Sa majesté des mouches

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SA MAJESTÉ DES MOUCHES est un roman de William Golding paru en 1954, puis un film réalisé par Peter Brook en 1963. Il s’agit d’une fiction sur le devenir de l’humanité. Le mythe de Robinson est encore très vivace dans les pays anglo-saxons.

Sommaire

Découpage du film

• Prologue
1) Mise en place d’une organisation démocratique, exploration de l’île, les trois premières assemblées.
2) L’enchainement des conflits provoquant des dysfonctionnements de plus en plus graves. Les garçons abandonnent leur uniforme pour revêtir la tenue d’une tribu primitive.
3) La barbarie s’installe à partir de la mort de Simon. Le tyran apparaît.
• Épilogue

Personnages principaux

Ralph, le plus âgé, a spontanément un comportement responsable vis à vis du groupe. Il est calme, conciliant et ne manifeste aucun goût pour le pouvoir. Il préfère les arguments, le partage, la justice et la réflexion, y compris pour lui-même. Il manifeste de l’empathie pour tous les garçons. Il raisonne sa peur de l’inconnu. Jack, le chef de chœur découvrant l’absence d’adulte devient peu à peu un guerrier énergique, efficace, impulsif et violent. Il va s’imposer au groupe. Pour surmonter sa peur, il se réfugie dans l’activisme en dramatisant le besoin de nourriture et de viande. Il prend plaisir au commandement jusqu’à devenir un tyran. Piggy, est le conseiller raisonneur (il n’a pas peur de l’inconnu) et raisonnable de Ralph dont il recherche maladroitement le soutien pour dominer ses peurs relationnelles vis à vis du groupe et liées à son apparence physique. Son attitude est empreinte d’altérité chaleureuse. Il est désemparé quand Ralph renonce. Simon, d’apparence fragile, est courageux, observateur, solitaire et non-violent. Poète, il aime la nature. C’est le visionnaire du groupe. Roger, soutien et suiveur de Jack, est sans autonomie jusqu’à ce qu’il s’implique dans les morts de Simon et Piggy.


Synthèse

Le prologue est une succession d’images fixes entre l’éducation anglaise et la violence guerrière. Pendant la Seconde Guerre Mondiale et afin de protéger leurs enfants pensionnaires d’établissements anglais renommés, des parents envoient un groupe de jeunes garçons âgés de 6 à 13 ans en Australie. L’avion s’écrase sur une île déserte. Il n’y a aucun adulte rescapé. La survie semble possible car il y a de l’eau douce, des fruits, des animaux…Le groupe se rassemble au son d’une conque.

Première partie.

Une organisation démocratique est mise en place par Ralph, le plus âgé. Il y reproduit le modèle du monde qu’il connaît. Les prises de parole après définition des règles de fonctionnement sont équitables et visibles : l’orateur porte la conque. L’arrivée d’un chœur de survivants en tenue solennelle, chantant et défilant de manière militaire, inquiète. Jack, leur chef autoritaire découvre l’absence d’adulte, il envisage une liberté possible, inespérée qui l’attire et le terrorise. C’est le premier face à face de Ralph et Jack. Une élection est organisée. Ralph est élu. Jack admet difficilement sa défaite (prêt d’intention et jugement entraînant une réaction, un désir de revanche donc de contraintes). Ceci est suggéré dans l’allure militaire de la chorale. Les conflits apparaissent peu à peu. Ralph n’a pas détecté la frustration de Jack qui choisit une fonction réaliste, chasseur, un pouvoir alors qu’il vient de perdre l’élection. Pour le montrer il ordonne (contrainte) aux choristes de changer de tenue provoquant des rires. Il impose le silence en plantant son couteau dans un arbre montrant sa force et sa détermination (contrainte et agressivité). Plutôt que de s’opposer à Ralph directement, il interrompt brutalement Piggy car il reconnaît en lui le savoir et l’autorité du pensionnat. Ralph, Jack et Simon partent explorer l’île qui leur apparaît accueillante et inquiétante. Lors du retour au camp, la présence d’un cochon va révéler le « chasseur Jack » hésitant avant de tenter de le tuer. Cette attitude d’agressivité et de faiblesse devant Ralph va favoriser puis amplifier son comportement autoritaire pour la suite. Il réagit en coupant violemment une orchidée près du visage de Simon qui l’observait. Chaque réaction violente de Jack est consécutive à une prise de conscience avec effet miroir. Il est confronté à sa peur et sa faiblesse qu’il ne peut surmonter. Le compte-rendu de l’exploration est fait par Ralph. Il montre la nécessité d’une organisation solidaire que Jack soutient par un discours démagogique sur la supériorité de l’éducation anglaise dont il en a ressenti les rigueurs. Il se l’approprie pour mieux l’imposer. L’inquiétude grandit chez les petits : ils auraient vu un serpent. Cette confidence faite à Piggy qui le répète sans questionnement, augmente la peur des garçons qui se sentent abandonnés dans une nature hostile. Afin qu’ils soient repérés et secourus, il leur faut faire du feu. Piggy est dépossédé de ses lunettes pour l’allumer. Jack décrète que les chasseurs en seront les gardiens, affirmant ainsi davantage son pouvoir. Une sérénité apparente règne encore dans le groupe. Pour satisfaire les besoins de nourriture, Jack lance la chasse au cochon qui est abattu avec une sauvagerie hystérique révélant une évolution du groupe. Pendant ce temps, Piggy aperçoit un avion ; hélas, le feu est éteint. Les chasseurs reviennent en triomphe mais Ralph, très déçu, reproche à Jack de ne pas avoir rempli sa mission. Piggy critique leur goût du sang. Jack le gifle et casse ses lunettes. Ralph s’interpose et obtient les excuses de Jack, seulement pour le feu. La tension augmente dans le groupe. La conque, qui représentait le rassemblement du groupe, est progressivement abandonnée. Un petit prétend avoir vu une bête. L’imagination de chacun nourrit la peur de la majorité du groupe. Pour détourner cette peur collective à son avantage Jack assure qu’il nourrira et défendra le groupe avec « ses » chasseurs, (manipulation égocentrée qu’il reproduira) L’assemblée se termine par un vote sur la croyance en l’existence de la bête. Simon, lucide, s’interroge : « Peut-être, c’est seulement nous ». Personne ne l’entend. Presque tous y croient. Ralph et Piggy tentent de s’opposer. Jack rabroue Piggy à nouveau. Ralph, Piggy et Simon se retrouvent isolés. Ralph exprime ses doutes et envisage de renoncer à diriger les garçons. Il n’essaie pas de les rassembler de peur de constater son impuissance.

