Les qualités du médiateur

De WikiMediation.

Share/Save/Bookmark

Le conflit résulte de la confrontation des besoins, des intérêts et des valeurs des uns et des autres. Bien entendu, certaines valeurs sont partagées par le plus grand nombre et d’autres, ne sont acceptées que par quelques uns. Ces valeurs ne sont pas statiques, elles évoluent, font l’objet d’ajustements permanents. Le but du conflit est de changer le rapport de force qui existe entre les parties en présence. Il est normal, fait partie de la vie sociale. Son intérêt est de souder l’identité commune d’un groupe. La médiation est un mode de résolution du conflit fondé sur le principe de l’altérité. Il faut lever ici une confusion, il ne s’agit pas de confronter la personne mais seulement son comportement. A titre personnel, le conflit est une source constante de l’évolution des êtres humains. Le médiateur respecte, dans le cadre de sa mission, trois règles de communication fondamentales dont l’objet est de sécuriser et de valoriser les parties, acceptant leurs valeurs et enfin en se montrant pédagogue et positif.


Respect des règles et des valeurs

Le médiateur, en adoptant une position d’écoute, une posture particulière, une neutralité et par son implication complète, doit veiller à sécuriser les parties en leur apportant les moyens d’une communication apaisée, respectueuse des règles qu’ils auront acceptées d’une part, et d’autre part, le médiateur, quant-à lui, devra respecter les valeurs des parties, mêmes inacceptables à première vue. Lors de l’entretien préalable, le médiateur, pour éviter lors des rencontres postérieures des parties l’escalade symétrique qui se produit entre elles immanquablement et qui est l’une des caractéristiques du conflit, doit maîtriser les techniques de communication qui permettent de désarmer l’intensité conflictuelle en reconnaissant les bonnes intentions et la maladresse de ses interlocuteurs. Il leur propose de retenir un mode de communication apaisée et apporte son aide pour assurer le respect de ces règles. La sécurisation de la communication des parties s’effectue également par la reconnaissance de leurs valeurs, sans tabous, sans jugement moral ni de valeur. Le médiateur ne doit pas se montrer ni choqué, ni heurté, être à 100 pour cent dans l’accueil. Bien entendu, il doit préalablement s’interroger pour vérifier si sa tache de médiateur peut être remplie eu égard à ses convictions et valeurs personnelles. Il veille aussi en s’appropriant le discours des parties, alors même que ce dernier est inacceptable, à les reconnaître dans leur légitimité respective.


Le médiateur est pédagogue

Par sa posture, le médiateur doit faire œuvre de pédagogie tant dans ses propos que par son comportement qui doivent être irréprochables. L’une des constantes du conflit est la confusion émotionnelle qu’elle génère dans l’esprit des parties. La conséquence de cette posture est de nature à permettre aux parties de dépasser leurs souffrances, leurs blessures et leurs ressentiments. En faisant prendre conscience à chacune des parties qu’aucune d’elle n’est porteuse de mauvaises intentions, qu’il s’agit de maladresses, il permet de purger l’état émotionnel. Par la qualité d’implication et la forme du remerciement, il interpelle l’intelligence de l’autre, le valorisant par voie de conséquence. Les parties comprennent que leur choix de la médiation, librement consenti, nécessite un dessaisissement important d’elles mêmes et une remise une question d’un certain nombre de leurs valeurs, de leurs principes. La médiation leur permet d’appréhender une nouvelle perspective et d’accéder à la construction d’un meilleur univers relationnel. Le médiateur est le référent pour l’autre. La médiation ouvre un champ de réflexion plus large, plus créatif, plus responsable, fondé sur l’altérité, respectueux d’autrui et hautement pédagogique.


Le médiateur est positif

Le médiateur doit montrer une bonne humeur à toute épreuve et doit être très vigilant à ne pas se laisser polluer par la mauvaise humeur des parties. Celles-ci, en conflit sont naturellement débordées par la confusion émotionnelle, conséquence du fatalisme conflictuel. Ce n’est que par un entraînement sérieux et répété et une distanciation nécessaire que l’expression de cette confusion émotionnelle sera entendue ; elle est : irrationnelle, confuse, répétitive et violente. En prenant cette distance, le médiateur, à l’image de René DESCARTES, propose un discours dans lequel il fait prendre conscience que les idées reçues, les préjugés, les croyances et les valeurs sont autant de filtres troublant la qualité du raisonnement. La valorisation de l’autre résulte du phénomène de reconnaissance de sa légitimité, de ses bonnes intentions et de sa maladresse. Il doit constamment conserver présent en son esprit le but, la cible, c'est-à-dire l’obtention d’un consensus acceptable par les parties. Il doit faire admettre à l’autre que la règle gagnant-gagnant n’existe pas à première vue ; la partie doit accepter consciemment de se dessaisir d’une partie d’elle-même Au départ, elle aura l’impression d’y perdre pour en final y gagner.

Le médiateur est un professionnel qui prend le conflit en charge et doit s’impliquer entièrement. Par ses qualités personnelles, ses connaissances, il doit orienter les parties vers l’altérité. Il se positionne en leader ship, incite les parties inconsciemment à l’imiter. Il génère la créativité et permet ainsi l’inimaginable discussion.

Outils personnels
Autres langues
Translate