Le médiateur du cinéma

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Sommaire

Le dispositif législatif

La loi n°82-652 du 29 juillet 1982 sur la communication audiovisuelle

Article 92
Modifié par Ordonnance n° 86-1243 du 1er décembre 1986 art. 60-I (JORF 9 décembre 1986)

Sans préjudice de l’action publique, et à l’exception des conflits relevant des procédures de conciliation et d’arbitrage professionnelles, sont soumis à une conciliation préalable les litiges relatifs à la diffusion en salle des œuvres cinématographiques et qui ont pour origine une situation de monopole de fait, une position dominante ou toute autre situation ayant pour objet ou pouvant avoir pour effet de restreindre ou de fausser le jeu de la concurrence et révélant l’existence d’obstacles à la plus large diffusion des œuvres cinématographiques conforme à l’intérêt général.
Cette conciliation est mise en œuvre par le médiateur du cinéma. Celui-ci peut être saisi par toute personne physique ou morale concernée,par toute organisation professionnelle ou syndicale intéressée ou par le directeur du centre national de la cinématographie. Il peut également se saisir d’office de toute affaire entrant dans sa compétence.Sous réserve du droit pour l’autorité judiciaire de saisir le Conseil de la concurrence aux fins d’avis, l’engagement de la procédure de conciliation entraîne, à l’égard de l’affaire et des parties concernées, suspension de toute procédure devant le Conseil de la concurrence pendant une période maximale de trois mois.
Le médiateur du cinéma favorise ou suscite toute solution de conciliation.Le procès-verbal de conciliation qu’il dresse a force exécutoire du seul fait de son dépôt au greffe du tribunal d’instance. Il peut rendre public ce procès-verbal.À défaut de conciliation, le médiateur du cinéma émet, dans un délai maximum de deux mois à compter de sa saisine, une injonction qui peut être rendue publique.
En cas d’échec de la conciliation, le médiateur du cinéma pourra décider de saisir le Conseil de la concurrence si le litige relève de la compétence de celui-ci et informer le ministère public si les faits sont susceptibles de recevoir une qualification pénale.

Le décret n°83-86 du 9 février 1983 portant application des dispositions de l’article 92 de la loi n° 82-652 du 29 juillet 1982 sur la communication audiovisuelle et relatif au médiateur du cinéma

Article 1
Modifié par Ordonnance n° 86-1243 du 1er décembre 1986 art. 60 I (JORF 9 décembre 1986).

Le médiateur du cinéma est nommé,après avis du conseil de la concurrence,par décret pris sur le rapport du ministre chargé de l’économie et des finances et du ministre chargé du cinéma, pour une durée de quatre ans renouvelable. Il est choisi parmi les membres du Conseil d’État,de la Cour de cassation ou de la Cour des comptes.

Article 2

Le médiateur du cinéma peut se faire assister de personnes qualifiées qu’il désigne après avis du directeur général du Centre national de la cinématographie.

Article 3

Le médiateur peut être saisi pour conciliation par la partie la plus diligente,qui lui adresse par écrit ou lui présente oralement une requête exposant les points sur lesquels porte le litige. Il peut, en outre, être saisi par toute organisation professionnelle ou syndicale intéressée ou par le directeur général du Centre national de la cinématographie,ou se saisir d’office.
En cas de saisine d’office ou de saisine par une organisation professionnelle ou syndicale ou par le directeur général du Centre national de la cinématographie,le médiateur notifie cette saisine aux parties intéressées par lettre recommandée avec demande d’avis de réception.
Le médiateur dispose d’un délai de quinze jours à compter de sa saisine pour tenter de concilier les parties en cause.

Article 4

Pour l’examen de chaque affaire,le médiateur invite les parties à lui fournir toutes les précisions qu’il estime nécessaires et peut entendre toute personne dont l’audition lui paraît utile.
Le médiateur ainsi que les personnes qualifiées qui l’assistent sont tenus de garder le secret sur les affaires portées à leur connaissance.Seules sont admises à participer aux réunions les personnes convoquées par le médiateur.

