Le couperet, par Isabelle Argence

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Version du 31 août 2015 à 21:13 par Jean-Louis Lascoux (discuter | contributions)

'Le couperet' est un film de Costa Gavras, sorti en 2005.

présentation par Isabelle Argence

Sommaire

Le choix

Choix guidé par l’actualité récente des suicides de cadres chez RENAULT, et réflexion sur l’absence de médiation dans le monde du travail.

L’histoire

Un cadre supérieur est licencié suite à une délocalisation. Après quinze ans de « bons et loyaux » services, il part avec 15 mois de salaires, mais deux ans et demi passent et il ne retrouve pas d’emploi. Sa famille (femme et deux enfants) est unie, mais….. le mal être, la pression financière, l’isole des siens petit à petit, et il bascule vers le crime…

L’intérêt

Une histoire grave, traitée avec intelligence. Un film qui peut déranger en 2005, par le fond et le discours sur la valeur travail et la valeur argent, sur la compétition et le danger de notre société qui prône des valeurs individualistes et d’épanouissement personnel dans le travail. Alors que l’humain devient un « capital » et donc « géré » comme un objet et non un sujet… alors que le système dominant enferme l’individu dans une logique de réussite liée à l’argent, et au pouvoir d’achat… alors que la séduction remplace l’autorité pour manipuler et « aliéner » les individus qu’il « faut motiver ».

José Garcia incarne un personnage à la fois humain, attachant et monstrueux. Sa santé mentale est en danger dès lors qu’il perçoit l’aspect humain de ses ennemis/concurrents, qui sont des « profils » trop proches et ressemblant, dangereux pour son propre équilibre de Vie conforme et admis. A l’heure où la dépression et le mal être sont encore, parfois, tabous dans notre culture bien pensante, il est important de se questionner sur les Valeurs Humaines véhiculées tant à travers les Pouvoirs publics que le secteur privé, et y compris dans l’économie naissante dite « Sociale et Solidaire » (ESS) qui se veut ne relever ni de l’une ni de l’autre (plutôt mutualisation, coopération…)

Cette dernière (ESS) place l’humain au premier plan de ses préoccupations :

  • Selon quels critères ?
  • La précarité financière ?
  • Qu’en est-il alors des causes et du traitement de ces causes ?
  • Qu’en est-il de la place laissée au dialogue entre les différentes parties ?

Alors que la médiation, dès l’annonce de délocalisation, voire en amont, peut aider à prévenir et apaiser les éventuels conflits ultérieurs.

Parce que l’environnement incertain et mouvant de l’entreprise nécessite de multiplier les réseaux d’intelligence et mérite de faciliter la pensée du changement. Avec humour, Pierre Dac disait « il vaut mieux penser le changement que changer le pansement ! »…

La réflexion sur la place de la médiation prend ici tout son sens, parce qu’elle y brille par son absence.

A propos de médiation

Elle peut être un outil précieux de démarche (de) qualité, auquel l’entreprise ne pourra plus échapper longtemps. Même si le concept souffre encore de flous, le processus de médiation, tel qu’il est proposé et pratiqué, ne peut que contribuer à porter un autre regard sur les relations/ressources humaines, au sens, non plus de gestion mais de communication. Il s’agit de mieux connaître, de mieux comprendre les êtres humains dans leurs ressemblances et de les prendre en compte dans leur individualité, leur droit à la différence, leur singularité. Nous sommes éloignés des principes fondamentaux (fondateurs) de l’entreprise, qui sont d’ordre économique. Saurons- nous relier ce qui a été arbitrairement séparé, dans l’Histoire : sciences humaines et sciences économiques ? Elles ne sont que des constructions de l’Homme pour survivre et s’adapter, et sont donc vouées à évoluer avec lui.

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