Fiche de lecture : Le Discours de la Servitude Volontaire (Etienne De La Boétie)

De WikiMediation.

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LE DISCOURS DE LA SERVITUDE VOLONTAIRE


Contr’un ou le Discours de la servitude volontaire, écrit par Etienne de La Boétie et publié en 1574, est considéré comme un traité politique de l’humanisme, il pose le paradoxe sur la condition humaine qui éprise de liberté et accepte de se soumettre à l’autorité d’un tyran, et le terme même de « SERVITUDE VOLONTAIRE » traduit ce paradoxe.

Ce livre met en question aussi la théorie du « Contrat social » sur la nature Sociale de l’homme qui renonce volontairement à sa liberté individuelle pour gagner sa liberté civile. On peut ainsi considérer ce livre comme un précurseur intellectuel de l'anarchisme et même lui attribuer la propagation de désobéissance civique. Etienne de la Boétie pense que cet état de soumission est lié à un phénomène historique qui est la naissance de L’Etat, contrairement à Rousseau et son « Contrat Social » qui pense que l’homme a sacrifié sa liberté, volontairement, pour vivre dans une société avec des règles préétablies.


Le regard de Médiateur :

En tant que futur médiateur j’ai essayé de porter un nouveau regard sur l’existence de la soumission du peuple à un tyran (terme désignant le monarque mais qui peut être aussi associé à celui qui a la charge de l’Etat). Cette organisation sociale de l’homme a conditionné les rapports dominants/dominés, entrainant ainsi l’émergence des conflits.

Cet ouvrage en rapport avec ma formation en « Médiation Professionnelle » me rappelle deux principes qui sont l’Altérité et l’Adversité. Comme Etienne de la Boétie oppose l’état naturel de l’homme a celui de sa soumission, pour moi l’altérité se rattache à l’état naturel et l’adversité a l’état de soumission. A l’état naturel, l’homme est libre et vit dans une égalité fraternelle, et l’état de servitude selon De la Boétie est contre sa nature et naturellement devient une adversité.

N’ayant aucun rapport de force social ou de lois créant un cadre contraignant, l’altérité se trouve normalement dans les relations naturelles de l’homme. A l’état nature la société est égalitaire et en étant dominé par un tyran, un ordre social hiérarchisant (système) se met en place et entraine avec lui un système totalitaire. L’existence de cet état dominant/dominé qui se met en place, n’est-ce pas le commencement et le départ de l’adversité ? Car l’homme dominé se sent frustré de plus en plus par la pérennité de la tyrannie qui s’installe et qui contrôle la société.

Dans ce cas le rôle du médiateur est de chercher à développer l’altérité et de d’essayer de réveiller l’individu qui a oublié sa liberté en se soumettant par la servitude, et le médiateur doit l’aider à sortir de cet état de l’habitude avéré.

Dans le cas de cet ouvrage, je découvre aussi le Triangle de Karpman, avec le peuple dans le rôle de Victime, le Tyran dans le rôle de Persécuteur, et Etienne De la Boétie dans le rôle de Sauveur, qui propose des solutions dans le conflit entre le peuple et le tyran malgré lui.

De la Boétie qui essai de réveiller la prise de conscience des concitoyens pour sortir de cette situation de servitude en disant : « Soyez donc résolus à ne plus servir et vous serez libres. Je ne veux pas que vous le heurtiez, ni que vous l’ébranliez, mais seulement ne le soutenez plus, et vous le verrez, comme un grand colosse dont on dérobe la base, tomber de son propre poids et se briser ».

Il continue ainsi : « Levons les yeux vers le ciel pour notre honneur ou pour l'amour de la vertu, mieux encore pour ceux du Dieu tout-puissant, fidèle témoin de nos actes et de nos fautes [...] je pense, puisque rien n'est plus contraire à un Dieu bon et libéral que la tyrannie, qu'il réserve là-bas tout exprès, pour les tyrans et leurs complices, quelque peine particulière ».


Conclusion :

Malgré ma préférence personnelle pour la lecture du livre de « Contrat Social » de Rousseau, qui analyse le problème de pouvoir, de bas vers le haut contrairement à Etienne de la Boétie qui a un regard sur le pouvoir de haut vers le bas, je trouve que le regard de médiateur par son interprétation peut changer la nature même du conflit. L’homme n’aime pas être dominé mais il pourra être dominé par la force du système. L’homme est libre par sa nature, mais il pourra le perdre par la force du système. En réalité l’homme est dominé par le système qui a créé lui-même.

Sur un point de vue « Etienne de la Boétie » à raison quand il pousse le peuple à communiquer ensemble afin de créer une force contre le tyran. Je pense également qu’à la base, c’est la communication interrompue entre le peuple qui a facilité sa domination par le tyran et non pas sa volonté de servitude. Rétablir la communication entre le peuple, c’est aussi rétablir la paix sociale.


--Farshad 25 septembre 2013 à 09:48 (CEST)

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