Florence Moulin

De WikiMediation.

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Florence Moulin


Florence Moulin est titulaire du CAP'M

Sommaire

Parcours professionnel

EXPERIENCE PROFESSIONNELLE

EXPERIENCE EN TANT QUE TRAVAILLEUR INDEPENDANT :

2007 à ce jour Création et Direction de la Société de Presse Légale : FDF EDITIONS Revue créée : LE LEGIS (Martinique)

2002 à ce jour Création et Direction de la Société de Presse Légale : ALFA EDITIONS Revue créée : LE PROBANT (Guadeloupe)

EXPERIENCE EN TANT QUE SALARIEE :

2000-2002 Maître DUMOULIN, POINTE À PITRE. Mandataire Judiciaire chargé de la Liquidation des Entreprises Responsable Adjoint des Salariés, Etude de Bilans, Assistance dans le suivi des dossiers et rédaction de rapports destinés aux Juges Commissaires …

Formation

  • 2011-2012 : Ecole Professionnelle de la Médiation et de la Négociation de Bordeaux.
Formation de 104 heures dite « CAP’M » à Fort de France.
  • 1999-2000 : Institut d’Etudes Judiciaires de Perpignan
  • 1998-1999 : Groupe Sciences Pô, Ecole de Bordeaux
Institut d’Etudes Judiciaires, Université de Bordeaux
  • 1997-1998 : Maîtrise de Droit Privé, Perpignan,
Certificat d’Etudes Européennes, Perpignan,
  • 1996-1997 : Licence Droit Privé, Perpignan,
Certificat d’Etudes Judiciaires, Perpignan,
  • 1994-1996 : DEUG option Droit Privé, Université de Perpignan,
  • 1993-1994 : Baccalauréat « Lettres Langues », Académie de Montpellier.

Article(s) publié(s) sur WikiMediation

Si vis pacem, para pacem « Si tu veux la paix, prépare la paix » De la nécessité d’un processus structuré pour une issue aux conflits

Etude comparée basée sur l’ouvrage « L’Art de la paix», coécrit par Michel Rocard, et J.Garrisson, aux éditions Atlantica, publié à Paris, en 1997.

Michel Rocard, ancien Premier ministre de la République française est actuellement membre au sein du Parlement européen d’une cellule de prévention des crises. Dans le cadre de ses fonctions, il a notamment participé au processus de décolonisation en vue de l’indépendance de l’Algérie ainsi qu’à la pacification en Nouvelle-Calédonie. L’art de la paix est publié à l’occasion de la commémoration de l’Édit de Nantes, le traité de paix mis en place en France par Henri IV en 1598 et qui, en établissant la liberté de culte, de « conscience », mit fin aux incessantes guerres de religion qui divisaient la France depuis presque quarante ans. Michel Rocard se sert de l’Édit de Nantes comme point de départ d’une réflexion plus profonde sur la paix et les moyens qu’il est possible de mettre en œuvre pour l’imaginer, la construire, l’établir. Il présente ainsi une méthode, des règles, un processus. Michel Rocard relit l’Edit de Nantes : « J’ai lu. Vous allez lire. Stupéfiant document », écrit-il. Il précise qu’il s’agit du 9ème édit signé depuis le début des guerres de religion, mais c’est le seul qui tient. Pourquoi ? Il est stupéfait par la méthode employée à l’époque pour aboutir à la signature du Traité, l’Edit de Nantes constitue un véritable modèle opératoire de l’art de la paix. Il fait alors le constat suivant : « L’art de faire la paix répond à des règles étonnamment constantes». Le médiateur verra immédiatement les multiples pistes de réflexion induites par cet ouvrage. J’ai choisi de comparer la théorie des « règles de l’art de faire la paix » avec notre processus de résolution des conflits… Et, par extrapolation, de savoir si le médiateur peut finalement être un « artisan de la paix ».


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Dès la prise en main du livre, le lecteur est impliqué. Il doit faire un choix : c’est un livre à double entrée. 2 textes, tête-bêche. Et aucune indication quant au sens dans lequel le prendre…Cela me séduit d’emblée : en tant que médiateur, je veille à toujours préserver la liberté de choix des personnes, je n’oriente à aucun moment vers telle ou telle décision. Le libre choix dès la présentation de l’ouvrage, mais on est forcé de s’impliquer. Avant d’étudier le processus proprement dit, comparons en premier lieu les termes, le jargon, ceux employés dans le livre sont ils « compatibles » avec ceux employés en médiation ?

