The Reader

De WikiMediation.

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The Reader (le lecteur), film de Stephen Daldry - une lecture proposée par Christophe Cambou

Sommaire

Sous l’angle de la médiation au fil de L’histoire

À Berlin en 1958, un lycéen de 15 ans, Michael Berg, a une liaison pendant un été avec une femme de 20 ans son aînée, Hanna Schmitz, employée de tramway. Elle lui demande de lui faire la lecture lors de chacune de leurs rencontres, et il lui lit des œuvres de genres variés, comme L'Odyssée, Guerre et Paix, Les Aventures de Huckleberry Finn, Tintin, Lady Chatterley ou La Dame au petit chien.

La rencontre, la relation

Michael est malade dans la rue. Alors qu’ils ne se connaissent pas, Hanna l’aide, s’occupe de lui le réconforte, le raccompagne chez lui…Michael a la scarlatine et va devoir rester en quarantaine durant de longues semaines. Cette attitude provoque chez Michael une dynamique de reconnaissance qui le pousse à revoir cette femme. Pour la remercier, il lui offre des fleurs. Puis plus tard, alors qu’ils sont devenus amants, ils prennent un bain ensemble : dialogue Hanna « - Tu es bon. Michael - Bon en quoi ? - Bon en lecture. (il rit) - Pourquoi ris tu ? - Parce que j’ai toujours cru que j’étais bon à rien »

Dynamique de reconnaissance en opposition avec la situation que vit Michael au sein d’une famille qui le dénigre. Michael s’impliquera beaucoup dans la relation, voudra satisfaire les besoins et les attentes d’Hanna (la lecture notamment) avec beaucoup de motivation.

Après avoir appris sa promotion au siège de la société qui l’emploie, pour un emploi de bureau, Hanna part sans le prévenir, et Michael ne la revoit qu'en 1966.


Le procès

Il est alors étudiant en droit et se destine à devenir avocat. L'un de ses professeurs (Bruno Ganz) l'emmène avec quelques camarades assister au procès d'anciennes gardiennes S.S. du camp d'Auschwitz. Stupéfait, il découvre que Hanna, dont il n'a plus de nouvelles, est l'une des accusées. Hanna, à son habitude franche et maladroite, assume davantage ses actes que ses ex-collègues, et ces dernières la chargent afin d'alléger leurs propres responsabilités. Elles accusent Hanna d'avoir été le chef de leur groupe, l'instigatrice de leur crime, notamment de ne pas avoir libéré les prisonnières alors que leur prison, une église, était en flamme suite à un bombardement, puis d'avoir rédigé le rapport à leurs supérieurs couvrant ces exactions. Ce qu'Hanna nie. Le juge voulant comparer les écritures du rapport et celle d'Hanna, demande à Hanna d'écrire quelque chose. Hanna refuse et reconnaît alors les allégations de ses co-accusées.

C'est à ce moment que Michael comprend (par analogie à des situations qu’il a vécu avec elle) ce que Hanna cherche à cacher (altérité) - elle ne sait pas lire et elle en a honte. C'est pour cette raison qu'elle s'est engagée dans la S.S., pour échapper à une promotion pour un emploi de bureau chez Siemens, comme elle l'a fait après-guerre pour sa promotion dans le service de tramway.

C'est aussi pour cette raison qu'Hanna ne peut avoir écrit le rapport de la S.S. démontant ainsi les allégations des autres ex-gardiennes. C'est aussi pour cette raison qu'elle lui demandait de lui lire des livres, comme elle le demandait à des prisonnières des camps.

Dialogue entre Michael et son professeur

Michael - j’ai des informations concernant une des co-accusées. Un fait qu’ils ignorent et n’ont pas pris en compte et qui lui serait peut être favorable et pourrait alors changer le cours des choses.

Professeur - Vous êtes moralement dans l’obligation d’informer la cour de ces informations. (anti-médiation !!) Michael - Non je ne peux pas, le problème c’est que l’accusée elle même, ne veut pas que cette information soit divulguée (PIC) contrainte

  • Pourquoi donc ? (anti-médiation !!)
  • Parce qu’elle en a honte ! (PIC) interprétation
  • En êtes vous sûr, le lui avait vous demandé ? Nos sentiments n’ont pas d’importance. Si des gens comme vous n’arrivent pas à tirer des leçons de ce qui est arrivé aux gens comme moi, alors que faisons nous ici, je vous le demande ?

