La ficelle

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Sabine Maillet a lu La ficelle de Guy de Maupassant, extrait des "Contes parisiens, normands et fantastiques"

Sommaire

Le contexte

Nous sommes dans les années 1883, à GODERVILLe sur les hauts plateaux Normands. Cet extrait raconte l'histoire d`une personne accusée à tort de vol, et dont l’image restant bafouée malgré son innocence entraînera sa mort à cause des moqueries.

Les intervenants sont :

  • Maître Hauchecorne (l’accusé),
  • M. Malandain (l’accusateur),
  • M. Le Maire,
  • M. Jourdani (l’Aubergiste),
  • M. Marius PAUMELLE (le valet de ferme)

Un jour de marché, dans un petit bourg où tout le monde se connaît, M.Hauchecorne, par excès d’avarisme, ramasse une ficelle en plein cœur du marché.

Au même instant, le notaire perd son portefeuille.

M. Malandin, animé par de vieilles rancœurs envers M. Hauchecorne voit le ramassage de la ficelle, y voit une opportunité de vengeance et accuse M.Hauchecorne de l’avoir trouvé et volé.

Le regard du médiateur

Nous avons dans cette situation burlesque tous les ingrédients d’une situation conflictuelle, à savoir :

  • Le Prêt d’Intention,
  • Le Jugement,
  • La contrainte.

Pour autant cette situation, amusante dans un premier temps, trouvera une conclusion dramatique simplement par manque d’écoute et d’objectivité de l’ensemble des personnages.

Les personnages sont caricaturés dans ce conte ce qui met en évidence les comportements de chacun.

  • Maître Hauchecorne (l’accusé),
    • Pingre,
    • soucieux de ne pas le montrer,
    • sensible à son image et à l’interprétation des autres.

La situation entraînera ce personnage vers une fin inéluctable : la mort.

  • M. Malandain (l’accusateur),
    • Rancunier à l’excès,
    • Egocentrique,
    • Aime être mis en avant,
    • N’accepte pas de se remettre en question.

De part son entêtement, il sera générateur du jugement des gens vis-à-vis de M.Hauchecorne.

  • M. Le Maire,
    • Présomptueux,
    • Se considère comme un juge,
    • Obtus,

Le Maire aurait dû prendre le rôle du médiateur, purger le prêt d’intention, le jugement et les contraintes. Il aurait ainsi évité la mort par désespoir de M.Hauchecorne.

  • M. Jourdani (l’Aubergiste),
    • Générateur du « ON DIT »,
    • Bavard,
    • Moqueur.

Il est le centre des bruits, des cancans et le propagateur des nouvelles du Bourg.

  • M. Marius PAUMELLE (le valet de ferme)
    • Illettré,
    • Bon bougre,
    • Honnête.

Il est la preuve de l’innocence non reconnue de M. Hauchecorne.

Déroulement du conte

Effervescence du marché

Sous couvert de l’anonymat au sein d’une foule, M.Hauchecorne, poussé par l’avarice va ramasser un bout de ficelle puis se sentant observé, cache brusquement la ficelle dans sa poche et continue à regarder le sol faisant semblant de chercher quelque chose.

Après le marché, l’ensemble des acteurs de cette effervescence se retrouve à l’Auberge chez M. Jourdani. L’attitude de M. Hauchecorne qui craint d’être reconnu comme avare, entraînera une interprétation de voleur, due à son comportement, par M. Malandin.

La convocation de M. le Maire

Après l’annonce de la perte du portefeuille du Notaire par le crieur public, un brigadier intervient chez l’Aubergiste qui affiche complet et en criant convoque M.Hauchecorne chez M. Le Maire.

M. Hauchecorne arrive devant M. Le Maire et se voit accusé par ce dernier du vol du portefeuille.

M. Hauchecorne nie les faits en montrant le bout de ficelle ramassé.

M. Malandin, par l’intermédiaire du Maire, fait savoir à M.Hauchecorne que non seulement il a volé le portefeuille mais en plus a chercher les quelques pièces qui auraient pu tomber.

Le Maire reste insensible et ne valide que le témoignage de M. Malandin qui est persuadé des mauvaises actions de M. Hauchecorne. Le Maire a pris le parti de la facilité et n’a pas cherché les réelles motivations de l’accusateur. Il s’est contenté d’agir rapidement et ce au mépris de la vérité.

L’innocence évidente et le mal-être de M. Hauchecorne

M. PAUMELLE ramène le portefeuille à la Mairie pour qu’il soit rendu à son propriétaire.

Le Maire rend le portefeuille au Notaire mais oublie de disculper M. Hauchecorne.

L’innocence avérée, la population croit cependant que c’est un stratagème de M. Hauchecorne pour se disculper tout en recevant une contrepartie financière. Ce doute de la population est augmenté par l’affirmation persistante de M. Malandin. Plus M. Hauchecorne veut prouver ses dires, plus il s’enfonce dans une situation conflictuelle et plus il génère des moqueries.

Le désespoir

M. Hauchecorne vit mal la situation et insiste lourdement à qui veut l’entendre sur son innocence et ne se rend pas compte que cette insistance le décrédibilise encore plus.

M. Hauchecorne, désespéré, va sombrer petit à petit et de manière irréversible dans une dépression qui va le conduire vers la mort.

Les méfaits de l’interprétation et les moqueries des autres peuvent être fatales.

Conclusion

Ce texte est une parfaite illustration sur le comportement humain qui est une source de conflit sempiternel. L’absence de médiation et de méthode a engendré un conflit dont le dénouement a été catastrophique.

Au travers de la synthèse de cette œuvre, on peut comprendre l’importance d’une méthodologie telle que celle enseignée par Médiateurs Associés.

Il illustre également l’amplification d’un événement banal à l’origine et qui devient un conflit pour les protagonistes.

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