Un patron désigné médiateur dans le conflit Swissmetal

De WikiMediation.

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Camille Bloch désigné médiateur par Joseph Deiss

Rolf Bloch, 75 ans, Président d'honneur des chocolats Camille Bloch (désormais dirigés par ses fils Daniel et Stéphane), Président du Fonds Suisse en faveur des victimes de l’Holocauste jusqu'en 2000, a été choisi par Joseph Deiss pour la conduite de la médiation qui oppose la direction de Swissmetal aux salariés de l'entreprise, à la Boillat à Reconvilier, après les différentes rencontres à Berne.

L'originalité de cette désignation pourrait résider dans le fait que le "médiateur" n'est pas un spécialiste du domaine d'activité...

«Mon rôle ne consiste pas à trouver des solutions pratiques. Je ne suis pas un spécialiste de la branche. Dénicher ces solutions, c'est l'affaire du conseil d'administration et de ses partenaires. En ce qui me concerne, j'ai été désigné uniquement pour faciliter le dialogue.», a déclaré le médiateur, déjà sollicité par la presse (en l'oc. le Journal du Jura) qui ne va manifestement pas lui faciliter la confidentialité de sa démarche.

Ce choix repose sur l'histoire de cet ancien dirigeant industriel qui a perpétué la tradition familiale dans la chocolaterie suisse, fondée en 1929. Il semble faire l'unanimité notamment pour son attention envers les salariés et son esprit d'entreprise.

Déjà, en octobre 2004, lors de la célébration des 75 ans de la chocolaterie, Joseph Deiss, Président de la Confédération, saluait "les talents de médiateur et la grande humanité" de Rolf Bloch.

Il avait aussi été appelé il y a quatre ans par la conseillère d'Etat bernoise Elisabeth Zölch-Balmer – qui était intervenue comme médiatrice lors de la grève de 2004 – pour proposer des mesures d'amélioration de la situation économique du Jura bernois.

Mais la direction de l'entreprise fourbit l'arme judiciaire et a gagné une première bataile : le Tribunal d'Arrondissement de Moutier a ordonné à 25 personnes - dont 23 cadres et deux responsables d'Unia (syndicat) - de s'abstenir dès lundi prochain sous peine de sanction pénale de troubler l'accès aux terrains et aux bâtiments de l'usine de Reconvilier. Cette mesure provisoire peut faire l'objet d'un recours dans les dix jours.

Dans son communiqué, le Département Fédéral de l'Economie indique qu'au cours de ces deux séances, les parties ont été exhortées à s'asseoir à la table de négociations. Le Chef du DFE a exigé plus de flexibilité de la part des ouvriers comme de la direction de Swissmetal.

La bonne volonté, l'ancienneté, les capacités de négociateur et la créativité de M. Bloch suffiront-elles à faciliter la résolution d'un conflit social dont les enjeux sont manifestement très opposés, les pratiques de Swissmetal si différentes de celles de l'ancien chocolatier ?

Sera-t-il toujours possible de se réconforter en célébrant les délices fourrés de Camille Bloch ?


Par Jean-Louis Lascoux, le 10/2/2006

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