La Confédération Suisse se désimplique de la médiation de Swissmetal

De WikiMediation.

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Sophisme au service du désengagement de la Confédération dans la médiation Swissmetal

Le médiateur, Rolf Bloch, désigné par Joseph Deiss, ministre de l'économie, en tant que médiateur dans le conflit entre les ouvriers et la direction de Swissmetal à Reconvilier n'est pas "mandaté" par la Confédération Suisse.

Interpellé à ce sujet par Filippo Leutenegger, conseiller national radical proche de l'UDC zurichoise, Joseph Deiss a assuré que les Suisses ne feraient pas les frais de ce différend.

Et les indemnisations des chômeurs ? Mais l'argument repose sur l'idée défendue qu'une affaire privée n'est pas une affaire d'Etat, en conséquence elle n'est pas budgétée, donc elle ne coûtera rien aux contribuables... Jolie figure de style qui n'aurait pas plu à Socrate !

Les paradoxes d'une politique entre le prévenir et le subir

«Les parties concernées sont les seules responsables des décisions qu'elles prennent».

Il s'agissait d'une proposition de médiation qui n'aurait pas nécessité de base légale explicite. Joseph Deiss a indiqué que la Confédération ne s'était pas immiscée dans la manière dont une entreprise gère ses affaires. Les moyens dont dispose le médiateur sont d'ailleurs mis à la disposition par le canton de Berne et les moyens financiers proviennent du Département fédéral de l'économie.

Toutefois, à bien regarder, il est évident que les licienciements seront supportés par les Suisses. Il faut bien indemniser les demandeurs d'emploi. Les coûts ont bien des chiffres... Si la volonté politique est de ne pas intervenir dans les conflits privés, il n'en reste pas moins qu'à un moment donné la Confédération supportera les conséquences des mesures prises.

Et, si "politique" signifie "l'administration de la cité", affaire privée ou affaire d'Etat, ça reste une affaire de cité...

Il s'agit donc de choisir entre la politique du prévenir ou du subir.

La médiation est en effet dans une dynamique du prévenir. Si, au début, elle a été portée par une volonté politique, le gouvernement n'ira pas jusqu'à maintenir son implication dans cette prévention des conséquences.

Le désengagement de Joseph Deiss semble clair. Désormais, la chose est clarifiée, le médiateur n'est pas un "médiateur fédéral". La médiation apparaît donc être lâchée par son initiateur. Il reste au médiateur de savoir conduire une médiation, avec la défection de son premier mandataire. Est-ce une manière d'annoncer un échec ?


Par Jean-Louis Lascoux le 22/3/2006

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