Médiation en cas de pression scolaire

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Version du 14 octobre 2008 à 18:39 par Ludivine Guyot (discuter | contributions)

Un exemple de médiation de stress dans un cas de pression scolaire : le cas de Julie

Sommaire

Le contexte

Julie vient d’avoir 18 ans. Elle est en terminale S et passe le BAC dans un mois. C’est une très bonne élève à la vue de ses notes. Elle veut « faire médecine » l’année prochaine et vient de passer un concours à Lyon pour rentrer dans la filière de l’armée. Lors d’examen ou de contrôle comme le BAC blanc, Julie ressent habituellement un léger stress. Elle en a l’habitude, l’accepte et l’utilise comme levier pour « être dedans », selon son expression. Et cela la fait réussir, en particulier en Maths. A cet examen à Lyon, lorsque arrive l’épreuve de Mathématique, curieusement, Julie ne sent plus de stress monter. Elle est comme dans un rêve. Elle se regarde faire. Elle est à côté d’elle. Elle s’est quittée. Elle n’est pas « dedans ». Et elle n’arrivait plus à se concentrer. Elle se rend compte après coup, qu’elle a zappé un bout de la consigne à l’un des exos. Pourtant, elle avait tout lu. Et cela ne lui arrivait jamais. Toutes les autres épreuves de ce concours se sont bien déroulées pour Julie: elle était « dedans ». Son objectif lorsqu’elle a demandé cette médiation: retrouver sa capacité à se concentrer car cet évènement l’a rendue très inquiète. Elle commence à perdre confiance en elle.

La « transmutation », ou l'inimaginable transformation

Lorsque le contrat est clair entre nous 2, j’invite Julie à se mettre dans l’énergie de ce fameux contrôle de Math. C’est très présent pour Julie. Elle se met assez vite en contact avec le stress qu’elle avait de ne plus être dedans, de se regarder faire. Cela lui fait de la pression. Nous utilisons ce stress intérieur que Julie ressent dans l’instant pour « traverser » cette pression, pour « transmuter ». Tout comme un poussin, qui serait arrivé à son terme et qui étoufferait dans sa coquille devenue trop petite pour lui, décide de sortir de là, en cassant la coquille de l’intérieur avec son bec et en prenant toute sa force de vie. Ce processus que Julie met en œuvre, qui unit, tout à la fois, le ressenti d’une pression intérieure, l’effort physique intense (traverser la coquille avec son bec pour le poussin, d’autres actions symboliques et physiques pour la personne) et le mental (visualiser cet enfermement), lui permet rapidement de dépasser son stress, de débloquer quelque chose qui était coincé, de faire circuler à nouveau l’énergie. Le processus de transmutation utilise le carburant rendu disponible lors du ressenti de certaines émotions comme la peur, la colère,….Il permet à la personne de dépasser son stress, de s’en libérer et de gagner du terrain, c’est dire de nouvelles ressources. Julie a pu transmuter ce stress, transformer cette énergie qui était bloquée en énergie constructive pour elle. Elle est passée dans le même temps dans un nouvel état intérieur, paisible, serein à partir duquel mon questionnement lui permet rapidement de prendre conscience que plusieurs personnes lui avaient fait savoir que l’examen qu’elle allait passer, était particulièrement difficile en Mathématique. Une part de Julie, s’était laissée envahir par cette énergie extérieure à elle. Peur de ne pas réussir, légitimée par de nombreux discours concordants qui actaient que cet examen était particulièrement difficile…En bref, dans une part d’elle et sur ce sujet, Julie avait donné son pouvoir aux autres. La part non habitée s’est faite envahir ; celle là même qui donne son pouvoir aux autres, celle là même qui a été mise en place depuis si longtemps déjà.

La prise de conscience de Julie

En poursuivant l’accompagnement, Julie se met en contact avec tout ce qui se dit autour des études de médecine et de l’énergie dans laquelle elle baigne au quotidien avec des rengaines du type de celle-ci : « Tu sais Médecine, c’est très difficile, quand tu es en amphi, tu pars 5 minutes et on te pique tes affaires pour t’empêcher de réussir. Les taux de réussite au concours parlent d’eux-mêmes, 15 % seulement passeront en 2ème année, et encore ce taux inclut les redoublants, autant dire que la probabilité de réussir dès la 1ère année… » Nombreux d’entre nous véhiculent ce type de discours, parfois sans mesurer les conséquences de leur parole, sans imaginer les conséquences que ces mots peuvent avoir sur d’autres, sans prendre conscience, que leur verbe est créateur, de leur responsabilité même si évidemment ils n’en sont pas coupables car ils ne savent pas, ils l’ignorent tout simplement. Je n’irai pas plus loin sur ce sujet, qu’est celui des pensées et des paroles. Dans ce bain là, Julie est prise par un stress qu’elle ne ressent pas (puisque coupée de son potentiel émotionnel). Son stress « non géré » remonte dans sa tête et impacte le mental. Julie commence à ruminer jour après jour, de plus en plus souvent : « la barre est très haute, je ne vais jamais y arriver». Julie perd confiance en elle. La peur de ne pas être à la hauteur, la gagne insidieusement, l’habite de plus en plus, remonte dans la tête et fait alliance avec le mental pour se concocter une belle « déprime », dévoreuse d’énergie et au fond, si inutile.

Revenons au cas de Julie : « La barre est très haute, je ne vais pas y arriver… ». Peur de ne pas être à la hauteur. Et de tous ces étudiants qui vivent dans cette peur. Plus les études sont prestigieuses, plus la peur est forte. Ceux qui passent par là, peuvent, comme Julie, être amenés à se quitter, à se fermer à leur propre puissance, à leur potentiel émotionnel car sinon, pour eux, le stress serait trop fort, la souffrance insupportable. Alors, il est préférable de s’anesthésier pour ne plus ressentir et tout mettre dans une "cocotte minute" que l’on ferme à triple tour et on verra plus tard. En se fermant, ces étudiants deviennent de plus en plus individualistes. Ils se ferment sur eux-mêmes, il n’y a plus qu’eux qui comptent. Il faut réussir à tout prix. J’ai pris l’exemple des étudiants, et je ne peux m’empêcher de faire l’analogie avec d’autres populations... « La fin justifie les moyens » : ceci explique beaucoup de comportements observés dans certaines études supérieures, l’esprit de compétition. Cette part d’eux, impuissante, prend le pouvoir, commande, dirige et joue à fond le jeu de ce système qu’ils forment eux-mêmes. Ils ne font que faire perdurer le système que nous avons créé. Nous perdons tous à ce jeu notre puissance et notre potentiel.

Conclusion

Nombreux de ceux des jeunes que j’accompagne, sont dans ce cas là. Les processus de médiation du stress que je mets en place dans mon accompagnement, leur permet de contacter leurs émotions, de se libérer et de gagner du terrain, vers plus de ressources, de conscience, de puissance, de responsabilité, d’autonomie et de bien-être.

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