Illusion intellectuelle

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Voici une liste avec les explications des idées toutes faites et mal ficelées qui, venant de n'importe où, sont brinquebalées en médiation, ce qui fait de la médiation le terrain privilégié de l'exercice de toutes les incompétences.

Il existe des illusions d'optiques, des illusions auditives, telles que les mots valises peuvent en fournir, mais aussi d'autres sortes d'hallucinations ou illusions auditives à écouter. A celles-ci, il est possible d'ajouter les illusions intellectuelles classables dans la grande famille des lieux communs et des idées reçues.

J'ai choisi de lister ici les idées fumeuses traînées en médiation. Elles proviennent de n'importe quelle représentation, sans vérification bien sûr, sinon ça n'aurait pas de charme.

Il convient également de se reporter à l'article sur les Mystifications intellectuelles et à la rubrique : Vocabulaire de la médiation professionnelle.

Vous pouvez m'aider à faire la chasse à ce type d'idées en les glissant dans cette page ou dans la page de discussion associée.

Le concept d'illusions intellectuelles peut regrouper, en médiation, les idées faussement bonnes véhiculées avec une apparence séduisante mais inadaptée à la réalité de la médiation appliquée à la résolution des différends et surtout des conflits.

Il s'agit notamment de concepts transposés de la dynamique de Réflexion en adversité que les amis de la médiation piochent dans les idées reçues de la morale et du droit.

Sommaire

Illusions de type spiritualité

Le conflit, une opportunité pour grandir

Nous pouvons trouver ce non-sens, jouant volontairement de paradoxe, dans certains discours s'inspirant de certaines conceptions de la sagesse asiatique. Cette illusion intellectuelle provient de la gentille situation de personnes qui n'ont vécu que des conflits sans conséquence physique. Un conflit aurait quelque chose de positif et il faudrait le trouver. Une guerre ? Ha, non, pas ce genre de conflit. Bref, les gentils conflits peuvent être positivés...

Illusions de type juridique

Une décision judiciaire ne se discute pas

Une décision de justice ne se discute pas : c’est une idée qui s’ancre souvent chez les personnes qui tendent à se soumettre à une décision qui engage leur vie.

La croyance selon laquelle une décision de justice ne se discute pas semble provenir de l’idée qu’il serait interdit de contester une décision rendue par un tribunal, d’autant si elle n’est plus susceptible de recours. Or, en matière civile, les parties ont toute latitude pour mettre un terme à la procédure qu’elles ont initié. Elles peuvent engager une discussion en directe, sans intermédiaire, de manière tout à fait légale, à tout moment, quand bien même y aurait-il une décision en suspens, quand bien même y aurait-il une décision de rendue, et même si l’une des parties vient d’engager un nouveau recours.

En matière judiciaire, les parties sont maîtres du jeu, même si leur conseils juridiques leur indique qu’elles ne doivent plus communiquer directement. La médiation professionnelle est là pour cela : créer la possibilité d’un accord par delà la conflictualité.

Une décision judiciaire au civil, ça peut se discuter, et c’est l’accord entre les parties qui fait loi.

Si un tribunal rend une décision condamnant l’une des parties, celles-ci peuvent trouver un accord différend de ce qui est prévu par la décision judiciaire et c’est cet accord postérieur au jugement qui fera loi entre les parties.

Accès avec libre consentement à la médiation

Contrairement à ce qui est raconté, on ne vient pas en médiation de manière libre. Le conflit est un enfermement fonctionnel. Il nous pousse plus vers l'adversité que vers l'altérité. Il apparaît donc plus pertinent, notamment en matière de conflits judiciarisés, que le juge puisse imposer la médiation avant la poursuite de la procédure.

