Fichier:Synthèse Kirikou.doc

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Synthèse_Kirikou.doc Taille du fichier : 32 Kio, type MIME : application/zip

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1- L'histoire
« Kirikou et la sorcière » conte la légende d’un petit garçon né dans un village africain. Ce village est confronté aux pouvoirs d’une méchante sorcière, Karaba, qui mange tous les hommes qui partent la combattre, et qui pille régulièrement les ressources du village. Kirikou naît dans des circonstances particulières : il réclame de naître quand il est encore dans le ventre de sa mère, et est un tout petit garçon qui parle, marche et court dès sa naissance. Tout de suite, Kirikou demande à sa mère et aux villageois qui sont résignés à subir la tyrannie de la sorcière : « Pourquoi la sorcière est-elle méchante ? Est-ce qu’il y a une raison ? ». Kirikou va avec son dernier oncle survivant vers l’antre de la sorcière et parvient à le faire revenir vivant. Ensuite, Kirikou fait tout ce qu’il peut pour empêcher la sorcière de parvenir à ses fins, notamment quand elle veut enlever les enfants du village. Quand il réussit un exploit, il est célébré par le village. Mais quand il fait une nouvelle tentative pour contrarier les desseins de la sorcière, il se heurte à l’hostilité des villageois qui ne veulent pas mécontenter la sorcière. Ainsi en est-il quand il parvient à résoudre l’énigme de la source dite maudite du village qu’il parvient à réalimenter en eau en tuant, au péril de sa vie, le monstre qui boit toute l’eau de la source. Toujours soucieux de savoir pourquoi la sorcière est méchante ; Kirikou, après mille péripéties, parvient à échapper à la surveillance de la sorcière et de ses esclaves, les fétiches, et parvient à atteindre la « grande termitière » dans laquelle réside le sage du village, son propre grand-père. Aux questions que Kirikou lui pose, le sage lui explique que le monstre qui buvait toute l’eau de la source n’était pas une créature de la sorcière, mais un petit animal qui s’était introduit dans la grotte de la source et qui devait boire de plus en plus au fur et à mesure qu’il grandissait ; que la sorcière n’a pas mangé les hommes du village, mais qu’elle le laisse croire pour assurer son emprise sur le village ; que si elle est méchante, c’est parce qu’elle a une épine empoisonnée plantée dans son dos qui la fait souffrir en permanence. Son grand-père explique à Kirikou que la sorcière peut dominer les hommes qui font confiance à un gri-gri, car elle en a de plus puissants, mais qu’elle est désarmée face à l’innocence.

Kirikou décide de délivrer la sorcière de son épine contre son gré. Il l’attire à l’extérieur de sa case et parvient, par surprise, à lui arracher l’épine empoisonnée de son dos avec ses dents. Dès cet instant, la nature qui était morte autour du domaine de la sorcière reprend vie. Quand Karaba, délivrée de son propre maléfice, demande à Kirikou ce qu’il veut en récompense de ses bienfaits, celui-ci lui répond qu’il veut l’épouser. Karaba lui rétorque qu’il est trop petit. Mais quand elle accepte de lui faire un baiser, Kirikou se transforme en un beau et grand jeune homme. Voulant annoncer la bonne nouvelle aux villageois, Karaba et Kirikou se heurtent à l'incrédulité de ceux-ci. Ils refusent de croire que le grand jeune homme qui est devant eux est Kirikou, et que Karaba n’est plus une sorcière. Il faut que la mère de Kirikou le reconnaisse pour que les villageois croient ce qu’il dit. Mais toute la rancœur du village contre la sorcière s’exprime alors, et Karaba manque d’être tuée quand les hommes du village, qui avaient été réduits en esclavage, mais pas mangés par la sorcière, réapparaissent, accompagnés par le grand-père de Kirikou. Ainsi, la paix revient au village, et on se doute que Karaba et Kirikou se marièrent et ….

