La femme du boulanger

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La femme du boulanger de Marcel Pagnol. Un film vu par Brigitte Contay.

Le film

Film de 1938 avec Raimu dans le rôle du boulanger et Ginette Leclerc qui joue sa femme Aurélie. « La femme du boulanger » est à la base une nouvelle écrite par Jean Giono, "Jean le Bleu".

L'histoire

Aimable, un vieux boulanger au coeur d'or, est marié à une jeune femme qui s'envole un jour au bras d'un jeune berger. Tout d'abord aveuglé, refusant de croire à la traîtrise de sa femme, notre boulanger, éveillé par toute une communauté, va être contraint d'ouvrir les yeux. Le boulanger n'a plus la force de faire son pain. Il est seul et malheureux, et refuse de faire du pain jusqu’à ce qu’elle revienne. Rien ni personne ne peut le décider à se remettre devant le fournil. Le village manque de pain... On passe alors de la moquerie à la compassion, car le malheureux fait peine à voir. Bientôt tout le village se mobilise pour retrouver la fugitive, dont l'absence met en péril l'approvisionnement de la cité. Pour ce faire, toutes les familles oublient leur haine et leur rancune, l'instituteur et le curé vont jusqu'à faire la paix. Tous, sans exception, se mettent à la recherche de la boulangère et on la ramène à son bon vieux mari qui l'accueille, sans oser lui faire de reproches, de crainte de la voir s'enfuir de nouveau. Dès lors la vie redevient paisible dans ce village qui, désormais, ne manquera pas de pain. Au final, la tirade (1) adressée par le boulanger à sa chatte Pomponnette, mais visant indirectement sa femme, reste un morceau d'anthologie.

Points de réflexion

  • Quand le boulanger du village refuse de faire du pain parce que sa femme volage est partie avec un beau berger, le drame individuel prend une dimension collective.
  • Et que dire de la scène finale, celle de la « pomponnette », pendant laquelle le boulanger, par une habile comparaison, exprime toute la peine causée par sa femme ! Peut-on considérer le chat comme moyen de médiation, puisqu’il permet à l’un de dire, de libérer la parole, et il permet donc à l’autre d’entendre ?


(1) La tirade :

Le boulanger : Ah ! Te voilà, toi ? Regarde, la voilà la pomponnette... Garce, salope, ordure, c'est maintenant, que tu reviens ? Et le pauvre pompon, dis, qui s'est fait un mauvais sang d'encre ! Il tournait, il virait, il cherchait dans tous les coins... Plus malheureux qu'une pierre, il était... Et elle, pendant ce temps-là avec ses chats de gouttières... Des inconnus, des bons à rien... Des passants du clair de lune. Qu'est-ce qu'ils avaient, dis, de plus que lui ?
Sa femme : Rien.
Le boulanger : Toi tu dis "rien." Mais elle, si elle savait parler, ou si elle n'avait pas honte - ou pas pitié du vieux Pompon - elle me dirait : "ils étaient plus beaux." Et qu'est-ce que ça veut dire, beau ? Et la tendresse alors, qu'est-ce que tu en fais ? Dis, tes ministres de gouttières, est-ce qu'ils se réveillaient, la nuit, pour te regarder dormir ? (La chatte, tout à coup, s'en va tout droit vers une assiette de lait qui était sur le rebord du four, et lape tranquillement.) Voilà. Elle a vu l'assiette de lait, l'assiette du pauvre Pompon. Dis, c'est pour ça que tu reviens ? Tu as eu faim et tu as eu froid ?... Va, bois-lui son lait, ça lui fait plaisir... Dis, est-ce que tu repartiras encore ?

Sa femme : Elle ne repartira plus...
Le boulanger : Parce que, si tu as envie de repartir, il vaudrait mieux repartir tout de suite, ça serait sûrement moins cruel...
Sa femme : Non, elle ne repartira plus... Plus jamais...
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