Mensonge

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Version du 19 mai 2010 à 08:02 par Thomas LOP VIP (discuter | contributions)
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Le mensonge est un moyen de détourner l'attention de ce qui s'est passé, est en train de se passer ou est supposé logiquement se produire. Mentir consiste à présenter des informations de nature à transformer le déroulement d'un événement ou à modifier la perception de la réalité par un rapport d'influence - généralement fondé sur la confiance réelle, tacite ou imaginaire.

Classé dans les PIC, le mensonge est fondé sur une émotion, la peur, et combine un prêt d'intention et un jugement.

Sommaire

L'intention dans le mensonge

En dehors du mensonge motivé par une plaisanterie, ce qui motive une personne dans son mensonge est le fait qu'elle se dit, à tort ou à raison, que la réalité ne serait pas acceptée en tant que telle par le destinataire du mensonge...

Comment un médiateur doit-il se comporter face au mensonge ?

Cette question est souvent posée en formation de médiateur. Question éthique. Question déontologique. La réponse n'est pas plus simple, a priori, que la conviction, ou plutôt le fait d'être effectivement confronté à un menteur puisse être démontré.

Nous savons, en médiation, que le mensonge fait partie du fonctionnement humain. Souvent le médiateur doit écouter les difficultés des personnes à revenir à des faits les moins interprétés possibles, non-déformés...

Affaire d'Outreau

Parlant de mensonge, l'affaire d'Outreau est très présente dans les esprits. Le système judiciaire a été montré du doigt. L'autocritique pénible qui est en train de se dérouler devant les caméras de la télévision est certainement un acte sans précédent en vue d'une transformation d'un système judiciaire.

Les journalistes, enfin, commencent à faire leur mea culpa. On se souvient en effet du manque de prudence des titres accusateurs, enchaînant présomptions de culpabilité sur affirmations de culpabilité dans les titres d'une presse qui, au lieu d'informer, s'était transformée en tribunal et, pour finir, en presse à scandale.

A titre d'illustration d'un mécanisme écrasant de même type que l'affaire d'Outreau, je citais il y a quelques temps "Le silence des Innocents" (film dvd).

Il est tout aussi intéressant de voir "Le Mystificateur" (film dvd). La pirouette mystificatrice, stratagème manipulateur gigogne, va très haut, puisque le producteur du film n'est autre que... Tom Cruise, connu pour ses affinités avec la scientologie... Mais passons.

Non seulement nous pouvons réfléchir à savoir ce qui peut conduire une personne à raconter des choses fausses, voire invraisemblables. Et nous pouvons aussi nous poser la question de savoir ce qui fait que tout le monde soit berné et en rajoute.

Le mécanisme semble être celui des rumeurs. Par facilité, complaisance, ignorance, personne ne va plus loin. Par confiance ou par peur, personne ne vérifie.

Ils sont cependant nombreux les mécanismes pour expliquer l'entêtement du jeune magistrat instructeur. Face à la commission d'enquête, entouré de deux avocats, il ne semble s'étonner de rien. Curieux système de défense que celui qui consiste à laisser entendre que les éléments dont il disposait lui permettaient - et donc lui permettraient encore - de justifier ses comportements lors de l'instruction. Il n'aurait fait que son travail. Qu'en penser ?

Ne savons nous pas que s'il est une chose que chaque individu supporte mal, c'est d'avoir tort ? Et avoir eu tort à ce point là, n'est-ce pas difficile à percevoir ?

Les mémoires du garde du corps d'Hitler

Je regardais l'interview de Rochus Misch, garde du corps d'Hitler, à l'occasion de la sortie de son bouquin. Lui non plus ne se reconnait aucun tort. Il a même affirmé que nombre d'allemands auraient préféré être à sa place. Cet argument, selon lui, devant justifier son absence totale de regret, une fois la bonne information révélée...

Au passage, nous pourrions nous demander si les droits d'auteurs iront en réparation des préjudices subis par les victimes de tant d'indifférence dans l'implication, certes indirecte, mais bien réelle, de ce garde du corps. Imaginons maintenant que le magistrat instructeur fasse recette un jour en racontant sa version persistante d'avoir fait son devoir en respectant le droit... Imaginons et passons encore.

Etonnant parallèle.

