Le défenseur des enfants

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Loi n° 2000-196 du 6 mars 2000 instituant un Défenseur des enfants

Article 1
Modifié par Loi n° 2007-293 du 5 mars 2007 art. 7 (JORF 6 mars 2007)

Il est institué un Défenseur des enfants, autorité indépendante.
Il est chargé de défendre et de promouvoir les droits de l’enfant consacrés par la loi ou par un engagement international régulièrement ratifié ou approuvé.
Il reçoit les réclamations individuelles d’enfants mineurs ou de leurs représentants légaux qui estiment qu’une personne publique ou privée n’a pas respecté les droits de l’enfant.
Lorsqu’il a été saisi directement par l’enfant mineur, il peut en informer son représentant légal.
Les réclamations peuvent lui être présentées par des membres de la famille des mineurs, les services médicaux et sociaux ainsi que les associations reconnues d’utilité publique qui défendent les droits des enfants.En outre, le Défenseur des enfants peut se saisir des cas lui paraissant mettre en cause l’intérêt de l’enfant lorsqu’ils lui sont signalés par des personnes ou des associations n’entrant pas dans les catégories précitées.
Les membres du Parlement peuvent saisir le Défenseur des enfants d’une question de sa compétence qui leur paraît mériter son intervention. Sur la demande d’une des six commissions permanentes de leur assemblée, le président du Sénat et le président de l’Assemblée nationale peuvent également transmettre au Défenseur des enfants toute pétition dont leur assemblée a été saisie.

Article 2

Le Défenseur des enfants est nommé pour six ans par décret en conseil des ministres. Il ne peut être mis fin à ses fonctions avant l’expiration de ce délai qu’en cas d’empêchement constaté dans des conditions définies par décret en Conseil d’État. Son mandat n’est pas renouvelable.

Article 3

Lorsqu’une réclamation mettant en cause une administration, une collectivité publique territoriale ou tout autre organisme investi d’une mission de service public présente un caractère sérieux, le Défenseur des enfants la transmet au Médiateur de la République dans les conditions prévues par une convention conclue entre lui et ce dernier. L’enfant concerné ou ses représentants légaux sont informés par le Défenseur des enfants du résultat de ces démarches.
Lorsqu’une réclamation mettant en cause une personne physique ou une personne morale de droit privé n’étant pas investie d’une mission de service public lui paraît justifiée,le Défenseur des enfants fait toutes les recommandations qui lui paraissent de nature à régler les difficultés dont il est saisi et recommande à la personne concernée toute solution permettant de régler en droit ou en équité la situation de l’enfant mineur, auteur de la réclamation.
Le Défenseur des enfants peut demander aux personnes physiques et morales de droit privé n’étant pas investies d’une mission de service public communication de toute pièce ou dossier concernant la réclamation dont il est saisi. Cette demande est motivée. Le caractère secret des pièces dont il demande communication ne peut lui être opposé. En vue d’assurer le respect du secret professionnel, il veille à ce qu’aucune mention ne permettant l’identification des personnes dont le nom lui aurait été ainsi révélé ne soit faite dans les documents publiés sous son autorité.
Lorsqu’il apparaît au Défenseur des enfants que les conditions de fonctionnement d’une personne morale de droit public ou de droit privé portent atteinte aux droits de l’enfant, il peut lui proposer toutes mesures qu’il estime de nature à remédier à cette situation.
Il est informé de la suite donnée à ses démarches. À défaut de réponse satisfaisante dans le délai qu’il a fixé, il peut rendre publiques ses recommandations. La personne morale ou physique mise en cause peut rendre publique la réponse faite et, le cas échéant, la décision prise à la suite de la démarche faite par le Défenseur des enfants.
Lorsqu’il lui apparaît que l’application des dispositions législatives ou réglementaires relatives aux droits des enfants aboutit à des situations inéquitables, il peut proposer les modifications qui lui paraissent opportunes.
Il peut également suggérer toute modification de textes législatifs ou réglementaires visant à garantir un meilleur respect des droits de l’enfant, notamment en transposant en droit interne les stipulations des engagements internationaux visés à l’article 1er qui sont dépourvus d’effet direct.

Article 4

Le Défenseur des enfants porte à la connaissance de l’autorité judiciaire les affaires susceptibles de donner lieu à une mesure d’assistance éducative telle que prévue par l’article 375 du Code civil ou toutes informations qu’il aurait recueillies à l’occasion de sa saisine par un mineur impliqué dans une procédure en cours.
Il informe le président du conseil général compétent des affaires susceptibles de justifier une intervention du service de l’aide sociale à l’enfance.

