La trilogie rwandaise de Jean Hatzfeld

De WikiMediation.

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Fabien Lambert a lu la trilogie de Jean Hatzfeld, sur le sujet du génocide au Rwanda (1994).

La premier volume « Dans le nu de la vie ; récits dans les marais rwandais» (Seuil, 2000) est consacré à l’écoute des rescapés Tutsis.

Le deuxième volume « Une saison de machettes » (Seuil, 2003 – Prix Femina essai 2003) donne la parole aux Hutus, détenus dans l’attente de leur procès.

Le troisième volume « La Stratégie des antilopes » (Seuil 2007 - prix Médicis 2007) aborde les conditions d’une réconciliation nationale.

Sommaire

L’auteur

Jean Hatzfeld a abandonné son activité de grand reporter à Libération, afin de se consacrer à l’étude du génocide rwandais avec un regard neuf d’écrivain.

Les faits historiques

Il s’agit d’un génocide de proximité et agricole, puisque le Rwanda est dit "le pays des mille collines", sorte d’immense village où quatre familles rwandaises sur cinq vivent à la campagne et neuf sur dix tirent leurs revenus de la terre.

Les représentants des deux ethnies du pays, hutue et tutsie, parlent la même langue et habitent les mêmes lieux.

Entre les mois d’avril et juin 1994, près de 800 000 Tutsis ont été tués, littéralement « coupés » à coups de machette par la population Hutue majoritaire.

Les tueurs tous masculins s’en allaient inlassablement, sept jours sur sept, dans les églises, les marais et les forêts à la recherche de leurs victimes, de tous âges et de tous sexes. Dans la forêt de Nyamata, seules vingt personnes ont survécu sur les 6 000 Tutsis qui s’y étaient réfugiés.

Aucun pouvoir public étranger ne s’est ingéré afin de faire cesser le génocide.

Les témoignages recueillis : tueurs et rescapés

L’auteur est humble et attentif face à la parole de celui qui a vécu le génocide, d'un côté ou de l'autre, et il se place ainsi dans une posture d’écoute la plus neutre possible.

Sans jamais intervenir pour juger, il retranscrit le plus objectivement possible les évènements et étapes du génocide, en faisant parler hommes et femmes de chaque ethnie dans ces romans complémentaires formant une trilogie.

Ces ouvrages sont réellement atypiques, à mi-chemin entre l’essai documentaire et le récit narratif.

L’auteur saisit le comment des tueries par des descriptions sans fard, mais il essaye également de saisir le pourquoi par la libération de la parole dans les deux camps, sans toutefois pouvoir y apporter de réponse unique.

Laisser la parole aux tueurs dans une démarche d’écoute sans censure ni tabou est, en tout cas, une démarche réellement très innovante, car il ne s’agit ni d’être compatissant avec les victimes, ni d’être jugeant ou moralisateur avec les auteurs. Cette démarche impartiale trouve un écho pour le médiateur lorsqu’il recueille les informations par l’écoute active, dans le cadre des entretiens individuels successifs de personnes en situation de conflit (trouvant ici son origine dans la différence ethnique).

Pour Jean Hatzfeld, il s’agit vraisemblablement d’être le plus juste possible dans la description d’êtres humains ayant vécu ou participé à un génocide, avec des visions et des ressentis tout à fait distincts quant à un évènement commun. Malgré son travail qui s’est voulu le plus objectif possible et dénué au maximum du parasitage de l’affect, l’auteur a toutefois été profondément marqué par cette expérience humaine, exprimant un changement profond intervenu en lui : « On savait (en tant que journalistes), mais il y a une différence entre savoir et comprendre. J’ai décidé d’y retourner un jour (au Rwanda) comme écrivain. Je me suis alors comporté différemment. J’ai fait du journalisme pendant 25 ans et d’un coup, j’ai changé... »


« Dans le nu de la vie (…) » ou le ressenti des rescapés du génocide

Dans ce premier ouvrage de la trilogie, l'auteur a tout d’abord choisi d'écouter certains rescapés Tutsis, de les laisser évoquer la traque dans les marais et les forêts, la fuite éperdue, la peur, la survie, puis le difficile retour à la vie normale aux côtés de ceux-là même qui ont commis les massacres, après leur sortie de prison.