Quant à la question de la preuve, il conviendrait de se souvenir des propos d'Henri Poincaré : "Le savant doit ordonner ; on fait la Science avec des faits comme une maison avec des pierres ; mais une accumulation de faits n'est pas plus une science qu'un tas de pierres n'est une maison.." En le paraphrasant simplement, il suffit de dire qu'un ensemble de déclarations ou même de faits ne constituent pas plus une preuve qu'un tas de pierre n'est une maison...

Les médiateurs doivent s'inspirer de ce genre d'évènements. Ils entendent. Ils écoutent. Rien ne prouve que ce qui leur est dit est vrai. Ils doivent savoir s'en tenir là : ce qu'ils entendent n'est que des mots. De plus, ils n'ont pas en charge d'établir une preuve quelconque. En aucune manière, ils ne sauraient se prétendre expert en détection de vérité.

De ce positionnement d'impartialité, les professionnels de l'instruction pourraient s'en inspirer, si jamais le droit français laissait à une seule personne le soin d'enquêter à charge et à décharge : les déclarations ne sont que des mots. Il convient d'être d'autant plus prudent dans le traitement des informations recueillies lors de l'instruction d'une affaire pénale, et a fortiori criminelle, que les déclarants sont inévitablement stressés.

Une chose encore. Un point concernant les déclarations de l'expert psy. Les propos qu'il a tenu concernant ses méthodes de travail sont-ils vraiment scandaleux ? Certes, nous pouvons nous inquiéter quant au fait qu'un auxiliaire de l'appareil judiciaire indique bâcler son travail au prétexte qu'il trouve que sa rémunération est dérisoire ("tarif de femme de ménage = travail de femme de ménage" - ce qui peut être diffamatoire pour les femmes de ménage compte tenu de la qualité du travail fourni par l'expert). Et si en fait la rémunération n'avait rien à voir avec les résultats et que ce n'est pas l'expert lui-même qui est à mettre en cause, mais le système même des expertises ? Le rôle joué par ces experts est en effet très subjectif. Nous l'avons vu à Outreau. Mais de nombreux cas pourraient en faire un procès : la démarche est trop interprétative. Ces experts sont-ils formés à la distanciation ? Pourquoi n'interviendraient-ils pas en aveugle, c'est-à-dire sans savoir l'accusation qui motive leur expertise ?

En tout cas, quel que soit le devenir de l'éventuelle réforme du système judiciaire, les médiateurs qui interviennent et interviendront en cours de procédure doivent être d'autant plus exemplaires qu'ils seraient impardonnables de ne pas savoir être indépendants, impartiaux et neutres, en raison de la formation qu'ils doivent avoir reçue, laquelle doit insister sur ces principes fondamentaux.

Toutefois, rien n'est gagné quant à ce positionnement, surtout quand on voit parfois le mauvais traitement de la confidentialité en médiation par des médiateurs manifestement improvisés...

Devons nous passer encore ?

En effet, il n'est pas improbable que, réforme aidant, le rôle des médiateurs puissent être étendus à des interventions même en matière pénale et criminelle, pour ce qui est du besoin ressenti par les victimes d'avoir des échanges avec les personnes en cause...

Médiateurs, oui, mais à force de tout passer, nous ne disons plus rien et c'est manifestement l'un des problèmes actuels : beaucoup se disent médiateurs, mais ils ont si peu de voix - et tant de craintes de s'impliquer dans ce qui nous regarde en tant que citoyen - qu'on ne les entend pas du tout...

Enigme

Une énigme très célèbre joue sur le concept de mensonge: « Un pélerin se trouve à la croisée de deux routes, dont une seule le mènera à destination. Devant chaque issue se tient un homme connaissant la voie à suivre. L'un des deux ne dit que la vérité, l'autre ne fait que mentir. Le voyageur n'a le droit de poser qu'une seule question à un seul des deux gardes. Quelle doit-elle être si il veut ensuite connaitre avec certitude la route à prendre? »

Solution

Le pèlerin doit demander à n'importe lequel des deux hommes « Si je demandais à ton ami de me montrer la route à suivre, laquelle m'indiquerait-il? ». Le voyageur n'a plus qu'à suivre la route opposée. Vous avez compris ?

Une variante à la solution peut-être trouvée en cliquant ici.

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