Il est illusoire de croire que la médiation est un choix fait dans cet état d’esprit du libre consentement. Le libre consentement nécessite d’avoir l’esprit clair, serein… Il est aberrant de prétendre qu’une personne en conflit pourrait avoir cette prédisposition. En conséquence, lui attribuer la capacité de prendre une décision lucide pour résoudre son conflit, en faisant le choix entre aller en justice et aller en médiation, c’est demander à une personne qui s’est sentie humiliée si elle ne voudrait pas que l’autre soit un minimum punie, désavouée, vexée à son tour. Les personnes en conflit sont clairement prisonnières de leur dynamique conflictuelle. On ne va pas de soi-même en médiation, comme on fait le choix d’un type de plat pour se restaurer, tandis qu’on ne fait pas le choix d’avoir faim. Pour résoudre un conflit, on n’a pas le choix, c’est le dialogue qui s’impose. Comme on n’est pas capable de l’entretenir soi-même, on doit nécessairement faire appel à un tiers pour être l’accompagnateur, le régulateur, le faiseur de paix. Lorsque l’on va en médiation, c’est contraint par le conflit et l’entêtement qui replie notre imagination sur des solutions, des interprétations et des attributions de pensée quasi univoques.

La CPMN développe une approche culturelle de la médiation, visant le rétablissement, l'entretien et le développement de la qualité relationnelle. Lors de situations conflictuelles, les médiateurs professionnels, nécessairement membres de la CPMN, mettent en œuvre un processus structuré favorisant la résolution du différend.

La CPMN promeut le libre accord issu d'une réflexion apaisée des parties en conflit, au lieu de promouvoir un système d'arbitrage. Elle initie la clause de sauvegarde de la liberté relationnelle.

Un mauvais accord vaut mieux qu'un bon procès

«Une mauvaise transaction vaut mieux qu’un procès»[1]. Ce type de sentence émane de l'approche judiciaire. Il s'agirait d'une sentence qui serait prononcée pour défendre la médiation de préférence à un jugement. Et pourtant, l'idée apparaît elle-même paradoxale et donne plus envie du procès. Pourquoi choisirions-nous une chose a priori mauvaise ? Si le procès peut être bon, alors pourquoi ne pas le tenter ? Faut-il être bête pour se contenter d'un mauvais accord ... L'application de cette idée en médiation revient à faire croire que la médiation conduirait à un accord de mauvaise qualité, tandis que le procès pourrait être bon. Une médiation, conduite par des professionnels, ne saurait aboutir à un mauvais accord. L'illusion intellectuelle réside dans le sous-entendu voulant que cette sentence pourrait décrire un intérêt de la médiation, car au contraire elle la dessert. Si l'on veut faire échouer l'idée de la médiation, il n'y a pas mieux comme discours à véhiculer.
  1. Arbitrage et médiation, Une percée encore timide, L'économiste du Maroc, 19 juin 2009

Un acte juridico-judiciaire est plus sûr qu'un accord de médiation

En raison du peu de confiance que le système de la polémique et de l'adversité entretient, peu de confiance associé à l'idée précédente, il est logique de vouloir encadrer un potentiel "mauvais accord". L'homologation (enregistrement) d'un accord par un tribunal pour lui donner la valeur de la chose jugée correspond à un état d'esprit de méfiance, de soupçon. C'est-à-dire que les protagonistes sont toujours dans l'adversité. La médiation doit aboutir à un libre accord, c'est-à-dire un contrat élaboré dans un climat de confiance, respectueux de l'Altérité. Il peut être nécessaire d'en faire une rédaction juridique. Mais dans tous les cas, comme pour tout contrat, ne pas oublier la Clause de médiation. Un contrat reste un contrat, un libre accord a la solidité de l'engagement pris dans un contexte donné. Tout contrat, tout accord peut être rompu ou réaménagé. L'enregistrement et l'homologation n'ajoutent rien à la qualité du contrat, sinon une ambiance de soupçon a priori.

==Le contradictoire et la médiation=+

Quid du contradictoire en médiation ? Il convient d’abord de savoir que le contradictoire est un principe essentiel en matière d’action judiciaire. Il permet aux parties de présenter au juge, à tout moment de la procédure, les arguments et contre-arguments pour qu’il puisse prendre une décision éclairée.