Article 5

Le médiateur ne peut retenir aucun fait,grief ou élément de preuve sans en informer les parties intéressées dans des conditions permettant à celles-ci d’en discuter le bien-fondé.
Les parties peuvent se faire assister par un avocat ou par toute personne de leur choix.

Article 6

En cas de conciliation, le médiateur établit un procès-verbal signé par lui et par les parties en cause, constatant la conciliation, précisant les mesures à prendre pour mettre fin à la situation litigieuse et fixant un délai pour l’exécution de ces mesures.
Le procès-verbal est déposé immédiatement au secrétariat-greffe du ou des tribunaux d’instance dans le ressort duquel ou desquels les parties au litige ont leur domicile, résidence ou siège social.
Toute conciliation réalisée ultérieurement est constatée par procès-verbal établi et déposé dans les conditions prévues à l’alinéa précédent.

Article 7
Modifié par Décret n° 91-1129 du 31 octobre 1991 art. 7 (JORF 31 octobre 1991).

En cas d’échec de la conciliation, le médiateur invite la partie qui l’a saisi à formuler par écrit,dans le délai qu’il fixe,l’objet de sa demande et les moyens qu’elle invoque à son appui. Dès réception de la demande par le médiateur, celui-ci la notifie à l’autre partie,par lettre recommandée avec demande d’avis de réception. À défaut d’une prorogation décidée par le médiateur, cette partie dispose, pour présenter par écrit ses observations,d’un délai de huit jours,à compter de la date de réception de la lettre recommandée.
Lorsque le médiateur s’est saisi d’office ou en cas de saisine par une organisation professionnelle ou syndicale ou par le directeur général du Centre national de la cinématographie, le médiateur invite les parties intéressées à présenter leurs observations dans les délais prévus à l’alinéa précédent.

Article 8

Le médiateur émet une injonction précisant les mesures qui lui paraissent de nature à mettre fin à la situation litigieuse.
L’injonction est notifiée aux parties par lettre recommandée avec demande d’avis de réception.
Une copie de l’injonction est adressée au directeur général du Centre national de la cinématographie.

Article 9

À l’expiration du délai imparti à l’article 6 ci-dessus pour l’exécution des mesures figurant au procès-verbal de conciliation ou à l’expiration d’un délai d’un mois à compter de la notification de l’injonction, si les mesures destinées à mettre fin à la situation litigieuse n’ont pas été prises, le médiateur peut mettre en œuvre les dispositions du dernier alinéa de l’article 92 de la loi du 29 juillet 1982 susvisée.
Il peut être fait application à tout moment de ces mêmes dispositions, un mois après une mise en demeure adressée par le médiateur, si l’exécution des mesures prescrites par le procès-verbal de conciliation ou par l’injonction du médiateur est interrompue et la situation litigieuse rétablie.

Article 10

Le médiateur décide de la publication, intégrale ou par extraits, de son injonction dans un ou plusieurs journaux de son choix ainsi que dans le bulletin d’information édité par le Centre national de la cinématographie.
En cas de sanction administrative ou judiciaire prononcée après mise en œuvre des dispositions du dernier alinéa de l’article 92 de la loi du 29 juillet 1982 susvisée, les frais de publication de l’injonction sont mis à la charge de la partie condamnée.

Article 11

Le médiateur adresse, chaque année, un rapport d’ensemble sur ses activités au ministre de la Justice,au ministre chargé de l’Économie et des Finances et au ministre chargé du Cinéma.
Copie de ce rapport est adressée au Président de la commission de la concurrence.

Le décret du 6 avril 2006 portant nomination du médiateur du cinéma

Par décret en date du 6 avril 2006, M.Roch-Olivier Maistre, conseiller maître à la Cour des comptes, est nommé médiateur du cinéma, en remplacement de M. Francis Lamy, démissionnaire.

Commentaires

Le système mis en place par le législateur est dans un premier temps une conciliation.
En cas d’échec de la conciliation ce «médiateur »-conciliateur se voit investi d’un pouvoir d’injonction et d’un pouvoir de saisine du conseil de la concurrence et du Procureur de la république, ce qui l’assimile à un arbitre.

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