2- Le regard du médiateur
La situation décrite est celle d’un groupe de villageois résignés face à la tyrannie d’une sorcière et qui refuse a priori toute tentative de mettre fin au maléfice, ce qui heurterait l’ordre établi par la terreur. Or, chaque exploit réalisé par Kirikou a pour but de briser les chaînes de la peur et du fatalisme qui entravent la volonté des villageois. A l’inverse des villageois, Kirikou se recentre sur le personnage de la sorcière et cherche à comprendre les vraies raisons qui dictent sa conduite. Au lieu de se placer sur le terrain de l’adversité, comme l’ont fait les hommes du village partis combattre la sorcière et supposés avoir péri, il choisit celui de l’altérité en cherchant à comprendre pourquoi Karaba est méchante. Celle-ci est elle-même prisonnière de son état. Elle refuse de se faire enlever l’épine empoisonnée qui la fait souffrir pour au moins deux raisons : elle se satisfait de ses pouvoirs et sait que l’arrachage de l’épine lui infligera une douleur intolérable. Quant à Kirikou, qui a libéré aussi bien le village que Karaba de leurs chaînes, le succès de sa démarche le fait grandir d’un coup et le fait accéder au statut d’adulte. Ayant trouvé une issue au conflit qui opposait Karaba au village, il assure la paix et la prospérité de ce dernier. Dans cette histoire, tous les critères de la médiation ne sont pas réunis. Kirikou est un médiateur entre le village et la sorcière qui élabore la solution au conflit et l’impose aux deux parties. Ce n’est pas la sorcière qui lui livre les secrets de son état, mais son grand-père. Celui-ci est à même d’expliquer à Kirikou tant les raisons de Karaba que celles du village. Il est l'expert dont le médiateur peut avoir besoin.

Pour autant, les principaux éléments d’une médiation sont présents : - L’identification des chaînes, qui, à l’instar des habitants de la grotte décrits par Platon dans l’allégorie de la caverne, paralysent les villageois et Karaba, suscitent leur refus d’en être délivrés, et les font souffrir quand ils en sont libérés. Le hurlement poussé par Karaba quand Kirikou lui arrache l’épine du dos symbolise cette souffrance. Tant que leurs yeux ne sont pas habitués à la lumière crue de leur nouvel état de liberté, les habitants du village restent incrédules, et s’apprêtent à faire un mauvais sort à Karaba, ne serait-ce que pour conjurer leurs peurs. Il faut le retour des hommes du village pour les convaincre que le nouvel état créé par les exploits de Kirikou est plus favorable que l’ancien. - Le conflit entre le village et la sorcière se résout grâce à l’intervention d’un tiers, en l’occurrence Kirikou qui refuse de s’accommoder de la situation qu’il trouve à sa naissance. - Le choix de Kirikou de ne pas s’en tenir à l’adversité dont il use en s’opposant aux projets de la sorcière, mais de résoudre le conflit en se référant au principe de l’altérité, et le résultat qu’il en obtient, montrent la pertinence de cette posture pour résoudre un conflit. Kirikou a de fait mis en œuvre le précepte de Descartes «  je pris un jour la résolution d’étudier aussi en moi-même, et d’employer toutes les forces de mon esprit à choisir les chemins que je devais suivre ». C’est ce que Kirikou fait symboliquement en cheminant sous le repère de la sorcière, non sans rencontrer des obstacles et des dangers, pour rejoindre la « grande termitière » dans laquelle réside son grand-père et obtenir ainsi la réponse aux questions qu’il se pose. S’il avait écouté les villageois, et s’il n’avait pas convaincu sa mère de l’aider, il n’y serait jamais allé. - Kirikou a su se délivrer des prêts d’intention, interprétations et contraintes qui dictaient leur comportement aux villageois qui ne connaissaient pas les raisons de la méchanceté de Karaba et ne cherchaient pas à les connaître en se donnant les moyens d’aller interroger le grand-père de Kirikou. - En résolvant l’énigme de la sorcière, en permettant aux hommes du village de revenir et en épousant Karaba, Kirikou favorise l’émergence d’une solution au conflit du type « reprise », et établit au village satisfaction, harmonie et équilibre. C’est ainsi que, de la sagesse des anciens Grecs à celle des sages africains, les principes de la médiation « comportementaliste » montrent leur efficacité et leur validité dans le temps et dans l’espace.

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actuel12 septembre 2012 à 09:23Pas de miniature (32 Kio)Guy SNANOUDJ (discuter | contributions) (Kirikou et la sorcière vu par un médiateur)
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