Utilisateur:Claude pistre

De WikiMediation.

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Si vous passez, lors de vos vacances, dans la région de Narbonne, vous ne pourrez pas échapper à la célébration du centenaire de la révolte des vignerons de 1907.

Voici une page douloureuse de la France ou "Une médiation au niveau présidentiel qui n’était en réalité qu’une mystification".

Le Midi de la France est une région de monoculture : la vigne. Nous sommes en mai 1907. Depuis plusieurs années, les cours du vin s’effondrent à cause d’une surproduction et d’un manque de réglementation. Les viticulteurs connaissent la misère. Un homme Marcelin ALBERT, maire d’un village du Narbonnais, se soulève et entraîne avec lui au fil des jours, plusieurs milliers de viticulteurs. C’est la révolte des vignerons du Midi. Des affiches le présentent comme « l’initiateur du mouvement protestataire des vignerons méridionaux ». Les manifestations se succèdent de village en village, de ville en ville. Un régiment de l’armée basé à Agde, dans la région, se mutine ; la préfecture de Montpellier est incendiée… Devant la dimension que prend la révolte, le gouvernement dirigé par Georges CLEMENCEAU, Président du Conseil, envoie l’armée contre les vignerons. L’armée tire à Narbonne, dans la période du 19 au 20 juin 1907, contre ces femmes et ces hommes qui ne demandent qu’une chose : vendre leur vin à un prix permettant de vivre décemment. Après l’affrontement on relève 6 morts et plusieurs vignerons sont emprisonnés.


Marcelin ALBERT, non invité par Georges CLEMENCEAU, force la porte de celui-ci, à Paris le 23 juin 1907 pour demander le retrait des troupes et ainsi faire revenir le calme dans le Narbonnais. Il espère trouver en la personne du Président du Conseil un médiateur. C’était bien mal connaître l’homme politique et la politique.

Une entrevue obligée a lieu et c’est là que le mensonge trouve sa source : - Georges CLEMENCEAU, politique retors, surnommé « le tigre » manipule le leader des vignerons, le menaçant parfois, le cajolant à d’autres moments. Si bien que Marcelin ALBERT ne peut résister à l‘émotion et pleure. Nous sommes bien loin de la condition de neutralité, d’indépendance et d’impartialité que doit observer le médiateur.

- Georges CLEMENCEAU invite le vigneron à se constituer prisonnier à Narbonne, pour avoir tenté de livrer la France au Duc d’Orléans et avoir mis la République à sang. Marcelin ALBERT accepte de retourner à Narbonne pour se rendre, mais n’ayant pas d’argent pour payer le train, il accepte de l’argent de la part de Georges CLEMENCEAU. Erreur tragique quand on est face au « Tigre ».

          Conduire une médiation n’est pas conseiller, encore moins juger. Nous  
     sommes bien loin de l’accompagnement de la personne.
     Par contre, certainement que dans l’esprit de Georges CLEMENCEAU nous 
     sommes dans « faire imaginer l’inimaginable » mais…avec la volonté de 
     nuire.

- A peine est-il parti que Georges CLEMENCEAU convoque les journalistes et

     laisse entendre que Marcelin ALBERT s’est laissé « acheter », insistant    
     beaucoup sur les larmes de son interlocuteur. Nous sommes bien loin de la 
     confiance et de la sincérité dont doit faire preuve le médiateur, bien loin 
     de l’aide que le médiateur doit apporter.

- Les journalistes, bien entendu, suivent les faits et gestes du vigneron ; le

     piègent, en relatant dans la presse, une journée de dilettante aux frais de la    
     République (promenade, restaurant, taxi…). Nous sommes bien loin de la 
     confidentialité et de l’objectivité, conditions d’une vraie médiation.

Résultats : Les résultats recherchés par Georges CLEMENCEAU ne se font pas attendre. Rapidement, les vignerons du Narbonnais se disent trahis par leur leader. Ils le rejettent, l’oublient. Marcelin ALBERT mourra dans la solitude et l’indifférence générale. La révolte s’essouffle ; des pourparlers sont engagés ; de nouveaux règlements sur la viticulture apparaissent. Le Midi a bougé ; il ne bouge plus. Le pouvoir a gagné ; la médiation a perdu.

Anecdote pour alimenter les ragots : Comme dans toute histoire, une femme apparaît, Mme MARTY. Ne se faisait-elle pas appeler « Madame de Talleyrand » ? Quel a été son vrai rôle dans ce simulacre de médiation ? Celle soupçonnée d’être la maîtresse de Marcelin ALBERT, a été un temps dame de compagnie chez Georges CLEMENCEAU et sa fille était mariée à un fonctionnaire du Ministère de l’Intérieur. A-t-elle été un agent de Georges CLEMENCEAU ? L’histoire ne le dit pas… Tout de même curieuse coincidence !

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