Article 5

Le Défenseur des enfants assure la promotion des droits de l’enfant et organise des actions d’information sur ces droits et leur respect effectif.
À l’occasion de la journée nationale des droits de l’enfant, il présente au Président de la République et au Parlement un rapport annuel dans lequel il établit le bilan de son activité.
Ce rapport est publié.

Article 6

La réclamation individuelle adressée au Défenseur des enfants n’interrompt pas les délais de recours devant les juridictions compétentes.

Article 7
a modifié les dispositions suivantes:

L’article L. 194-1 du Code électoral est ainsi rédigé :
« Art. L. 194-1. – Pendant la durée de leurs fonctions, le Médiateur de la République et le Défenseur des enfants ne peuvent être candidats à un mandat de conseiller général s’ils n’exerçaient le même mandat antérieurement à leur nomination.»

Article 8
a modifié les dispositions suivantes:

L’article L. 230-1 du Code électoral est ainsi rédigé :
« Art. L. 230-1. – Pendant la durée de leurs fonctions, le Médiateur de la République et le Défenseur des enfants ne peuvent être candidats à un mandat de conseiller municipal s’ils n’exerçaient le même mandat antérieurement à leur nomination. »

Article 9
a modifié les dispositions suivantes:

Le cinquième alinéa de l’article L. 340 du Code électoral est ainsi rédigé :
« Pendant la durée de leurs fonctions, le Médiateur de la République et le Défenseur des enfants ne peuvent être candidats à un mandat de conseiller régional s’ils n’exerçaient le même mandat antérieurement à leur nomination. »

Article 10

Dans la limite de ses attributions, le Défenseur des enfants ne reçoit d’instruction d’aucune autorité.
Il ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé à l’occasion des opinions qu’il émet ou des actes qu’il accomplit dans l’exercice de ses fonctions.
Il ne peut intervenir dans une procédure engagée devant une juridiction ni remettre en cause le bien-fondé d’une décision juridictionnelle, mais a la faculté de faire des recommandations à la personne morale ou physique mise en cause.
Il peut, ou outre, en cas d’inexécution d’une décision de justice passée en force de chose jugée,enjoindre à la personne physique ou morale mise en cause de s’y conformer dans un délai qu’il fixe. Si cette injonction n’est pas suivie d’effet, l’inexécution de la décision de justice fait l’objet d’un rapport spécial publié au Journal officiel.

Article 11
Modifié par Ordonnance n° 2000-916 du 19 septembre 2000 art. 3 (JORF 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002)

Est puni de six mois d’emprisonnement et de 3750 euros d’amende le fait,pour toute personne, de faire ou de laisser figurer le nom du Défenseur des enfants suivi ou non de l’indication de sa qualité,dans tout document de propagande ou de publicité, quelle qu’en soit la nature.

Article 12
Modifié par Loi n° 2005-1719 du 30 décembre 2005 art. 135 VII Finances pour 2006 (JORF 31 décembre 2005)

Les crédits nécessaires à l’accomplissement de la mission du Défenseur des enfants sont inscrits au programme intitulé « Conduite et soutien des politiques sanitaires et sociales ». Les dispositions de la loi du 10 août 1922 relatives au contrôle financier ne sont pas applicables à leur gestion.
Le Défenseur des enfants présente ses comptes au contrôle de la Cour des comptes.

Article 13
Créé par Loi n° 2002-93 du 22 janvier 2002 art. 13 (JORF 23 janvier 2002)

I. – Les dispositions des articles 1er à 8 et 10 à 12 sont applicables à Mayotte.
Pour l’application du second alinéa de l’article 4, jusqu’au transfert de l’exécutif de la collectivité départementale du préfet au président du conseil général, les mots : « président du conseil général compétent » sont remplacés par le mot : « préfet ».

II. – Les dispositions des articles 1er à 6 et 10 à 12 sont applicables dans les îles Wallis-et-Futuna.
Pour l’application du second alinéa de l’article 4, les mots : « le président du conseil général compétent » sont remplacés par les mots : « l’administrateur supérieur des îlesWallis-et-Futuna » et les mots : « service de l’aide sociale à l’enfance » par les mots : « service territorial de l’inspection du travail et des affaires sociales ».

III. – Les dispositions des articles 1er à 6 et 10 à 12 sont applicables en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie.
Pour l’application du second alinéa de l’article 4 en Polynésie française, les mots : « président du conseil général compétent » sont remplacés par les mots : « président du gouvernement » et les mots : « service de l’aide sociale à l’enfance » par les mots : « service territorial de l’aide sociale ».
Pour l’application du même alinéa en Nouvelle-Calédonie, les mots : « président du conseil général compétent » sont remplacés par les mots : « président de l’assemblée de province territorialement compétent » et les mots : « service de l’aide sociale à l’enfance » par les mots : « service provincial de l’aide sociale ».

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