Michael hésite mais se rend alors à la prison, puis il renonce au dernier moment et choisit de ne rien faire. Peut être plus tard…

Hanna préfère endosser seule aux yeux du monde, l’effroyable et entière responsabilité des actes de barbarie dont ont été victimes les femmes tuées dans l’église plutôt de reconnaître son illettrisme. On peut parler d’un positionnement inimaginable et incompréhensible vu de l’extérieur. C’est un choix irrationnel. Aurait elle pu faire autrement ? Ce choix ne s’apparenterait il pas à celui tout aussi inconscient de rentrer dans les SS, à 20 ans, pour éviter une promotion (poste de bureau) chez Siemens ?

Face à son handicap, Hanna reste dans l’adversité tout au long du procès, sa rigidité traduit son incapacité à changer, du fait de son inconscience.

Notamment lorsqu’elle s’adresse au juge pour répondre à ses questions. « Je suis rentrée dans les S.S. parce qu’on disait qu’il y avait du travail » ; « nous étions responsables de ces femmes », « qu’auriez vous fait, vous ? » Qu’aurais je du faire ? je n’aurais pas du partir de chez Siemens alors ? Michael pouvait il accompagner Hanna à changer de posture vis à vis de son illettrisme ? Cette situation est extrêmement douloureuse à vivre pour lui, il juge forcément le passé d’Hanna sur un plan moral. Il reste le plus souvent dans l’adversité face à la situation et ne peut donc être médiateur.

Hanna est alors condamnée à perpétuité, alors que les autres accusées ne sont condamnées qu'à 4 ans de prison Michael suit sa vie, il est quelqu'un de renfermé et de distant.

Dialogue avec sa fille

Michael « - Je parle peu, je ne me confie à personne.

sa fille - Je t’ai toujours trouvé distant, je croyais en fait que c’était de ma faute PIC (interprétation)

(lui) - Oh Julia comme tu peux te tromper ! »

Reprise de la relation aménagée

Il devient avocat, se marie puis divorce peu après en 1976. Suite à ce divorce, en déménageant, il retrouve ses vieux livres qu'il lisait à Hanna, et il se met à enregistrer des cassettes de lecture de livres pour Hanna, et les lui envoie en prison. Cette action va provoquer chez elle l’envie d’apprendre par elle-même à lire à l’aide des enregistrements et d’un livre. Si Michael lui envoie des cassettes c’est qu’il a bien compris et accepté sa condition d’analphabète (dynamique de reconnaissance qui provoque chez elle la motivation et l’envie pour apprendre par elle-même à lire). Les cassettes de Michael n’agissent-elles pas comme un reflet et une reconnaissance de l’illettrisme d’Hanna ? Pour communiquer avec Michael, elle lui écrit plusieurs lettres, auxquelles Michael ne répond pas, envoyant seulement inlassablement des cassettes (reprise de la relation aménagée). En 1988, Michael est contacté par une personne de la prison qui l'informe qu'Hanna va être libérée pour raison de santé, après 20 ans de détention. Pour préparer la sortie d'Hanna, Michael va la voir en prison, se montrant très distant avec elle (reprise de la relation aménagée).

Dialogue avec Hanna

Michael « - As tu beaucoup repensé au passé pendant toutes ces années ?

Hanna, enjouée - le passé avec toi ?

Michael - Non ! le passé !

Hanna, tendue - Avant le procès jamais, maintenant peu importe ce que je ressens ou ce que je pense : elles ne reviendront pas !

Michael - Je me demandais ce que tout cela t’apprendrait

Hanna - J’ai beaucoup appris, garçon ! J’ai appris à lire ».


Hanna a compris les conséquences de son ignorance (bien trop tard !) et Michael énumère ensuite les différents détails techniques concernant sa prochaine libération huit jours plus tard, sans porter d’attention particulière à ce changement (résignation et adversité).

tôt ou tard le conflit prendra fin

Le jour de sa libération, Hanna se suicide dans sa cellule et laisse un testament par lequel elle charge Michael de remettre ses maigres économies, à une rescapée de la marche de la mort dont Hanna fut l'une des gardiennes, témoin lors du procès de 1966.

L'argent sera employé pour une association d'aide à l'analphabétisme. C'est en 1995 seulement que Michael arrivera à raconter l'histoire complète à quelqu'un, en emmenant sa fille sur la tombe d'Hanna.

Sa fille «  - raconte moi alors !

Michael - j’avais 15 ans, en rentrant du lycée je me suis senti mal, et une femme m’a aidé… »

(expression de faits, de ressenti, Michael ne subit plus. Le conflit a pris fin).

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