Les mots de « l’art de faire la paix » et les mots de la médiation

L’Art de la paix : L’art est défini par le dictionnaire comme : Un « ensemble de connaissances organisées et éventuellement théorisées, mais en fonction d’une pratique, d’une utilité sociale », Un « métier supposant des connaissances et des pratiques spécifiques qui réclament un apprentissage ». La première partie de la définition peut parfaitement s’appliquer à la Médiation, il s’agit bien d’un ensemble de règles organisées en fonction d’une pratique et d’une utilité sociale. Même s’il existe différentes pratiques de médiation, (judiciaire, conventionnelle, culturelle) et donc différentes règles et processus. La seconde partie est l’objectif vers lequel tendent la plupart des médiateurs, faire en sorte que la médiation soit effectivement reconnue comme une profession, un métier. La question de savoir si la reconnaissance doit passer à la fois par les pouvoirs publics et par la création d’un diplôme d’état est un autre débat mais selon les différents « corps constitués » de médiateurs, ce diplôme d’état de médiateur familial n’apparaît pas comme une réponse satisfaisante.

Le processus est une dynamique : il comporte un certain nombre d’étapes, dont la finalité est la signature du traité. J’adhère à cette définition du processus, ainsi qu’à sa finalité, même si nous ne dirons pas « signature du traité » mais plutôt obtention d’un accord des personnes liées au conflit.

Le traité met fin à l’état de guerre, mais en même temps il doit ouvrir un avenir. L’art de la paix consiste essentiellement dans la capacité à ouvrir cet avenir. En médiation l’accord met fin au conflit, et projette les protagonistes dans l’avenir, lorsqu’ils décident du rétablissement, de la rupture ou de l’aménagement de leur relation. Le médiateur les aide à clarifier leurs positions respectives pour un aménagement pérenne des solutions qu’ils souhaitent mettre en œuvre.

Les étapes du processus

Michel Rocard identifie quatre étapes « nécessaires », indispensables dans le processus : – Vouloir la paix – Briser le tabou majeur – Négocier – Equilibrer, ce qui permet de fonder. Nous les rapprocherons une à une pour constater que les deux premières peuvent être compatibles avec notre processus de médiation, tandis que les deux dernières sont contraires au processus de médiation.

Vouloir la paix et faire le choix de sortir du conflit.

Selon M. ROCARD, vouloir faire la paix n’est pas naturel, il s’agit d’une construction, d’une activité humaine. C’est un phénomène artificiel qui fait appel à l’intelligence et à l’engagement. La construction de la paix exige volonté, détermination et discipline. En ce sens, l’auteur propose également une réflexion, une analyse plus profonde sur le conflit en général et les clés de compréhension indispensables à sa résolution, notamment la conscience.

En médiation, on nous enseigne que l’homme est naturellement tendu vers l’harmonie, il ne cherche qu’à satisfaire ses besoins, et à préserver l’équilibre avec les autres et le monde. Au fond, nul ne souhaite rester dans le conflit, et donc veut en sortir. Le problème c’est que les méthodes habituellement répandues et utilisées pour ce faire ne sont ni satisfaisantes ni même efficaces. On ne sait comment faire autrement. Bercés selon les règles ancestrales de l’adversité, nous sommes quasiment programmés pour entrer en conflit mais totalement démunis lorsqu’il s’agit d’en sortir. Or, naturellement, spontanément, les parties sont entrées en conflit par maladresse, puis les prêts d’intention se sont installés, les mauvaises interprétations, le sentiment de contrainte et la surenchère sont là. Pour sortir du conflit, il faut le décider, et choisir de venir en médiation.

Briser le tabou majeur et le « lâcher prise »

Parmi les conditions pour construire la paix, Michel Rocard nous propose un élément original, il faut briser le tabou majeur. Le tabou majeur, c’est l’élément symbolique qui cristallise le conflit, le nœud qui en empêche toute résolution, un fait dominant a priori non partageable autour duquel s’organise le conflit ». À travers l’Édit de Nantes, l’auteur montre qu’Henri IV a su briser le tabou majeur, à savoir l’unicité de la religion au sein du royaume de France. Henri IV va donc aboutir à la théorie de la liberté de conscience, ce qui va permettre de mettre un terme aux guerres de religion. Ce n’est donc qu’à la condition de briser ce tabou majeur, en dépassant ce qui paraît insurmontable, qu’une paix de compromis pourra se mettre en place et s’instaurer. Briser le tabou majeur constitue ainsi un aspect fondamental de la résolution des conflits quels qu’ils soient. L’exemple contemporain que nous donne l’auteur est l’exemple sud-africain avec Frederik de Klerk et Nelson Mandela. En effet, Frederik de Klerk, président de l’Afrique du Sud au début des années 1990, a décidé de mettre fin au système d’apartheid et permis la libération de Mandela, il a su renoncer au tabou majeur qu’était la politique d’apartheid et qui cristallisait le conflit pour y mettre fin.