Il serait inutile et hors propos de décrire les innombrables souffrances physiques et morales subies par les familles tutsies ; par des extraits choisis, il sera relevé quelques prêts d’intentions et jugements posés par les rescapés à l’égard de l’ethnie hutue adverse, ainsi que leurs avis exprimés sur leur propre condition humaine.

Prêts d’intention et jugements portés sur le motif des tueries

Cassius parlera de jalousie et de convoitise : « Soit-disant, les Hutus ont peur de quelque chose caché dans la nature des Tutsis, un péril qui s’est déguisé. La vérité, c’est qu’ils guettent trop les richesses des Tutsis, ils ont peur de manquer un jour de parcelles, ils ont peur de devenir eux-aussi misérables. Ils se sont gâtés le cœur de propagande et de gourmandise. »

Francine y verra plutôt une explication basée sur l’apparence physique: « Les Hutus souffrent toujours d’une mauvaise idée sur les Tutsis. C’est notre physiologie qui est à l’origine du mal, voilà la vérité. Nos muscles sont plus longs, nos traits qui sont plus fins, notre marche qui est plus raide. Notre prestance de naissance, je ne vois que ça ».

Marie-Louise ne peut pas quant à elle se contenter de cette explication: « Je ne crois pas à cette histoire de beauté et au sentiment d’infériorité. Le pourquoi de la haine, il ne faut pas le demander aux rescapés, c’est trop difficile de répondre.».

Jeannette tentera une analogie biblique: « L’histoire des Hutus et des Tutsis ressemble un peu à celle de Caïn et d’Abel, des frères qui ne se comprennent plus du tout pour des riens ».

Ces petits riens qui ont dégénéré en un génocide fondé sur un racisme antitutsiste, ayant entraîné en elle une grande méfiance envers l’autre : « Je sais désormais qu’un homme peut devenir d’une méchanceté inouïe très soudainement».

Pour d’autres survivants comme Janvier, il n’y a pas réellement de réponse valable: « Si j’essaie de trouver une réponse à ces hécatombes, si j’essaie de savoir pourquoi nous devions être coupés, mon esprit s’en trouve malmené ; et j’hésite sur tout ce qui m’entoure. Je ne saisirai jamais la pensée des cohabitants hutus ».

Ou bien l’explication apportée peut-être du domaine de l’irréel, presque mystique, comme les paroles suivantes de Jean-Baptiste : « Ce qui s’est passé, ce sont des agissements surnaturels de gens bien naturels ».

Il est ici intéressant de constater combien les interprétations des rescapés divergent, démontrant cette incapacité de pouvoir apporter une explication rationnelle quant à la cause exacte des tueries. D’ailleurs, y en a t-il une, plusieurs ou bien aucune ?

Et sur leur propre condition, d’alors et d’après les tueries

Innocent parlera de ce sentiment d’avoir été animalisé et déshumanisé: « On ressemblait à des animaux, puisqu’on ne ressemblait plus aux humains qu’on était auparavant, et eux, ils avaient pris l’habitude de nous voir comme des animaux. Ils nous traquaient comme ça. En vérité, ils avaient enlevé l’humanité aux tutsis pour les tuer plus à l’aise, mais ce sont eux qui étaient devenus des animaux. »

Puis concernant la transformation du rescapé, et les chaînes le rattachant néanmoins à son passé : « Le rescapé, il a tendance à ne plus se croire réellement vivant, c’est-à-dire celui qu’il était auparavant, et d’une certaine façon, il vit un peu de ça ».

D’une manière plus imagée, Sylvie dira : « Un génocide, c’est un film qui passe tous les jours devant les yeux de celui qui en a réchappé et qu’il ne sert à rien d’interrompre avant la fin ».

