Ainsi la médiation serait la concrétisation de l’éthique, en tant que discipline de la conduite, science du comportement.
N’est-ce pas là ce à quoi se sont essayés les hommes depuis la nuit des temps, dans leur recherche du bonheur et du sens ? Alors la médiation serait - elle révolutionnaire ? Et si oui, la déontologie ne serait-elle pas le moyen de faire de cette révolution un mouvement d’ensemble accueilli, intégré ? Possible, car la déontologie définit un exercice professionnel face à ses devoirs, et c’est précisément ce qui en fait une activité reconnue, donc respectée (et ainsi considérée, ce qui nous intéresse) .

La raison d’être

Maintenant ; Que représentent ces notions d’éthique et de déontologie en dehors de la médiation ? Il semblerait que considérées autrement qu’à travers la perspective médiale, ces deux notions soient associées à une troisième, bien étrangère à la médiation ; La morale.
Un peu comme si l’on perdait le sens, et surtout la raison d’être de l’éthique et de la déontologie… En effet il n’est pas nécessaire de savoir pourquoi faire telle ou telle chose si la morale nous la préconise puisque c’est précisément sur l’autorité de cette morale qu’on s’appuie pour agir, pour l’appliquer. A contrario, l’éthique et la déontologie de la médiation se basent sur un raisonnement précis et conséquent, qui ne tient pour aucune autre autorité que la raison elle-même les fondements de son éthique et de sa déontologie…

Droit moral et juste éthique

Alors ; Médiation, éthique et déontologie font-ils bon ménage ? Je dirais que tant qu’ils sont considérés tous trois comme une conscience du raisonnement, ils sont inséparables.

La difficulté étant peut-être de considérer les conséquences apportées par la raison, mais sans y ajouter d’autre valeur que celle de la neutralité, laissant loin la morale, car il me semble que c’est bien là que pourait se faire toute la différence entre le droit et la justice …/…

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