Knock

De WikiMediation.

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Knock de Jules Romains, une fiche initiée par Sandrine Charrière

Sommaire

L'histoire

Le docteur Knock arrive dans le bourg de saint Maurice, avec l'idée bien précise que « tout homme bien portant est un malade qui s’ignore ».

Il convainc l’instituteur et le pharmacien du bourg de l’intérêt de la médecine pour les rallier à ses cotés et instaurer des visites gratuites tous les lundi matins, dans le but d’attirer un maximum de patients.

Grâce à ce procédé, il rencontre un vif succès auprès de la population qui, pour certains, se plaignaient de l'incapacité de son prédécesseur.

Le regard du médiateur

Que peut-on observer dans cette histoire ?

Le protagoniste

Le lecteur est face à un homme imperturbable, confiant, le Dr Knock, qui utilise une méthode bien ficelée auprès de ses patients. Tout d'abord, il leur pose des questions bien précises, pour subtilement entrer dans leur intimité et pouvoir négocier les prix en fonction des revenus de chacun, ce qui l’assure de ne perdre aucun client. Par analogie, il élabore un diagnostic et induit celui-ci par des manipulations tactiles à des endroits bien précis ou un discours très alarmiste, selon les personnes.

Exemples

  • A la fermière, en consultant son dos il appuie fortement sur ses reins lorsqu’il lui demande : «  vous n’avez jamais mal ici en allant vous coucher ? Des courbatures ? » Évidemment, la pression du geste lui fait répondre : «  oui » puis une fois la douleur retombée : « des fois ». De même quand il lui affirme qu’elle est tombée sur la fesse gauche, il joint le geste à la parole et, au préalable, avait déjà posé sa main sur cette fesse gauche. Même procédé pour la scène de l’ivrogne.
  • En ce qui concerne Mme ponce, d’un standing plus élevé et plutôt angoissée, il va plutôt utiliser le discours alarmiste. Le bon docteur joue sur le registre du : plus on craint de perdre de choses, plus on est sensible au discours préventif et sécuritaire.

L’engouement de la population

Après 25 ans d’une médecine passive pratiquée par le Dr Farfallet, la population a besoin d’avoir une oreille attentive à ses éventuels problèmes, et de se sentir considérée, ce que le Dr Knock leur apporte. De plus, il les implique dans sa quête de la médecine en transformant l’hôtel de la bourgade en pseudo hôpital et se sert de l'instituteur et du pharmacien comme porte-paroles. En leur apportant ce sentiment d utilité, d’écoute, il fait naître en eux cette vénération à son égard.

Ceci explique que lorsque le Dr farfallet revient au village et accuse le Dr Knock de charlatanisme, les gens présents lors de cette scène se liguent contre lui pour prendre la défense du Dr Knock. Eux ne voient que le bien que celui-ci leur prodigue. On retrouve cette reconnaissance lorsque le chef de la campagne honore les résultats positifs sur les maladies des trombones et du flûtiste.

Quel est le but du Dr Knock ?

Que chaque individu ait sa propre personnalité placée sous l'oeil du médecin, si on s’en tient à la réplique faite au Dr farfallet : « - Vous m’avez donné un canton peuplé de quelque million d’individus neutres et indéterminés, mon rôle est de les déterminer, de les amener à l’existence médicale. Je les mets au lit et je regarde ce qui va pouvoir en sortir : un tuberculeux, un névropathe…n’importe quoi ! Mais quelqu’un bon dieu ! Quelqu’un ! »

Ainsi, le docteur Knock serait l'inventeur de la personnalité médicalisée...

Sa motivation

La médecine.

Lorsque de Dr farfallet lui demande : « - est-ce que dans votre méthode l’intérêt du malade n’est pas subordonné à l’intérêt du médecin ? », il répond : « -Dr farfallet vous oubliez qu’il y a un intérêt supérieur à ces deux là ! Celui de la médecine ! C’est le seul dont je me préoccupe. »

Alors manipulateur ou bienfaiteur?

La réponse à cette question dépend de la vision de chacun. Ses méthodes peuvent paraître contestables, mais les gens viennent à lui sans y être forcés et paraissent satisfait de ses services. Il arrive même à convaincre ses détracteurs, quand le Dr farfallet a besoin d’’être rassuré sur ce qu’il aurait diagnostiqué sur lui, le Dr Knock ne fait que répondre à sa demande.

Conclusion

Le Dr knock aurait certains atouts pour être médiateur, il renvoie à l’autre les questions gênantes : lorsque le Dr farfallet lui dit : « - Si je possédais votre méthode, si je la tenais bien en main, est ce que je n’éprouverais pas un scrupule ? », il lui rétorque : « -c’est à vous de répondre il me semble ».

Il joue beaucoup sur la déduction, l’art de la rhétorique, ne se laisse pas déstabiliser et sa motivation première est la médecine comme un médiateur qui ne doit être partie prenante que pour la médiation.

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