Marie-Louise évoquera l’espoir, les bienfaits attendus du temps et du dialogue espéré avec les hutus, néanmoins sous conditions: «J’espère que le temps nous offrira de l’aide pour nettoyer les souillures. Si les hutus essayent de dire la vérité à voix haute, de proposer une entraide, d’aller vers les tutsis et de demander pardon, on pourra espérer cohabiter comme il faut, sans être séparés pour toujours par ce qui s’est passé ».

Au lieu de se taire dans le repli de soi, mieux vaut s’inscrire avec l’autre dans une relation mutuelle de confiance progressive, afin de pouvoir tout se dire malgré le passé: ne serait-ce pas une forme de renaissance de l’altérité par le dialogue ?


« Une saison de machettes » ou le ressenti des génocidaires

Sur ordre des autorités de leur pays, les hommes Hutus ont du jour au lendemain utilisé leur outil de travail, la machette (étant majoritairement des cultivateurs), afin de tuer leurs voisins Tutsis avec qui ils n’avaient pourtant jamais eu de querelles notables au sujet de terres, de récoltes de dégâts ou de coucheries.

Les Hutus n’ont suivi aucune formation particulière avant de devenir des tueurs, mais ils allaient tous les jours en chasse, en bande organisées, guidés et contrôlés dans leur tâche par des interahamwe (unités), sorte de milices extrémistes rwandaises.

L’auteur a ainsi recueilli les témoignages d’une douzaine de personnes de la commnauté Hutue, prises au hasard sauf l’appartenance à une même bande.

Les descriptions brutes des tueries et des pillages sont plutôt éprouvantes. Peu d’affects sont exprimés par les Hutus dans leurs récits, même si leur mémoire semble parfaitement intacte malgré les années passées. C’est surtout l’expression de la négation de l’autre, de l’ancien voisin sur des terres communes qui est révélatrice. D’une certaine façon, il s’agit ici de l’expression d’une absence totale d’altérité.

Témoignage de Pio, fort révélateur sur le sentiment de déshumanisation: «On ne voyait plus des humains quand on dénichait des Tutsis dans les marigots. Je veux dire des gens pareils à nous, partageant la pensée et les sentiments consorts ».

Dans le même sens, Léopord parlera de sa perte de la perception du monde: « On ne considérait plus les tutsis comme des humains, ni même comme des créatures de Dieu. On avait cessé de considérer le monde comme il est, je veux dire comme une volonté de Dieu. Raison pour laquelle ça nous était aisé de les supprimer ».

Sur la naissance soudaine de la haine, Pio dira : « La détestation s’est présentée comme ça au moment des tueries, je l’ai saisi par imitation et par convenance ».

Joseph-Désiré exprimera quant à lui la perte de la raison pour justifier ses actes: « Celui qui était lancé la machette à la main, il n’écoutait plus rien. Il oubliait tout et en premier lieu son niveau intellectuel ».

Certains ont même pu exprimer une forme de plaisir à tuer (Pancrace : « plus ont tuait, plus la gourmandise nous encourager à continuer »), outre une sorte d’engrenage dont il semblait difficile de s’extraire une fois la machinerie lancée (Alphonse : « l’homme peut s’accoutumer à tuer, s’il tue sans s’arrêter »).

Léopord évoquera son absence de considération de l’autre, doublée d’une absence de regrets: «Pendant les tueries, je ne considérais plus rien de particulier dans la personne tutsie, sauf qu’elle devait être supprimée. Je précise qu’à partir du premier monsieur que j’ai tué jusqu’au dernier, je n’ai regretté personne.»

A contrario, d’autres se disaient tourmentés par leurs tueries, abusant de boissons afin de pouvoir continuer à tuer ; certains exprimeront néanmoins quelques paroles de regrets (« j’ai mal pensé, j’ai mal viré, j’ai mal agi »), mais aucune parole de remords ne sera véritablement recueillie.

Les complaintes exprimées s’adressent avant tout à eux-mêmes concernant leur propre sort. Alphonse : « Ce sont nos propres malheurs qui accaparent plus facilement nos cauchemars que les malheurs des autres ».

