Philadelphia

De WikiMediation.

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PHILADELPHIA

Philadelphia est un film américain réalisé par Jonathan Demme, sorti en 1993

La remise en question est un de mes sujets préférés, tout au long de notre vie nous avons le choix de la faire, bousculer les à priori, les préjugés. Cette formation de médiateur m’a guidée et inspirée. Qui sommes nous au juste ? quelle est le degré de notre tolérance de l’autre, des différences. Pour être médiateur, il est nécessaire d’avoir accès à une ouverture d’esprit pour accompagner avec neutralité les protagonistes dans leur propre réflexion. Ce film décrit bien les combats que l’on peut mener lorsqu’on est concerné, et les conséquences de nos actes, des critères que l’on doit remplir vis-à-vis de la société que je nommerai « les biens pensants !! »

Une présentation par Martine CHAUDEY


Sommaire

Résumé du film Philadelphia

Andrew Beckett, brillant avocat est appelé à une carrière fulgurante. Adulé dans son milieu, rien ne semble pouvoir ralentir son ascension. Chargé d’un projet de défense pour une importante société, Andrew fête avec les avocats du cabinet cette promotion ; c’est alors que l’un d’eux remarque une tache sur le front d’Andrew.
A partir de ce moment c’est une lutte esthétique que livre Andrew pour camoufler les signes d’évolution du sida
Mais le jour où ses associés apprennent qu’Andrew est atteint du sida, ils n’hésitent pas à prétexter une faute professionnelle pour justifier son renvoi. Andrew attaque alors son cabinet pour licenciement abusif.
Il contacte un avocat Joseph Miller qui est un fervent défenseur des préjudices corporels, accidents de travail ou autres.
Lors de sa rencontre avec Miller, Andrew Beckett explique qu’il est licencié pour avoir négligé un dépôt de plainte qu’il devait être déposé concernant une affaire importante. Il évoque ensuite l’origine réelle de son licenciement abusif. C’est à ce moment là que le caractère spécial du « préjudice corporel »nommé « Sida » déroute Joseph Miller. Il refuse de s’occuper de cette affaire ayant une profonde répugnance et des préjugés pour le monde homosexuel, s’ajoute à cela une méconnaissance sur les possibilités de transmission du sida.


Suite à cet entretien il n’hésite pas à consulter son médecin pour savoir s’il y a eu risque » de transmission en serrant la main de Beckett.

Quelques semaines après, il rencontre Beckett à la bibliothèque, après avoir longuement hésité il engage une conversation avec lui, après avoir évoqué des jurisprudences sur la discrimination par rapport au sida , Miller convaincu d’une injustice, et malgré ses réticences personnelles vis-à-vis d’un monde inconnu, qu’est l’homosexualité, décide néanmoins de le défendre.

Charles Willer, un des piliers du cabinet d’avocat est assigné à comparaître, C’est à partir de là, qu’il ordonne une enquête de moralité sur Andrew, vie d’après lui de débauché.

Son orgueil étant atteint, il fait pression sur un de ses associés pour suivre son action. Pour lui, c’est le cabinet qui est victime d’un préjudice en la personne d’Andrew Beckett.

De son côté Andrew provoque un conseil de famille, il évoque son désir de se défendre et leur demande leur avis, afin que chaque membre de sa famille soit conscient des éclaboussures qui peuvent rejaillir sur la vie de chacun d’eux. Sans hésitation la famille décide de le soutenir.

Un long et lourd procès se déroule, les interrogatoires sont douloureux et tout le monde est impliqué dans sa vie, ses opinions, ses ressentis.

Le cas d’une ancienne salariée du cabinet Willer est évoqué au tribunal, elle-même atteinte du sida par transfusion sanguine, elle n’avait pas subi les mêmes pressions de ses employeurs, apparaissant comme une victime.

Il est clair qu’intervient le choix de vie, l’homosexualité, la position sociale, les convictions religieuse des individus.
En même temps la maladie d’Andrew évolue rapidement. Un témoignage d’un des associés apporte un élément important, puisqu’il avoue qu’il avait eu un doute sur la maladie d’Andrew, une suspicion s’installe parmi les jurés sur le réel motif du licenciement de Beckett, malheureusement c’est mourant qu’il gagne son procès. Point de réflexion sur la dynamique conflictuelle :

  • La position sociale
  • La réussite professionnelle
  • La peur de la différence et de la maladie
  • l’exclusion
  • La reconnaissance de sa position au sein de la société pour ses valeurs professionnelles
  • Le préjudice moral et physique causé par ce procès

La position sociale

Andrew Beckett atteint du sida consulte régulièrement le service de l’hôpital réservé aux gens atteints de cette maladie. Malgré les cas graves des malades autour de lui, son attitude démontre bien qu’il ne se sent pas concerné par l’évolution qu’il pourrait subir.
Absorbé par son ascension au sein du cabinet d’avocat dont il fait parti, il ne se doute pas un seul instant, que sa vie va être bousculée professionnellement, dû à sa maladie.

