Les bons interlocuteurs sont-ils autour de la table de médiation ?

De WikiMediation.

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Depuis que la presse Suisse a commencé à s'intéresser à l'avenir de la société Swissmetal, il n'est guère de jour où la "confidentialité" de la médiation ne nous permette de savoir comment évolue les échanges conduit par le médiateur...

Les hypothèses de solutions sont rapportées. Il semblerait que nous en apprenions plus par la voix du médiateur que par celles des parties elles-mêmes. La radio RJB (Radio Jura Bernois indiquait le 9 mars "Les principaux protagonistes du conflit se sont refusés à tout commentaire. Ils ont d'ores et déjà prévu de se retrouver demain pour de nouvelles discussions."

Mais le "médiateur" semble lâcher quelques informations...

Swissmetal Boillat serait à vendre.

Le rachat de l'entreprise est envisagé. En effet, "Cette option est tout à fait possible et réalisable mais elle devrait se concrétiser rapidement", a expliqué le médiateur Rolf Bloch à l'issue de deux jours de discussions. "Reconvilier pourrait garder ainsi son indépendance en dehors du groupe soleurois", a ajouté Rolf Bloch - rapporte Romandie News - qui ajoute : "Evoquant l'atmosphère lors de ces deux jours de négociations, le médiateur fédéral a parlé de hauts et de bas. "Mais l'on tend à une meilleure compréhension entre les parties", a estimé M. Bloch. Lors de la médiation, le groupe soleurois a notamment présenté son concept industriel."

Ainsi, Romandie News ne considère pas que le médiateur soit indépendant. Il est nommé médiateur fédéral...

Ce statut du médiateur est une réalité depuis le début de cette "médiation". En effet, il existe une confusion certaine entre les principes de la médiation (indépendance du médiateur, neutralité, impartialité et garantie de confidentialité) et le rôle joué par le "médiateur fédéral".

D'ailleurs, la presse Suisse - et internationale - semble être utilisée pour faire pression sur la direction de l'entreprise, sinon pourquoi le médiateur serait-il aussi ouvert à des effets d'annonce de la solution qui apparait bien être celle qui lui semble la plus évidente... Le pouvoir politique ne peut contraindre une société privée de se soumettre à un plan spécifique concernant l'emploi.

En conséquence, comme la solution de vente qui n'est qu'une hypothèse est de plus en plus présentée comme la meilleure des solutions par le "médiateur", c'est cette solution qui est défendue par le médiateur. Celui-ci, mandaté par le gouvernement fédéral, voit là une sortie de crise normalisée dans cette affaire privée à laquelle l'environnement social et politique est fortement impliqué...

En suivant cette voie, viendra bien le moment où la négociation portera sur les aides du gouvernement fédéral... A moins que celui-ci reste caché dans certaines négociations financières.

En tout cas, une grande partie de la presse Suisse semble adopter un language critique envers les "effets de la mondialisation du Grand Capital", lequel, longtemps tenu dans des frontières, posaient manifestement moins de problèmes économiques et sociaux... et, donc, politiques...

L'exemplarité du conflit Swissmetal semble moins être dans la lutte de ses salariés que dans les interrogations que soulèvent l'ouverture du modèle économique suisse et aux risques que représentent la recherche du profit d'un actionnariat qui n'a que faire des aspects éthiques de la vie des entreprises...


Par Jean-Louis Lascoux, le 11/3/2006

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