Il pourra être relevé une sorte de volonté commune de diluer leurs responsabilités individuelles dans une faute collective (contrainte) dont ils ne sont pas responsables (l’auteur effectuera un parallèle avec les tueurs nazis lors du procès Eichman).

La syntaxe employée a ici son importance, puisque si chacun raconte isolément son expérience du génocide par l’emploi du « je », tous éprouvent le besoin de s’abriter derrière un « on » afin d’atténuer leurs torts dans la discipline collective. Dans une attitude comportementale contradictoire, d’autres iront même jusqu’à se victimiser, en essayant maladroitement d’inverser les rôles.

Enfin, il sera intéressant de relever que tous ces témoignages ont pu être recueillis derrière les murs d’un pénitencier, tandis que les Hutus pensaient être détenus à vie. Lorsqu’ils sont sortis de détention, ceux-là même qui s’étaient confiés en détails ont ensuite cessé de parler, comme si le silence pouvait constituer pour eux une manière de se protéger après les tueries, en tirant un trait sur leurs souvenirs ensanglantés.


« La Stratégie des antilopes » ou le difficile mais nécessaire effort de réconciliation

La stratégie de survie des rescapés tutsis, qui restaient groupés et ne se séparaient qu’au dernier moment lorsque le chasseur apparaissait (pour donner à chacun sa chance), donne le titre à ce dernier volume de la trilogie.

En réunissant les tueurs, libérés des geôles, et les rescapés, ce dernier tome aborde le délicat processus de réconciliation nationale entre les hutus et les tutsis. Il constitue en quelque sorte l’ouvrage médian, synthétisant les ravages du passé pour les membres des ethnies adverses, dans la perspective d’un futur mis en commun malgré les ambiguïtés et les difficultés de la cohabitation forcée.

L’aménagement sous la contrainte

En appliquant les trois issues possibles d’un conflit au lendemain du génocide rwandais, il pouvait être envisagé :

  • le statu quo : le pays se serait alors vraisemblablement retrouvé dans une impasse, outre les aspects pratiques (risque de famine du fait du manque de main d’œuvre en laissant les tueurs en détention) ;
  • la rupture totale : le pays aurait risqué de se retrouver de nouveau à plus ou moins long terme plongé dans le chaos, avec le risque de reprise des armes, soit dans un esprit de vengeance de la population tutsie, soit dans un esprit de continuation du génocide inachevé par la population hutue;
  • ou bien l’aménagement : issue qui a été adoptée ici d’une manière peu orthodoxe, puisque sous la contrainte comme il sera évoqué ci-après.

Une dizaine d’années après la commission du génocide, vint en effet le temps de la réconciliation ethnique, dans des circonstances tout à fait particulières.

Au début de l’année 2003, après avoir purgé quelques années en détention, la plupart des tueurs hutus sont brusquement libérés des six pénitenciers du pays, et ils retournent vivre « comme avant » dans leurs villages, retrouvant leurs parcelles de terre, leurs outils, leurs épouses, le cabaret local, le stade de foot...

C’est un cas historique tout à fait atypique.

D’un point de vue pragmatique, il s’agissait de désengorger les prisons, et sans doute permettre aussi au pays de repartir économiquement, fort de la force de travail paysanne de sa communauté hutue majoritaire et dissipant le risque de famine.

Les autorités du pays ont ainsi fait le choix d’imposer la réconciliation entre les tueurs et les survivants du génocide.

De leur côté, les rescapés tutsis ont simplement été briefés par les autorités, afin de les appeler au calme en les obligeant à ne pas agresser, accuser ou vexer les hutus libérés, et ce sous la menace d’un emprisonnement similaire en cas d’irrespect.

La méthode employée a été quelque peu brutale et maladroite, puisque les tutsis avaient manifestement des craintes et des appréhensions à exprimer, et que la censure leur a été imposée dans l’attente des procès. Mais qu’attendre des procès ? La justice était en effet impuissante et démunie au lendemain de ce génocide, les gens à juger étant bien trop nombreux, tout le monde ayant participé d’une manière ou d’une autre au génocide. Les autorités de Kigali ont alors décidé de rendre une justice symbolique, prononcée par des tribunaux populaires (gaçaça) lors de « séances de vérité et de réconciliation », dans l’optique affichée du pardon accordé par les survivants. Ces formes de procès relèvent pourtant de fait davantage d’un simulacre de thérapie de groupe que réellement du domaine de la justice.