Or, en médiation, le médiateur n’est pas là pour décider à la place des parties. Ainsi, contrairement à ce qui est véhiculé dans certains environnements juridiques, le contradictoire n’est pas une notion pertinente en médiation.

Dès lors que les parties ont accepté de participer à une médiation, le système du contradictoire ne peut servir de référence. La médiation a pour effet de sortir le différend de la procédure judiciaire. De fait, les parties se donnent la contradiction face au médiateur, mais c’est un non-sens que de confondre les conséquences de la discorde avec la démarche de la procédure judiciaire.

Concessions matérielles réciproques

Pas plus que le contradictoire, le système des concessions réciproques n'est pertinent en médiation. C'est une importation illusoire de l'idée des transactions du système juridico-judiciaire en médiation. Les émotions ne sauraient faire l'objet d'une transaction. On ne négocie pas les états affectifs, ils ne sont pas négociables. Déjà dans le contexte habituel, il faut souvent chercher la réalité des transactions. En médiation, les accords ne s'illustrent pas par ce genre de notion.

Celui à qui la Loi ne plait pas peut partir

Cette idée vite expédiée et tout aussi vite reçue, est faite sur le même modèle que "C'est le plus gêné qui s'en va".

Utilisée sur le terrain politique, il en va d'une représentation discriminatoire. En effet, s'il était vraisemblable que la même idée s'applique également aux Français et aux Etrangers qui viennent en France, nous ne comprendrions pas le sous-entendu : "Vous les étrangers qui ne respectez pas nos lois, puisque ça ne vous convient pas, partez !". Si en tant que Français, nous retenons cette idée pour nous l'appliquer, c'est envisager de se soumettre à une dictature éventuelle. C'est accepter ou se réfugier ailleurs.

Donc, comme nous sommes en démocratie et que nous sommes libres de contester les lois et de les trouver iniques, en tant que Français, il faut bien comprendre que ce genre de propos s'adresse exclusivement à tous ceux qui ne sont pas Français. Voilà comment avec des phrases de ce type on cultive le virus de la discrimination, de l'exclusion, du racisme et de tout ce que la HALDE est censé dénoncer. Encore une fois, le bon sens d'apparence ouvre les portes à quoi ?

Illusions de type méthodologique

Alternative

Une alternative s'offre pour la définition du mot alternative. En matière de règlement des différends, il s'agit d'un angle culturel qui détermine la manière dont on va promouvoir l'idée même de médiation jusqu'à envisager la libre décision.

  1. Une alternative en anglais, c'est un choix parmi tous ceux qui se présentent au regard d'une possibilité initialement préconisée. Dans le cas du règlement des différends civils, il n'existait que le système judiciaire qui permettait de régler officiellement les litiges. La recherche d'économie infrastructurelle, les gouvernements américains ont choisi de privatiser le système judiciaire et en conséquence de promouvoir des systèmes dits "alternatifs", ce qui a donné : "les modes alternatifs de règlement des différends". Ainsi, partant du constat que les conflits sont traités par le système étatique, les alternatives sont offertes par le privé. Cela semble évident et incontournable. Ces modes sont arrivés en France avec la même motivation.
  2. Mais le mot "alternative" n'a pas le même sens en français. En français, une alternative offre deux possibilités. Ainsi, le cheminement de la pensée relativement à l'alternative n'est pas le même qu'en anglais. Il convient de se réfléchir à la manière dont on aborde le sujet des conflits. La pensée va en amont. L'alternative est-elle système d'état / systèmes privés ou faut-il reprendre la réflexion ? On peut s'apercevoir ainsi que la manière d'aborder un différend consiste d'abord à envisager la recherche de compréhension ou de plonger dans les relations d'affrontement, soit de privilégier l'altérité ou de s'enferrer dans l'adversité. Et dans l'adversité on retrouve non seulement le système d'état qui consiste à gérer (au mieux ou au moins pire) les rapports de force tout comme l'arbitrage, la négociation assistée, etc...

