La Bergère et le Ramoneur

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Les personnages : Une armoire antique se trouvait dans la chambre. Les enfants l’appelaient le Grand-général-commandant-en-chef-Jambe-de-Bouc, nom qui peut paraître long et difficile, mais titre dont peu de personnes ont été honorées jusqu’à présent. Il était là, les yeux toujours fixés sur la console placée sous la grande glace, où se tenait debout une gracieuse petite bergère de porcelaine. Placés sur la console sous la grande glace, une gracieuse petite bergère et un petit ramoneur se tenaient debout l’un à côté de l’autre. On les avait placés où ils étaient, et, là où on les avait posés, ils s’étaient fiancés. Aussi l’un convenait très-bien à l’autre : c’étaient des jeunes gens faits de la même porcelaine et tous deux également faibles et fragiles. Non loin d’eux se trouvait une autre figure trois fois plus grande : c’était le vieux chinois qui savait hocher la tête. Lui aussi était en porcelaine ; il prétendait être le grand-père de la petite bergère, mais il n’avait jamais pu le prouver. Il soutenait qu’il avait tout pouvoir sur elle, et c’est pourquoi il avait répondu par un aimable hochement de tête au Grand-général-commandant-en-chef-Jambe-de-Bouc, qui avait demandé la main de la petite bergère. L’histoire D’un hochement de tête, le vieux chinois avait donc donné la main de la petite bergère au Grand-général-commandant-en-chef-Jambe-de-Bouc. Il voyait certainement en cette armoire un beau parti pour sa « petite fille » : fait d’acajou, contenant de l’argenterie et d’autres trésors, mais également un titre honorifique « Grand-général-commandant-en-chef-Jambe-de-Bouc ». La petite bergère, tourmentée d’être enfermée à tout jamais dans une armoire, demande à son fiancé le petit ramoneur de l’aider à s’enfuir. Tous deux se retrouvent ainsi dans un vaste monde qui les effraie tellement que la petite bergère préfère retourner de là où ils viennent même s’il faut affronter les raisons qui l’ont poussée à s’enfuir. De retour dans la chambre, la petite bergère découvre attristée que son « grand père », qui, ayant tenté de la rattraper, gisait sur le plancher. Tous ont repris leur place d’origine : les jeunes gens côte à côte sur la console et le vieux chinois, recollé, non loin d’eux. Mais ne pouvant plus hocher la tête, il ne pouvait plus manifester son approbation de donner la main de sa « petite fille » au Grand-général-commandant-en-chef-Jambe-de-Bouc. Une petite comparaison : Cette histoire rappelle l’allégorie de la grotte : La bergère et le ramoneur sont dans leur « grotte » qui se trouve être leur place dans cette chambre sur cette console. Une situation a déclenché leur envie de sortir de leur « grotte », un refus de demande en mariage et l’envie de découvrir un monde qu’ils n’ont pu que se figurer. Poussée vers l’extérieur de leur grotte, la bergère n’a pu se faire à ce nouveau monde : tout d’abord dans le tiroir de la commode, espace qu’elle avait pu imaginer de là où elle était placée, mais elle pleure et n’imagine y rester plus longtemps car ce monde la confronte et lui rappelle sa situation. Puis, après avoir traversé le sombre conduit de la cheminée, elle découvre le monde extérieur, qu’elle n’avait pas pu que se figurer à partir de sa console. Mais en réalité, différent et beaucoup plus vaste que son imagination n’aurait pu le concevoir. Alors, une fois le nouveau monde observé, l’envie de retourner dans un monde connu est plus fort. Ainsi, ils retournent dans leur « grotte ». Et de retour sur le meuble, leur point de vue est différent… Le conflit La fuite de la petite bergère traduit le fait qu’elle ne voit pas d’autre issue possible à sa situation. Peut-être pense-t-elle que le vieux chinois lui veut du mal en la mariant à ce Grand-général-commandant-en-chef-Jambe-de-Bouc. De plus, la petite bergère a eu l’information que le Grand-général-commandant-en-chef-Jambe-de-Bouc a déjà 11 femmes de porcelaine ; c’est le seul « argument » qu’elle avance au vieux chinois pour ne pas épouser cette armoire. Peut-être voulait-elle exprimer le souhait d’être exclusive auprès de son futur époux ou peut-être le fait d’être enfermée dans l’armoire ou encore le fait qu’elle sera séparée de son bien-aimé ? Quoiqu’il en soit, cet argument ne suffit pas au vieux chinois et il conclut qu’elle sera la 12° femme de cette armoire. Peut-être trouve-t-il que d’être enfermée avec 11 copines pourrait permettre des soirées « pyjama » très sympathiques. Le ramoneur, certainement la source d’informations de la bergère, a peut-être vu lui échapper 11 autres fiancées potentielles. Pour cette raison peut-être, il manifeste son désir d’accompagner la bergère dans sa fuite, à moins que cela ne soit par amour pour cette bergère… Le fait est qu’elle n’a pas osé exprimer son désaccord à son grand père. Optant pour la fuite, elle contraint alors les autres personnages à subir cette décision : - Le vieux chinois, qui ne comprend certainement pas cette fuite, car pour lui, épouser le Grand-général-commandant-en-chef-Jambe-de-Bouc est un honneur. De plus, cette fuite l’a brisé et il en perd une de ses particularités qui le distinguait des autres figurines : le hochement de tête. - Le ramoneur qui avait accepté volontiers de fuir avec sa bien-aimée. Mais qui n’avait pas prévu de devoir revenir. Ce qui a l’air de le chagriner quelque peu, finalement… peut-être pas assez pour dire qu’il est contraint. - Le Grand-général-commandant-en-chef-Jambe-de-Bouc qui voulait compléter sa collection de figurines de porcelaine d’une part et d’autre part, il pourra plus admirer cette vue qui semblait lui plaire de la petite bergère posée sur la console. Le changement de point de vue De retour dans la chambre, le vieux chinois est brisé. A ce moment là du conte, la petite bergère peut commencer à percevoir le point de vue du vieux chinois et comprendre que son « grand père » est attaché à elle au point de risquer à se briser en allant la chercher. De son coté, la petite bergère, se rendant compte de ce lien qui les unis, est prête à ce qu’il soit réparé au risque de devoir épouser le Grand-général-commandant-en-chef-Jambe-de-Bouc. Le conflit se règle ainsi, chacun a fait un pas vers l’autre en cessant de penser à lui : la petite bergère se rend compte ce dont le vieux chinois est capable pour elle (la poursuivre et se briser), et réciproquement pour le vieux chinois : la bergère est prête à le recoller... du moins c'est que la petite bergère peut en déduire car dorénavant, le vieux chinois ne peut plus s'exprimer, et a fortiori, ne peut plus décider à la place de la petite bergère. Quant au ramoneur, sa mission dans cette histoire est d'accompagner la petite bergère dans sa fuite, en lui trouvant des solutions techniques pour échapper au vieux chinois, en s'assurant tout au long de son aventure, que la petite bergère est capable de surmonter ce qu’il lui propose. On peut donc en conclure qu’il est prévenant, à l’écoute de sa fiancée, il la soutient dans ses décisions même celles qui lui semblent insensées… bref ne serait-il pas un fiancé idéal qui aurait certaines qualités de médiateur ? Du moins, c'est le fiancé idéal pour cette bergère, jusqu'à ce que... un jour, une nouvelle figurine soit posée sur la console!

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