Deuxième partie.

Des petits déclarent avoir échappé à la bête. Jack veut partir la chasser tandis que Ralph reconnaît sa peur. Ce dernier part seul mais Jack le rejoint pour ne pas perdre de son pouvoir. Roger les suit. Ils partent vers le sommet de l’île. Après quelques hésitations ils découvrent ce qu’ils croient être la bête, en fait un parachutiste momifié. Sans l’observer, ils fuient terrorisés. Désormais les moments de lucidité deviendront rares. Dans l’assemblée qui suit, Jack et Ralph s’affrontent. Les prêts d’intention et interprétations fusent. Jack fait sécession, d’abord seul puis rejoint par Roger. Celui-ci, en utilisant le jeu de peinture du visage devient le recruteur de Jack. Il constitue sa tribu et organise une nouvelle chasse. Simon part seul pour voir la réalité de la bête. En chemin il assiste à la mort du cochon que les « chasseurs » tuent avec des chants inquiétants. La chasse primitive réveille le besoin symbolique en exhibant la tête du cochon sur une pique, une offrande à la « bête-divinisée ». En hébreu, Belzébuth signifie « Seigneur des Mouches », représentant les puissances des ténèbres. Simon reste face à la tête qui attire les mouches dans un bourdonnement lancinant accentué par la bande son. Poursuivant sa recherche, il découvre le parachutiste. Il sera seul à connaître la réalité de la « bête ». A la nuit, sur la plage et dans une grande confusion, tous les autres participent à la fête avec les mêmes chants qui appelaient à égorger le cochon. Les garçons ont des transes. Simon revient. Roger surexcité croit voir la bête. Dans une hystérie collective tous participent à sa mise à mort. Son corps est lentement emporté par la mer. Dans un sursaut de conscience, Ralph se sent responsable. Piggy évoque un fatalisme fonctionnel du groupe. Les réactions d’orgueil, de peur, d’incompréhension, de soumissions et d’agressions ont fait évoluer le groupe vers la barbarie.

Troisième partie.

Le chef élu abandonne, laissant la sauvagerie s’installer sous la coupe du tyran qui pourra exercer les contraintes de son choix. Les garçons de la tribu obéissent. La dernière tentative de Ralph pour communiquer avec le groupe se termine par la mort de Piggy écrasé sous un rocher que Roger, en serviteur servile devançant le maître a poussé. Ralph est seul et le groupe de Jack veut l’éliminer en mettant le feu à l’île. Il fuit, il rampe sur la plage.


Epilogue

Ralph se heurte aux pieds d’un officier de marine, éberlué. Il se relève, incrédule et retrouvera progressivement son identité pour enfin s’abandonner à ses larmes. Les autres garçons pleurent aussi. Même Jack semble redevenir un garçon de treize ans.


Conclusion et Perspectives

De la réalité à la fable, à l’allégorie sur la nature humaine et la civilisation, cette fiction contient un grand nombre de situations et dialogues exploitables du point de vue de la médiation en montrant les Faits, Conséquences, Ressentis, ainsi que les expressions des PIC.

La médiation est possible dans la première partie, de plus en plus difficile ensuite. Dans un autre travail je proposerai une médiation avec un médiateur inattendu.

La référence au concept « homo-sapiens-demens » d’Edgar Morin semble évidente. Peter Brook a atténué l’aspect naturaliste du roman en filmant en noir et blanc pour accentuer le réalisme et le conflit. D’autres analyses, sociologique, anthropologique, philosophique,… sont possibles ; certaines ont été réalisées. Le film fut classé X à sa sortie en salle.

--Gérard Isnard 4 juillet 2011 à 11:42 (CEST)
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