Ainsi, selon que l'on fait le choix de la définition anglo-saxonne ou de la définition française du terme d'alternative, on n'aborde pas le sujet de la même manière.

La définition à l'anglaise aboutit à chercher à maintenir une tutelle juridique sur les personnes qui ont traversé un conflit et se sont adressées à des professionnels du droit. La définition à la française, avec la médiation professionnelle, vise à renforcer l'exercice de la liberté, par la reconnaissance du besoin de l'intervention d'un tiers pour soutenir l'effort du libre arbitre.

Médiation en navette

La médiation en navette (anglais : shuttle) est une pratique présentée comme typiquement américaine, dont le process est structuré de la manière suivante :

  • 1) réunion des parties pour exposer la situation
  • 2) séparation des parties
  • 3) navette du médiateur qui ne dit aux parties que ce qu'il se dit qui est opportun à dire. Le médiateur conçoit sa stratégie pour conduire les protagonistes vers un accord.

Cette forme d'intervention d'un tiers existe depuis longtemps. On peut l'observée mise en scène dans L'Avare de Molière. Je l'ai nommée "La méthode de Maître Jacques". Molière s'en moquait ce qui ne fait pas plaisir à ceux qui en défendent la pratique, sans pour autant démontrer réellement son efficacité qui repose non sur un savoir-faire identifié mais sur un talent supposé du tiers. Quand ça ne marche pas, il faut comprendre que c'est la responsabilité des parties et non l'insuffisance du médiateur.

Les arguments qui apparaissent pour cette forme de médiation très utilisée dans le monde politique, avec une formation à la méthode "gagnant / gagnant" des médiateurs :

  • la médiation en navette est une pratique répandue, mais peu connue ;
  • elle date au moins de l'époque de Molière mais elle est attribuée à la civilisation américaine parce qu'elle est mieux faite que dans la pièce du farceur ; autrement dit vu d'ici par ceux qui regardent de là-bas, elle est d'ailleurs et nouvelle, mais par ceux qui restent là, elle est d'ici et ancienne...
  • La méthode de Maître Jacques sauce shuttle est applicable dans des situations multiples, mais difficilement identifiables,
  • sa structuration est efficace mais indescriptible ;
  • les cas connus ont abouti sur des accords de fin d'hostilité, mais vite débouché sur des guerres (ça me fait penser à la "gestion des conflits", ou l'art de spéculer sur les affrontement d'autrui ou de laisser pourrir une relation par incompétence non avouée) ;
  • sa pratique permet de contourner des obstacles et des limites qu'on ne sait pas nommer ;
  • elle a une version "caucus" (qu'on attribue aux fumeurs de calumets) qui marche tout aussi bien mais on ne sait pas dans quel sens.
  • elle est faite pour les cas spécifiques où les protagonistes ont besoin d'un dénouement, parce que dans d'autres cas, ce n'est pas le cas, et le médiateur doit pouvoir s'en rendre compte ;
  • elle est moins utilisé dans les entreprises, parce que les compétences en terme d'écoute y seraient moins particulières, le charisme moins spécifique, et les savoir-faire en transmission d'information idem.
  • enfin elle est inadaptée à l'entreprise parce que les conflits qui reposent sur la détérioration des relations sociales nécessiteraient qu'on les prévienne plutôt qu'on les résolve... Enfin, "quoique" et peut-être tout le contraire.

