Le Dernier Samouraï

De WikiMediation.

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Œuvre cinématographique : « Le Dernier des Samouraï » d’Edward Zwick, commenté par Stéphane Poznanski

Le contexte

Cette œuvre relate la difficulté de passer d’un monde féodal à un monde moderne, surtout dans un pays comme le Japon, qui a été construit sur des traditions ancestrales. Il s’est aussi construit sur le vieil adage, "armons nous et préparons nous à la guerre pour avoir la paix".

Les différents personnages incarnent le pouvoir, la cupidité, le mal de vivre, l’honneur, le devoir et le service, puisque le Samouraï est le serviteur de l’Empereur. Il y a aussi une pointe de romance. Dans cette œuvre, ce n’est pas un acteur qui a attiré mon attention de futur Médiateur, mais le sabre du Samouraï et ce qu’il représente. En effet ce dernier est vraiment la clé de voute de ce film.

L’histoire

Alors qu’assoiffé de pouvoir le 1er Ministre tente d’imposer le modernisme par la force de nouvelles armes, il engage 2 vétérans de l’armée Américaine, le Colonel BAGLEY et le Capitaine ALGREN. Mais ces derniers se détestent et vivent avec un lourd contentieux généré lors d’une expédition punitive dans un camp d’indiens peuplé uniquement de femmes et d’enfants. Suite à ce massacre, le Capitaine ALGREN noie sa dépression dans l’alcool.

Après un entrainement succinct de la nouvelle armée du Japon par les Américains, le 1er Ministre l’envoie au combat contre le dernier Seigneur des Samouraïs KATSUMOTO. Cette nouvelle armée est sous le commandement du Capitaine ALGREN, toutefois ce dernier n’y croit guère. L’armée Japonaise est rapidement mise en déroute et le Capitaine se retrouve seul à combattre les Samouraïs.

Le Capitaine ALGREN est blessé et emmené captif dans le village de KATSUMOTO. Ce dernier ne tue pas son ennemi car il veut l’étudier et connaitre ces fameuses nouvelles méthodes de combat. Le Capitaine ALGREN récupère de ses blessures et découvre un peuple actif, minutieux, chacun œuvrant avec précision dans son art. Les Samouraïs s’entrainent au combat chaque jour. C’est un peuple travailleur et discipliné.

Le Capitaine ALGREN apprend l’art du combat des Samouraïs. Il devra affronter la réticence de ces derniers et se forger une solide réputation de guerrier. Le sabre est l’arme de prédilection du Samouraï, le sabre est l’âme du Samouraï, par lui il vit, il meurt, il gère les conflits, il respecte ses adversaires en leur épargnant une mort honteuse. Le sabre est aussi un référent et est au service de l’Empereur.

Après s’être mutuellement étudiés, le Capitaine ALGREN et KATSUMOTO vont devenir amis et combattre l’armée du 1er Ministre qui est dirigée par le Colonel BAGLEY, l’ennemi héréditaire du Capitaine ALGREN. Un combat inégal par le nombre mais nécessaire pour démontrer que la voie du Samouraï est toujours d’actualité. Avant la bataille KATSUMOTO a remis un sabre au Capitaine ALGREN avec une dédicace gravée sur la lame ‘j’appartiens au guerrier qui aura su allier les anciennes et les nouvelles voies’. Lors de la bataille cette même lame ira transpercer le cœur du Colonel BAGLEY, fin du conflit entre les 2 hommes.

KATSUMOTO meurt, ce qui fait le bonheur du 1er Ministre mais crée une légende puisque le Capitaine reste en vit et devient l’Ambassadeur du défunt KATSUMOTO en offrant à l’Empereur le sabre familial de ce dernier. En recevant ce présent l’Empereur réalise le rôle qu’a joué cette arme de guerre. Ce sabre a plus de 1000 ans et il est toujours présent, à lui seul il représente une page considérable de l’histoire de son pays et il est et restera le lien entre le Japon féodal et le Japon moderne. L’Empereur disgracie son 1er Ministre et lui propose d’ôter sa honte en lui tendant le sabre de KATSUMOTO, encore un conflit géré par le sabre, puisque le 1er Ministre a le libre choix de s’ôter la vie ou de vivre dans le déshonneur.

La synthèse

Dans cette fresque historique les conflits sont omniprésents, entre les hommes et l’évolution du pays sans oublier les multiples prêts d’intention et contraintes. La résolution des conflits aura le même vecteur, le sabre, employé différemment.

Dans un pays tel que le Japon, où la rigueur est de mise, ce genre de médiation est emprunte de respect et d’honneur. Le sabre, tenu par la main de l’homme, prend la place du médiateur. Il est à la fois pacificateur et arme de guerre. Cette ambigüité fait ressortir un point crucial du médiateur et de son positionnement, si ce dernier ne respecte pas son code d’éthique et de déontologie. N’étant pas un arbitre, le sabre impose par ce qu’il représente ; la connaissance, l’histoire, son savoir faire, sa précision, son expérience, sa résistance face aux agressions, le passé et l’avenir. On pourrait penser que le sabre offre un choix restrictif, entre la vie et la mort, bien au contraire, pour les Japonais il est le garant d’un juste positionnement puisqu’ils y retrouvent toutes leurs valeurs. Même si les techniques de médiation restent identiques pour tous les conflits, il est important d’adapter son positionnement de médiateur face aux différents interlocuteurs ou situations, homme, femme, enfant, ado, latin, celtique, entreprise, particulier, juridique…

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