Le roi lion

De WikiMediation.

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Œuvre cinématographique : « Le roi lion » de Walt Disney, vu par Ursula Bozio-Made.

Sommaire

Avant-propos

Le Roi Lion est le 43e long-métrage d'animation et le 32e « Classique d'animation » des studios Disney. Sorti en 1994, il s'inspire en grande partie de l'œuvre d'Osamu Tezuka, Le Roi Léo (1951). Mais les deux œuvres ont une inspiration commune : Hamlet, prince du Danemark de William Shakespeare, publié en 1603. Le Roi Lion est le seul grand classique de Disney où n'apparait aucun humain de quelque manière que ce soit. Les animaux ne font pas mention de leur existence, et aucun élément ne laisse entrevoir une présence humaine.

Pourquoi donner son point de vue sur un film ne comportant que des animaux ?

Le Roi Lion est drôle, émouvant, romantique, enjoué et rythmé.

Son histoire, un conflit de pouvoir et le parcours initiatique d'un enfant, est universelle et commune.

J’ai donc souhaité filtrer cette histoire à travers l’œil de l’humain médiateur professionnel.

L’histoire

Le lion Mufasa, Roi des animaux, et son épouse Sarabi donnent naissance à un héritier, Simba. Toute la Savane se réjouit et se rassemble pour célébrer la naissance du Prince. Toute la Savane sauf Scar, le frère de Mufasa, qui enrage de voir ainsi réduites à néant ses chances de monter, un jour, sur le trône et d’accéder au pouvoir.

Il élabore aussitôt un bien sombre dessein visant à éliminer le lionceau décidément fort gênant. Si son premier plan échoue de justesse, son deuxième obtient des résultats inespérés : Mufasa perd la vie et Scar persuade, par filouterie, Simba qu’il est responsable de la mort de son père et le contraint à s'exiler dans le désert.

Sur le point de mourir de soif, le lionceau est sauvé par Timon, le suricate et Pumbaa, le phacochère, dont il apprendra bien vite à partager la philosophie épicurienne imagée par l’expression « Hakuna matata[1] », c'est-à-dire profiter de la vie au jour le jour, sans se poser de questions.

Analyse du conflit et observations quant aux difficultés à changer

Le conflit est simple : deux frères, un royaume, un seul héritier. Voici synthétisé un cas courant de conflit qui pourrait être, remis dans notre langage commun, deux frères, un territoire, un partage considéré comme impossible.

D’ailleurs, au début du film, les dés sont lancés, le Roi Mufasa n’étant pas content que son frère, Scar, ne soit pas venu à la cérémonie lui dit : « tu cherches la guerre » et Scar de lui répondre : « voyons, il ne peut pas y avoir de guerre entre-nous …. » prêtant ainsi l’intention selon laquelle deux frères ne peuvent pas être en conflit.

Mufasa fatigué d’essayer de convaincre son frère de vivre en paix ensemble dans le Royaume préfère partir. Il choisit donc un des cas de rupture possible dans l’adversité : l’abandon.

De là, Scar va mettre en place plusieurs plans diaboliques qui atteindront finalement leur but : contraindre tout le Royaume par la mort du Roi.

Un soupçon de jugement de la part de Scar à Simba : « Qu’est ce que tu as fait Simba ! Tu as tué ton père  … pars et ne reviens jamais … »

Un dernier prêt d’intention : Scar se méfiant que Simba ne prenne pas la fuite charge ses alliées, les hyènes, de supprimer le Lionceau.

Et le tour est joué, le Lionceau s’enfuit en abandonnant son royaume. Toutefois, les hyènes, bien trop fainéantes, ne le tuent pas.

De là, commence l’histoire d’un enfant qui se construit sans repères ou du moins sans ceux conformes à sa nature, rempli de culpabilité, allant jusqu’à effacer de sa mémoire son début de vie.

Cette partie du film illustre plusieurs notions abordées dans le cadre de la formation.

Simba, qui grandit loin des siens, supporte une lourde culpabilité et il a peur de changer.

Même lorsque son amie d’enfance, Nala, le retrouve par hasard et qu’elle tente de lui expliquer ce qui se passe sur son Royaume, la Terre des Lions (Scar est devenu un tyran et la famine menace ses habitants), il reste campé sur son point de vue.

Elle tente de le raisonner et encourage son retour en tant que roi légitime.

Ici, nous rebasculons dans une position d’adversité. En effet, même si le point de vue de Nala est légitime, selon elle, Simba ne peut voir autrement pour le moment. Un travail reste à faire.

Ce travail c’est celui que fait le médiateur en établissant notamment les règles de communication et en apurant l’émotionnel.

Simba refuse de revenir parmi les siens, rongé par la rancœur, il lui répond : « il y a des choses dans la vie qui tournent mal, c’est une fatalité et on n’y peut rien. On ne change pas le passé c’est ma faute si mon père n’est plus là ».

Cette scène renvoie à la définition du mot Processus dans le wiki médiation c'est-à-dire que Simba doit à présent vivre une rupture relationnelle, un changement de comportements et de perceptions.

C'est finalement le mandrill Rafiki, sage du royaume, et surtout l'apparition du fantôme de Mufasa, qui parviendront à le faire changer d'avis afin qu'il renverse Scar et redonne au royaume de son père sa beauté et sa grandeur perdues.

En effet, ce dernier procède à un réel accompagnement individuel de Simba : apurement des émotions, prise de conscience et projection vers le futur.

Il procède avec altérité et respecte dans son discours les composantes du métier de médiateur. Il reste disponible à la parole de l’autre.

En arrivant sur la terre des Lions, Simba apprend la vérité au sujet de la mort de son père et peut enfin se libérer et lâcher prise.

Il reprend donc sa place et redevient légitime.

Conclusion

Ce film illustre deux grandes notions que j’ai apprises en formation :

  • Tout conflit a une issue. Si le travail d’apurement des émotions est mené selon le processus transmis, il n’y a aucune raison à ce que les parties ne trouvent pas leur propre solution ;
  • Le médiateur ne doit pas négliger l’influence du tiers absent (bruit de couloirs, qu’en dira-t-on, rumeur…) car beaucoup de conflits naissent d’une fierté blessée.

Enfin, je donnerai une position qui me tient à cœur concernant ce film qui développe une notion importante : le respect des écosystèmes.

En effet, en examinant le processus de la médiation j’ai trouvé qu’un parallèle pouvait être fait avec le respect des écosystèmes. Nous pourrions parler d’ « écosystème » de la médiation (processus de la médiation) tant du côté des parties que du côté du médiateur qui permet de garantir le respect des individus et le choix de la solution trouvée.

Référence

  1. Expression tirée de la langue swahili et signifiant littéralement « des ennuis n’ai-je pas »
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