Med-Arb

Le Med-arb est une approche qui présuppose que le médiateur serait saisi par des parties pour intervenir d'abord de manière neutre et impartiale en sachant que si la médiation n'aboutit pas il pourrait se transformer en arbitre. Or, comment pourrait-il écouter de manière impartiale et neutre en sachant qu'il serait amené à arbitrer en cas d'échec de son intervention ? Ne serait-il pas légitimement tenté d'apprécier le comportement de l'une ou l'autre des parties comme étant responsable de difficultés qu'il aurait pu rencontrer lors des échanges ? N'est-ce pas préjuger de la capacité de distanciation d'un humain dont la nature porte naturellement à juger plutôt quà accompagner l'autonomie de réflexion ? Ne serait-il pas tenté de faire valoir la solution qu'il aurait plus particulièrement approuvé au cours de son intervention illusoire de médiateur ? Ce concept si séduisant est de nature oxymoresque.

Illusions de type économique

Gagnant-gagnant

Dans un conflit, chaque partie a perdu quelque chose. Afficher le gagnant-gagnant, c'est présenter la médiation comme une pratique simple de négociation. Or, en médiation, la première chose qu'un médiateur accompagne réside dans l'apaisement de la dynamique affective, voire émotionnelle d'un différend.

La dimension affective d'un conflit témoigne des pertes qu'une personne au moins a subi sur le plan émotionnel. Le gagnant gagnant fait référence aux aspects matériels. Dans un conflit, les deux parties ont perdu quelque chose : leur espoir, leur confiance, leur projet... Elles vont devoir trouver une solution de reconstruction, laquelle n'est pas dans le gagnant-gagnant, mais le moins insatisfaisant possible, voire le plus satisfaisant possible et, parfois, le moins perdant possible, se référant au passé qui laisse toujours, en abordant la médiation, la marque d'une déception, d'une amertume, d'une rancune, d'un remord, d'un regret... Si en négociation commerciale, ce concept est une perspective réaliste, en médiation, compte tenu du conflit vécu, il s'agit d'une illusion intellectuelle susceptible de rendre la médiation illusoire, voire irrespectueuse de la réalité en cours...

Afficher "gagnant-gagnant", ce serait également négliger, minimiser, voire ne pas considérer le côté "perte" volontairement consenti par les parties, et donc, par conséquence, ce serait également afficher la "non-reconnaissance" de l'effort, l'intelligence de la réflexion intellectuelle, la bonne volonté, et surtout, de l'autonomie acquise ou retrouvée par la personne, au niveau de sa prise de décision, notamment sur le choix difficile d'abandon de certains objets.

La médiation est moins coûteuse (financièrement) qu'une procédure

Cette manière de traiter la valeur d'une intervention de médiation procède d'une comparaison visant la dévalorisation de l'approche pacificatrice. Comme si ce qui pouvait être rentable pour un professionnel de la résolution des conflits ne pouvait que résider dans l'accompagnement des rapports de force. Pacifier, c'est pas cher. Guerroyer, c'est rentable. Économiquement, avec une telle thèse, le choix est vite fait.

Le conflit est en effet intéressant pour ceux qui en profite. Les personnes directement impliquées sont dans le feu du conflit. En conséquence, elles ne sont pas celles qui tirent les marrons du feu.

La médiation n'est pas nécessairement moins coûteuse, financièrement, qu'une procédure. Elle peu être aussi coûteuse. Mais sa "rentabilité" réside dans la suite. Lorsqu'il s'agit de relations professionnelles, le gain est dans la relation qui s'enrichit de nouveau échange et qui développe un partenariat dont la rentabilité augmente rapidement. Lorsqu'il s'agit de relation affective, la rentabilité n'existe pas à proprement parler. Mais quel est le prix du plaisir trouvé ou retrouvé ? Pas de prix. Ainsi, vouloir à tout prix faire entrer la médiation dans un rapport économique est une représentation qui fausse l'approche des relations humaines. Cette manière de faire correspond à l'idée que "tout à un prix", tout est "négociable"...