Le lâcher prise, que tous les médiateurs stagiaires se représentent grâce à l’histoire du singe qui, en refusant de lâcher le fruit dans la bouteille, perd un bien plus précieux encore : sa liberté. En médiation, faire lâcher prise, c’est permettre l’inimaginable discussion, ouvrir le champs des possibles pour trouver une solution la moins perdante possible pour les protagonistes au conflit, qui retrouveront ainsi leur liberté relationnelle. C’est donc là aussi, la condition de résolution du conflit, et aussi la conséquence du travail de désamorçage des émotions qui aura été mené en amont par la médiateur.

Négocier la paix ou Accompagner vers une solution

L’auteur indique comme préalables à la négociation plusieurs conditions de temps, (il précise que le travail de négociation est long voire très long), de discrétion (il plaide pour un secret absolu mais reconnaît qu’il est difficile à mettre en œuvre), de confiance mutuelle (entre les personnes à la négociation) et enfin, le droit. C’est à dire que les dispositions adoptées doivent être conformes aux systèmes juridiques de chaque partie, quitte à modifier ou à adapter ces systèmes. (L’Édit de Nantes qui a réorganisé de fond en comble l’appareil judiciaire royal.) Ces 4 conditions préalables ne se retrouvent pas en médiation : - Ni le facteur temps : une médiation peut aboutir en 3 séances, comme en 3 mois. - Ni le critère de discrétion : en médiation c’est confidentialité totale et secret absolu, une médiation ne peut aboutir sans ce critère, les parties doivent être assurées de pouvoir parler librement. Le critère de conformité à l’ordre public ou de non dénonciation d’un crime doit s’appliquer mais devra être mené par la chambre syndicale et non par le médiateur seul. - La condition de confiance mutuelle n’est pas plus pertinente en médiation : les parties sont en conflit, comment pourraient elles se faire confiance ? Par contre, il est nécessaire qu’elles puissent placer leur confiance dans l’action et la capacité du médiateur à les accompagner vers une issue. - Quant au critère de conformité au droit, peu importe en médiation, tant que les parties sont d’accord, qu’une règle de droit vienne ou non corroborer leur décision, elles choisissent leur propre loi, celle qui leur convient à toutes les deux. L’homologation par le juge même, peut ne pas les lier si elles ne le souhaitent pas. Seule la loi des parties est « légitime ».

Pour fonder une paix durable : Rechercher l’équilibre ou Rester neutre ?

L’Edit nous donne sa définition de l’équilibre : « le texte devra parler également aux deux parties et expliquer à chacune les raisons spécifiques qu’il y avait pour elle de concéder à l’autre, tout en la rassurant sur son identité profonde et le surcroît de grandeur qu’elle peut trouver à traiter avec générosité ». La médiation est elle la recherche d’équilibre de la solution ? Clairement la réponse est non. Nous nous devons de rester parfaitement neutre quant à la solution choisie par les personnes au conflit, adopter une autre posture serait contraire à la mission même du médiateur. La recherche d’équilibre, d’équité, est la mission du juge, du conciliateur, de l’arbitre, mais pas du médiateur. Car cette recherche implique un jugement de valeur, ce que ne peut s’autoriser le médiateur sans se départir de ses leitmotivs : indépendance, impartialité, neutralité, confidentialité. Le médiateur doit accompagner les parties dans leur réflexion profonde sur l’accord trouvé, à se projeter dans le futur, à anticiper les prochaines difficultés. Quant à la seconde partie de phrase, « tout en la rassurant sur son identité profonde et le surcroît de grandeur qu’elle peut trouver à traiter avec générosité ». En médiation, nous accordons une grande importance à la reconnaissance et à la légitimité de point de vue. C’est par le défaut de ces deux concepts que le conflit éclate. La deuxième partie de la phrase est donc compatible.

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Finalement, « l’art de la paix » comme la médiation englobe différentes théories, techniques et savoir-faire ; et en même temps il les dépasse. Car, au delà des théories, ce qui fait le succès de ces techniques, c’est bien la créativité et le talent de ses protagonistes, c’est bien le facteur humain qui est déterminant dans la volonté de faire la paix. Alors, en ce sens, oui, les médiateurs sont bien des « artisans de la paix » et nous formons le voeu, avec Michel Rocard, que, « Dans les temps d’incertitude que nous vivons aujourd’hui, où tant d’institutions semblent dépassées, ankylosées, incapables de faire face à leurs responsabilités réelles et d’assurer la paix et l’harmonie du monde, les conditions d’émergence d’idées et de formes sociales nouvelles soient un objet d’études de 1ère importance ».

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