Prévention de la violence

De WikiMediation.

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Sommaire

Précision de l’objectif

Une perspective Médiale de l'approche ordinaire et de la formation

Sur le changement

Considérant les besoins de communiquer avec les attributs de la violence, qu’elle soit subie ou infligée, et considérant la recherche de protection et de distance, il est envisageable de considérer le travail de médiation par une certaine méditation.

Cette position relève d’une conscience extra-ordinaire (Cf. Altérocentrage), puisqu’elle va inverser la tendance habituelle (qui est de répondre aux besoins intérieurs de distance et de protection par une traduction directe et formelle qui installe matériellement cette distance et cette protection à l’extérieur de soi), qui revient à une politique relationnelle d’état policier. Un besoin immatériel ne peut être satisfait par une forme matérielle. C’est une erreur commune, habituelle, une tromperie de fait, mais la robe n’a jamais fait le moine.

Il est laborieux de bouger sa conscience vers une position nouvelle qui semble proposer ce que l’on croit déjà savoir. Le changement est la chose la plus commune et pourtant la plus inextinguible.

Observez ; Nous reconnaissons tous que la seule chose que l’on sache véritablement et dont nous ne puissions douter soit la suivante : Nous allons tous mourir, et nous ne savons pas quand.
Terrible angoisse, partagée entre la conscience et l’oubli.
Nous reconnaissons cette vérité, au mieux, mais nous n’en tenons pas compte en fait et fuyons tous les rappels que la vie nous fait sur la présence de cette mort, de cette impermanence, de ce changement.
Le changement est constant et omniprésent. Il est l’expérience de la vie et de la joie tout en étant la plus douloureuse qui soit, puisqu’elle ne dure pas.

Par la médiation, nous aborderons naturellement le paradoxe du changement si nous voulons changer quelque chose, puisque pour changer quoi que ce soit de durable ou de juste, il est nécessaire de changer quelque chose en soi.

Repérage du domaine

Nous avons donc avantage à considérer la violence non seulement telle qu’elle se présente, mais surtout telle qu’elle est. Cela signifie qu’il nous est utile et peut-être nécessaire d’observer la façon dont elle se développe et se fait ressentir. De là à considérer que la violence qui nous gêne est celle qui est en nous, il n’y a qu’un pas.

Ce pas est probablement celui d’une transformation des perceptions de la violence puis, par voie de conséquences, d'une transformation de la violence elle-même.

Afin de commencer par le plus abordable pour ensuite aller travailler sur les situations de grande violence, étudions sommairement une situation quotidienne, susceptible de générer une certaine violence, pour le moins intérieure et éventuellement extériorisée. Commençons par un exemple simple, afin de nous sensibiliser un peu à ce que nous avons l’habitude de faire, sans forcément nous en rendre compte.

Observation , souvenir et honnêteté

Prenons l’exemple de la situation commune dans laquelle nous nous trouvons contraints de partager notre espace avec des personnes qui nous « indisposent », par exemple en transport en commun, où dans le cas d’un voyage en train. Choisissons cette dernière éventualité.

Scénario ; Mme Truc sort de sa boite un petit repas qui, â l’odeur alléchante, ragoûtante ou dégoûtante, va indisposer tout le wagon. Mr Machin joue avec son téléphone qui bip à chaque touche et fais mouche sur les nerfs de ses voisins. Un autre encore parle très fort, au téléphone ou à son voisin. Les odeurs, les visages, les mots, les rires, les attributs et les souvenirs affluent… à notre conscience.

Tout ceci est bien difficile à gérer, surtout lorsqu’on préfère ce que l’on a prévu; son calme et son confort. Mais à rechercher ce confort et à le défendre contre toute atteinte, ce qui signifie aussi contre toute attente et imprévu, ne sommes nous pas alors précisément en train de tout trouver désagréable, dérangeant, agressif, violent … ?

Suggestion de renversement objectif

Que ce passe-t-il lorsque nous convainquons notre « réactivisme » qu’en fait tout va bien et que nous ne risquons rien ? Qu’advient-il de cette position d’assiégé qui nous offusquait ou nous violentait ?

N’y a-t-il pas là une certaine affection qui vient remplacer l’infection ?
Et bizarrement , cette nouvelle sensation ne permet-elle pas de nous exprimer lorsque quelque chose nous gêne vraiment et de le bien dire, sans agressivité ni ressenti ?
Cela n’ouvre t il pas sur une sensation de bien être et de liberté, elle-même communicable ?

Dans le cas contraire, que ce serait-il passé ? Après avoir rongé mon frein pendant la moitié du voyage, si j’arrive à ouvrir ma bouche pour laisser sortir ce serpent qui m’empoisonne, mon intervention ne va-t-elle pas engager un désaccord, une mésentente, beaucoup d’émotions et un conflit certain, extériorisé ou pas ?

Nous avons là, au cœur de la contrainte, la solution au problème de la violence.
Pourquoi ?
Parce que j’aurais éteint la violence en moi avant de la recevoir d’autrui.

Car sans violence en moi, celle d’autrui ne trouvera d’écho et s’éteindra naturellement, si tant est qu’elle ai pu être adressée.

De la théorie à la méthode

Comment passons-nous maintenant de cette considération au travail de prévention de la violence ?
Comment éteindre la violence de nos perceptions habituelles ?
Faut-il pour cela changer ses perceptions ?

Il est en tous cas question de commencer à considérer que l’on peut changer sa façon de percevoir, sa façon de réfléchir et sa façon d’agir.

Il est question de considérer la possibilité d’un changement, puis celle de ce changement. Tout est là.

Il s’agit d’une certaine forme de philosophie, d'une philosophie appliquée, et applicable ; Une éthique en fait, une déontologie peut-être. Cela dépend de notre engagement, engagement dans la responsabilité de soi.

Alors ; Quelle autre méthode que celle qui nous permet de nous centrer sur autrui, nous diriger vers le centre de l’autre, avec notre intention, notre présence, et notre savoir faire ?

De la méthode au savoir faire…

La source-méthode en laquelle l’ensemble de cette approche prend sa force consiste en un choix à l’écart des plus communs, quelque chose de surprenant et parfois révolutionnaire pour la conscience molle, bien qu’il dépende en fait d’une compétence profondément naturelle, à l’instar de certaines découvertes qui bien que simples constats révèlent une essence extra-ordinaire de notre être.

l’essentiel va être pour nous de rester concret, pratique, fonctionnel, voire mécanique, tout en accueillant l’humain, l’imprévu, le différent, l’inclassable, le dérangé, voire l’anarchique. Doux paradoxe que celui-ci, oscillant entre une observation devenue compréhension rendue système, et une libération de l’être. Être et système pourraient bien s’accorder au même temps…

Nos deux moteurs réception et expression vont donc pouvoir tourner consciemment et efficacement, par le concours de leur médiateur: la réflexion.

Ainsi L' Altéro centrage et le modèle SIC, inventés par Jean-Louis Lascoux, nous deviennent extra-ordinaires.

Ivan Martin

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