A tout le moins, face à un après-génocide sans précédent sur le sol africain, il fallait faire l’essai de procédés quels qu’ils soient, afin de permettre de dépasser le traumatisme pour faire avancer le pays.

L’inimaginable discussion

Au quotidien, depuis la libération des Hutus en 2003, les survivants Tutsis croisent dans leurs villages les anciens tueurs des membres de leurs familles.

Comment apprendre à vivre avec cette présence constante, à se croiser en se dévisageant, dissiper les craintes, les peurs, les appréhensions, avec des plaies qui ne sont pas encore complètement refermées ? Quelle est la place au pardon ?

Du côté Hutu, comment tourner la page de ce passé meurtrier ? Tueurs face aux rescapés et rescapés face aux tueurs, sans pouvoir parler de ce qu'ils ont vécu ensemble, de cette expérience d'extermination d'avril et mai 1994. La vérité de ce qui s'est passé est insupportable, quand elle est racontée par l'autre. Pour le médiateur, ces questions posées abordent le thème de l’inimaginable discussion entre les deux ethnies de nouveau cohabitantes.

La réconciliation forcée des ethnies est la pierre angulaire d’une politique autoritaire.

Claudine (tutsie) parlera d’adaptation contrainte :«On se conditionne à avoisiner »

Marie-Louise dira: « La cohabitation est une forme de réconciliation quand même. »

Quant à Berthe : « On s’habitue, tout s’apprend, surtout ce qui est obligatoire comme la politique de réconciliation. »

Ignace évoquera lui aussi l’obligation de se réconcilier, avec un regard pragmatique et plein d’espoir: « La réconciliation est une obligation des rwandais, qui ne disposent pas d’autres terres que leur petit pays. Elle va être tenaillante, mais elle va réussir, parce que les autorités se montrent équitables avec les deux camps, en obligeant tout le monde à l’accepter pareillement. »

Innocent jugera : « La réconciliation, ce serait le partage équitable de la confiance. La politique de réconciliation, c’est le partage équitable de la méfiance. »

A l’aune de cette expérience humaine ultime, il est également intéressant de s’interroger sur le caractère obligatoire de la médiation, puisqu’il n’est pas contestable que les prémices de la réconciliation ethnique au Rwanda n’ont pu se dérouler que suite à une impulsion forte et sévère des autorités.

En médiation, l’idée de voir imposer aux parties d’entrer dans le processus de médiation est effectivement une piste intéressante ; par contre, appliquée au cas rwandais, il manque ici la nécessaire présence d’un tiers neutre, indépendant et impartial, afin de pouvoir amener au mieux les parties sur le chemin du changement et de l’acceptation d’une vie future avec l’autre.

Janvier imaginera néanmoins que « tout le monde peut changer, nous aussi ».

Enfin, d’autres acceptent la logique de la réconciliation avec plus de bienveillance, comme Josiane survivante tutsie, qui s’est fiancée avec Pio, tueur hutu. Cette union surprenante n’est peut-être qu’une exception shakespearienne; elle démontre toutefois combien, malgré les profonds traumatismes de guerre, deux personnes marquées par l’adversité dans une histoire commune, disposent encore de la capacité de reconstruire ensemble un avenir placé sous le signe de l’altérité.

Conclusion

En conclusion, cette histoire authentique et exceptionnelle m’a démontré que :

  • quels que soient les fantômes du passé susceptibles de nous hanter,
  • quelles que soient les chaînes (chères à Platon) à même de nous alourdir,

les champs du possible devront toujours rester ouverts à l’esprit du médiateur, afin de permettre l’apaisement du contexte de crise, le rétablissement du dialogue entre les parties, et faciliter ainsi tous types de projets d’entente.

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