Idées fausses sur la Négociation

  • on négocie avec soi-même. Non, on ne négocie pas avec soi-même, on délibère
  • on négocie avec son conjoint. Non, on ne négocie pas avec son conjoint, on dialogue
  • on négocie avec son enfant. Non, on ne négocie pas avec son enfant, on éduque

Illusions de type culturel

Certains conflits ne pourraient faire l'objet de médiation

En matière civile et commerciale, dans les conflits liés à la vie familiale, sociale, économique, professionnelle ou politique, tous peuvent faire l'objet de médiation. Si certaines personnes affirment que des conflits ne peuvent pas faire l'objet de médiation, c'est parce qu'elles énoncent en fait la limite de leurs compétences, non des possibilités de la médiation. Par ailleurs, une médiation peut s'imposer dans les cas de violences - conjoints, voisins, collègues. Une médiation s'impose dans les conflits au sein d'une nation, interethniques ou internationaux.

Il y a des conflits qui n'en finissent pas

Cette idée traduit plus un sentiment qu'une réalité. Le sentiment que "ça n'en finit pas" exprime un ras-le-bol. En réalité, tout conflit arrive à s'éteindre. Tout conflit à son dernier moment, même si celui-ci est aussi peu perceptible que l'instant qui fait passer du têtard à la grenouille. Les causes peuvent être différentes : disparition des protagonistes, négociation... Quand bien même une continuité est entretenue dans des relations, tout conflit arrivera un jour, bon gré mal gré, à un terme. Tous les conflits des dinosaures ont disparu. Cette posture de réalité confronte les protagonistes des conflits à une alternative : soit ils entretiennent leur conflit et un jour leurs héritiers feront preuve de l'intelligence suffisante pour y mettre un terme, ou c'est le temps qui en viendra à bout, soit ils prennent le temps pour s'en occuper et vont au bout de leur imagination afin d'y trouver, parfois par delà la conjugaison de leur sentiment et de leur raison, l'intelligence nécessaire pour mettre un terme à leur différend.

Créativité en médiation

Par complaisance, on pourra dire que les protagonistes des conflits, lorsqu'ils résolvent leur difficulté relationnelle, sont créatifs. Par complaisance, mais pas de manière réaliste. En fait, avec la médiation professionnelle, on sait anticiper ce qui peut se produire en terme d'issues à un différend. On sait que tout conflit est promis à se déliter et disparaître. On sait que les personnes qui sont en rapport de force mettront bon gré mal gré un terme à ce qui les oppose. La mort des protagonistes est un aboutissement possible. Et s'ils ont réussi à refiler le bâton à des héritiers, ceux-ci un jour soit y mettront un terme soit disparaîtront avec le conflit qui aura occupé plusieurs générations.

Les personnes en conflit ont le choix : soit elles puisent suffisamment d'intelligence pour mettre un terme par elles-mêmes à ce qui les fait s'affronter, ou le temps en sera le fossoyeur. Quelle que soit l'origine, la source, la cause, la provenance d'un différend, ceux qui en sont les détenteurs ont deux choix : maintenir leur posture d'adversité, chargés d'une émotionnalité qui leur gangrène la vie, soit faire preuve de rationalité pour mettre leur conscience et leur intelligence à leur service. Un jour, dans le cortège humain, si ce n'est le temps, quelqu'un aura l'occasion d'en faire preuve.

En médiation, c'est le médiateur qui est l'acteur de l'accompagnement pour permettre aux personnes de structurer leur pensée, produire de la réflexion, grandir en conscience. C'est le médiateur qui les amène à constater la dynamique paradoxale dans laquelle elles se fourvoie en permanence. Dire que la solution est créative est une flatterie.

Dans tous les cas, si la créativité est une affaire de logique, alors il faut croire que les protagonistes d'un conflit n'en font pas démonstration, ni dans la conduite de leur conflit, ni dans sa gestion, ni dans sa résolution...

D'évidence, la créativité revient aux médiateurs qui savent conduire dans ce tunnel obscur parsemé d'embûches qu'est celui des affrontements.

Illusions de type pédagogique

La courbe du changement adaptée des travaux d'Elisabeth Kübler-Ross

Le triangle dramatique de Stephen Karpman

Pyramide d'Abraham Maslow

Liens externes

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