La réussite professionnelle

Ayant une ambition dominante dans les affaires qu’il défend, Andrew ne défend pas les causes des plus faibles. Nous le constatons au début du film pour une affaire de nuisance causée par la poussière toxique produite par la construction d’un gratte ciel par la société Kendall Construction dont il est avocat.
La peur de la différence et de la maladie :
Dans le centre hospitalier, Andrew subit le préjudice de non reconnaissance de son couple par rapport au médecin qui refuse de considérer son ami comme conjoint ; le couple homosexuel n’est pas reconnu, l’époque où se déroulent ces évènements prouve que seule l’hétérosexualité est acceptable. Le regard des autres patients dans la salle d’attente sur les lésions causées par le sida, provoque des comportements distants et méfiants.

L’exclusion

Lors de sa visite chez l’avocat Joseph Miller, Andrew sollicite sa prestation d’avocat pour le licenciement abusif dont il est victime, lorsque Miller s’aperçoit qu’Andrew a le sida, immédiatement son comportement change, méfiance, peur de la contagion en se serrant les mains, ceci entraîne un désir d’élimination, une exclusion sans chercher à comprendre si Andrew a raison dans son dossier. Il prétend « il n’y a pas lieu à poursuites ».

La reconnaissance de sa position au sein de la société pour ses valeurs professionnelles
Andrew entre alors dans le cercle des gens « douteux », « hors normes », l’atteinte qu’il subit alors est d’ordre moral, ses compétences professionnelles sont mises en doute pour masquer les vraies raisons de son licenciement ; l’atteinte qu’on lui porte est insupportable pour lui, on lui reconnaissait ses compétences jusqu’à la découverte de sa maladie.

Les accusations portées sont injustifiées « on le taxe d’avoir des perceptives limitées au sein du cabinet »

Le préjudice moral et physique causé par ce procès

La situation a été dure sur le plan physique, le stress étant une des causes d’accélération de la maladie, l’implication sur le plan psychologique dans le procès, le conflit avec des partenaires qui vantaient ses mérites peu de temps avant la découverte de son état, ont entraîné une déception avec des causes néfastes sur l’état de santé de Andrew. Le fait d’entraîner toute sa famille dans ce débat ainsi que son conjoint, mettant en avant son passé intime lui a été douloureux.

La possibilité d’une médiation aurait atténué et peut-être évité des pertes d’énergie, une médiatisation publique inutile, des témoignages éprouvants par des protagonistes désirant oublier certains périodes de leur vie, des mises en cause délicates par des membres salariés du cabinet, évitant ainsi des retombées futures sur leur place au sein du cabinet. La mise en cause de la famille d’Andrew qui a subi une pression constante en vivant la souffrance d’un des leur.

Les préliminaires du procès

Si nous reprenons dans quelles conditions se sont passés les préliminaires du procès, une ordonnance de médiation ordonnée par le juge, aurait permis très certainement d’éviter une action en justice. Miller avocat d’Andrew Becket manifeste dés le départ « de régler ce différend » Le juge pose la question « comment le réglerez vous, si cette affaire finit au tribunal, vous le regretterez jusqu’à la fin de vos jours, Joseph Miller que demandez-vous ?

A ce moment s’engage une demande dédommagement financier, Andrew intervient rapidement « je veux reprendre mon poste »

Se poursuit une négociation financière, Beckett revient vite sur ce qui lui tient à cœur « tout accord à l’amiable doit comprendre et c’est capital, une lettre de disculpation notifiant que mon renvoi n’avait rien à avoir avec la qualité de mon travail »
Andrew blessé dans son amour propre par l’atteinte que l’on avait porté sur ses compétences professionnelles, recherchait un démenti de ces accusations.

Charles Willer essaie de justifier ses accusations par le fait qu’il a risqué de perdre une somme importante par manque de professionnalisme d’ Andrew.

Malgré tout, Charles était très gêné par la médiatisation faite autour de son cabinet. Il aurait accepté un compromis. Son attitude lors des préliminaires en essayant d’intimider Beckett au moment où celui ci quittait la salle, le prouve.

Dans le déroulement d’une médiation avec uniquement les personnes concernées, il est clair qu’un accompagnement à la réflexion sur ce que chacun veut réellement est nécessaire :

Andrew : la reconnaissance de sa valeur d’avocat
Charles Miller : éviter le scandale et perdre sa notoriété publique au travers d’un procès.

Ce genre de conflit aurait pu être traité en médiation ordonné par le juge, afin d’éviter toutes les conséquences citées ci-dessus, amener à la réflexion chacun des protagonistes sur un acharnement inutile Le cabinet Willer aurait ainsi évité le scandale. Andrew n’aurait pas impliqué son conjoint et sa famille. Les conditions dans lesquelles la fin de vie d’Andrew auraient été différentes si la médiation avait abouti à une réflexion réciproque des parties.

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